Le cérébral est une race qui se veut rare et se targue de rationaliser l’irrationalisable : les émotions. Celles-ci étant considérées par le cérébral comme néfastes, immatures et ennuyantes, il tente par tous les moyens de les évacuer d’absolument tous ses discours. Une conversation avec le cérébral se rapproche plus, en terme d’excitation potentielle et d’intérêt, de la lecture d’un papier d’une revue bio de littérature post-moderne-pré-post-constructiviste que d’un quelconque échange s’enrichissant des expériences respectives des protagonistes.
Le cérébral a confiance en lui, en ses convictions raisonnées et méprise les êtres subalternes qui n’ont pas atteint son niveau de conscience. Par êtres subalternes, on entend une majorité de la population, trop conne pour ne jamais se tromper et éviter les drames du quotidien. Selon le cérébral, l’être subalterne commet des erreurs puériles que sont :
1-l’action poussée par l’émotion
2-l’inaction poussée par l’émotion
3-l’émotion.
Lorsque le cérébral se doit de laisser la discussion glisser vers l’émotion, dans le contexte d’une conversation obligatoirement centrée sur elle (on s’aime ou on se quitte ?), il se cache derrière l’orgueil, l’attaque primaire, l’évitement, l’indifférence, l’ennui. Naturellement, le régime sans faute à sens unique est privilégié par le cérébral. La responsabilité incombe normalement à l’émotif, le raisonné ne commettant raisonnablement aucune faute dans aucune circonstance donnée. Chez tout être subalterne normalement constitué, cela provoque un fort désir d’extrémisme émotionnel et de charges nerveuses visant à déstabiliser le cérébral, lui faire mal, induire une émotion (inutile, dois-je le rappeler).
À la lumière de ces constats, on peut affirmer sans trop de peine que le cérébral ne reconnaît pas le concept d’empathie comme vecteur appréciable de relations humaines durables. Le cérébral vit sa vinaigrette, pense ce qu’il pense, veut ce qu’il veut, dit ce qu’il dit et ce, sans se reconnaître un impact quelconque sur autrui. Si autrui est blessé, ce n’est pas son problème, qu’autrui vive sa vinaigrette comme lui. En bref, le cérébral a la chance de faire partie de l’élite des gens évolués, surhumains, que rien ne touche, ni personne. Il ne semble rien ressentir et se faufile dans la vie intacte et grand.
Si par pur hasard, vous veniez à croiser un cérébral, que vous finissiez par l’apprécier (!), prière d’envoyer un mode d’emploi à l’Association des Êtres Subalternes Pour la Compréhension du Cérébral. Dans le cas contraire, la fuite immature est recommandée.
(cc) “lapolab”
posté le 10/10/2009 | 624 vues | 3 commentaires | tags: Cerebral mode d'emploi emotion Psychologie | une personne a aimé
Ma définition du cérébral est autre, comme tu peux le constater à la lecture de mon article. Peut-être aurais-je pu trouver un autre nom à ce type de personne que je ne comprends pas, soit ce type de personne qui estime que les émotions çaylemal. Mais bon, c’est le seul que j’ai trouvé. Faut dire aussi que j’expulse, avec cet article, les frustrations que j’ai accumulées au contact d’une certaine personne de mon entourage immédiat. ;)
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Hum.
Pour faire court, j’aurais plutôt tendance à penser que le cérébral est celui qui peut difficilement vivre un émotion sans la décortiquer, a posteriori tout au moins.
Ta description fait du cérébral un con à part entière. J’ai plutôt l’impression que tu décris le con cérébral, du cérébral en général.