Voila, message envoyé. J’ai peut-être répondu trop vite. Mais il le fallait, avant que je change d’avis. Elle pourrait se faire des illusions. Je ne pense pas qu’elle puisse comprendre, ni que je puisse lui expliquer, les causes qui sont à l’origine de cette relation.
L’excitation. Psychologique et sexuelle. L’immoralité est de ces interdits qui font peur lorsqu’on en approche, mais qui deviennent addictifs une fois passés. Une relation avec une femme en couple. Ses lèvres sont ma Pomme de Discorde, je suis l’Hercule de son jardin.
Nos rencontre réelles sont peu fréquentes. Je m’arrange pour me faire rare, la monotonie ne doit jamais s’installer. Je veux être un besoin pour elle, elle doit être mienne. Notre relation doit rester à l’image de nos ébats.
Douloureux. Douleur et plaisir. Le froid du carrelage n’est rien face à l’ardeur de notre étreinte. Le lieu n’a pas grande importance lorsqu’on se voit peu. La porte que je viens de refermer est la première à supporter notre passion. Puis les murs. Puis le lit.
Je ne sais rien de son compagnon officiel. Et c’est mieux ainsi. Le temps est ma hantise. Tout doit être dans l’instantané. Aucun souvenir, ni photos ni lettres. Chaque moment avec elle doit être le paroxysme d’une histoire jamais commencée, toujours recommencée.
L’orgasme, fragile radeau support de notre relation. Sur une mer toujours déchaînée, nos respirations, seul signe de vie sur cette embarcation à la dérive. Mes hanches contre les siennes, seul signe de mouvement dans cette fureur immobile, cet instant saccadé.
Elle n’est pas la première. Elle ne sera pas la dernière. Je ne cherche pas à les collectionner. Je veux juste apprendre, découvrir. Apprendre sur la Femme, et ses multiples visages. Découvrir de nouvelles saveurs, de nouvelles senteurs. De celles qui n’existent que dans l’évanescence.
Pourtant hier le tableau était imparfait. L’instant s’est éternisé, au lieu de s’évanouir. Perdu entre ses jambes, je me suis figé. Pendant l’ébullition de nos corps enroulés, une larme s’est évaporée. Au milieu de la fusion de nos sexes enserrés, elle s’est mise à pleurer.
Étreindre une femme qui pleure est une chose. Le faire lorsqu’on a encore son sexe en elle en est une autre. Dans n’importe quelle autre situation, j’aurais cherché à comprendre. Mais le moment était absurde, tragique, au-delà de la raison. Et sans m’en rendre compte, je me suis mis à aimer cet instant infini, qui allongeait ses minutes sous la couverture pleine de sueur.
C’est parce que je comprends ce que je ressens pour une femme qu’il m’est facile de passer à autre chose. Dès que la logique commence à disparaître au profit des sentiments, je passe à autre chose. Et c’est pour moi le seul moyen de rester l’amant-passion que je pense être.
Pourtant à voir ses yeux à elle lorsque j’arrive à nos rendez-vous, à entendre l’espoir dans sa voix quand elle me demande si on peut se voir… Ça me fait mal. Pour elle. Pour moi. Je suis mauvais. On n’a couché qu’une seule fois, mais déjà je ne veux plus que ça s’arrête.
Voila pourquoi j’ai rédigé ce message d’adieu.
posté le 13/10/2009 | 497 vues | 6 commentaires
Etait-ce des larmes dûes aux sentiments ou des larmes dûes au plaisir?
Car certaines femmes pleurent après l’orgasme…
Le texte est un concentré de tout ce que j’ai pu vivre, et non pas le récit d’une seule histoire.
Et non, elle n’était pas de celle qui pleurent après l’orgasme =)
J’ai lu cet article et j’ai lu tous les autres. Tu écris bien, ça berce et ça fait mal à la fois.
J’ai un ami voleur de coeurs et libertin. Je l’ai toujours observé de loin comme un bel animal dans un bocal. Je ne le comprend pas, je n’arrive pas. Mais une chose que je ne peux pas lui reprocher, c’est de ne pas aimer ses amantes. Il les aime avec infiniment de respect et de tendresse mais… Il y a un mais qui m’échappe.
Et pourtant… moi aussi je comprend mes sentiments comme une belle mécanique et j’enferme mon ami dans une relation désabusée. Je la traîne ma relation, lentement et je mets le point final quand cela me chante. Un seul amant à la fois sur deux ans mais le résultat est le même.
J’ai honte, j’ai mal et j’étouffe.
Je me demande si ce n’est pas justement un truc irrationnel qu’on appelle amour qui se serait logé au cÅ“ur de ma superbe.
Seulement, personne ne m’a dit que ça ressemblait à ça.
“J’ai honte, j’ai mal et j’étouffe”
Ce sentiment que tu exprimes ici, se retrouve dans ce texte, mais aussi dans celui appelé “dépression”, qui bien que publié avant, vient chronologiquement après.
Je ne peux pas te dire si ce que je ressens, vers la fin, est de l’amour ou un autre sentiment. Ni expliquer ce que tu ressens.
Mais il est vrai que comme ton ami, la tendresse est le moteur principal de ces relations.
Elle commencent toujours par l’envie de donner, avant de prendre.
Elles finissent toujours par l’envie de partir, avant de trop prendre.
Intéressant effectivement pour aider à la compréhension de l’homme… en plus d’être bien écrit…
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Belle déclaration, belle confession, merci de mettre des mots sur tes maux pour nous permettre (femmes) de comprendre (un peu) ce qui peut se passer en vous (hommes), en toi.