Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

25. mai 2012

Mot de passe oublié

lap

Ici, c’est la Suisse, plus exactement Genève. Une enclave francophone au milieu de l’Europe qui ne ressemble Ă  rien, pas mĂŞme Ă  un endroit pour faire sa vie. Mon pays c’est la France. La France et bien… ici j’en entends parler en long en large et parfois de travers…

mon-pays-vu-dici.jpgCela dit c’est quoi la «France» ? Pour un Genevois, qui croit y avoir vĂ©cu parce qu’il lit notre presse et regarde nos chaĂ®nes tĂ©lĂ© ; la France est d’abord un pays qui se porterait mieux sans les Français. (vĂ©ridique) Une fois qu’on a dit ça on a tout dit… me direz-vous, et bien non car le Genevois a une dent contre nous, lisez plutĂ´t.

D’abord il faut savoir qu’à Genève il y a 2 sortes de Français.

Le frontalier est une espèce qui pullule le long de la frontière franco-suisse (Ă©tablie sur un rayon de 150 km sur le territoire français Ă©videment). Le frontalier a pour objectif principal d’abuser de la bonne vache suisse, en aspirant le moindre de ses pis Ă  pleine goulĂ©e. Il y a toujours un Suisse pour vous raconter qu’il connaĂ®t quelqu’un qui connaĂ®t quelqu’un qui a perdu son travail au profit d’un frontalier (la sale bĂŞte !). D’ailleurs s’il trouve du travail en Suisse, le frontalier, c’est parce qu’il accepte de le faire pour un salaire infĂ©rieur aux autres, ce qui lui fera de toute façon un salaire de ministre dans son pays oĂą il ira le dĂ©penser…

A ceci s’ajoute la dĂ©linquance, le vandalisme, les dĂ©gradations, la saletĂ© et mĂŞme les problèmes de pollution ! Une rĂ©gion aussi propre et rangĂ©e et qui voit ses communes amochĂ©es Ă  cause d’un rĂ©seau routier envahi par des bouchons et qui font monter le taux de CO2 dans l’atmosphère. Oui, le trou dans la couche d’ozone, c’est la faute des frontaliers ?! VoilĂ  une rĂ©vĂ©lation qui ne manquera pas d’être Ă©tudiĂ©e par les experts en climatologie…

La seconde espèce bien connue des Genevois est le parisien. Ils sont dĂ©crits sous les mĂŞmes prĂ©ceptes que nous le faisons en province : « personne arrogante, qui croit tout savoir mieux que les autres…», mais le Genevois ajoute que dans le fond, cette dĂ©finition peut s’accorder Ă  l’ensemble des français…

A leurs yeux, la France est une dictature bananière, constamment en grève alors qu’il leur suffirait d’avoir l’initiative populaire*. C’est aussi le pays oĂą l’on ne vote pas pour le meilleur, mais pour le moins pire. Un pays oĂą l’on ne choisit pas sa couverture sociale mais oĂą celle-ci est imposĂ©e. Un pays dont les habitants sont les plus mauvais reprĂ©sentants de la francophonie, tout en nous narguant avec leur Ă‚câdéémie Françâise… Je pourrais continuer Ă  en citer d’autres… mais il me semble que la mule est suffisamment chargĂ©e.

Loin de moi l’idĂ©e d’être chauvine, mais peut-ĂŞtre est-ce dĂ©jĂ  inscrit dans mon code gĂ©nĂ©tique ? Je ne suis pas de ceux qui dĂ©fendent leur pays contre vents et marĂ©es, en abusant s’il le faut de mauvaise foi. Et pourtant face Ă  tant de vĂ©hĂ©mence j’en ai perdu mon sens critique. J’en suis venue Ă  dire que : nous les Français parlions français alors que les «Autres» Ă©taient des francophones (quelle horreur !)… Que notre système de SĂ©cu Ă©tait Ă  dĂ©fendre car il permettait aux plus dĂ©munis d’avoir des soins dans des conditions dĂ©centes (si seulement…). Que la grève Ă©tait notre seul moyen actuel de nous faire entendre, et que mettre en place l’initiative populaire Ă  l’échelle de notre pays Ă©tait bien plus compliquĂ©e qu’en Suisse (je me suis visiblement trompĂ©e : M. Besancenot est Ă  deux doigts d’y parvenir - consternation! )…

Il m’aura fallu du temps et du recul, pour me rendre compte que mes chers voisins Genevois n’avaient peut-ĂŞtre pas si tort et qu’à ce titre mes rĂ©actions appuyaient leurs thĂ©ories. Cela ne fait pas d’eux des ĂŞtres suprĂŞmes, loin de lĂ  ! Mais je m’occuperais de leur cas une autre fois, en vous racontant le pays dans lequel je vis…

*L’initiative populaire est une procĂ©dure par laquelle un groupe de citoyens peut obtenir par pĂ©tition l’organisation d’un vote au parlement ou un rĂ©fĂ©rendum sur un projet de loi, une rĂ©vision constitutionnelle, une demande d’abrogation ou de crĂ©ation d’une loi. C’est une forme de dĂ©mocratie directe, pouvant toutefois exister au sein d’une dĂ©mocratie reprĂ©sentative. Elle existe notamment en Suisse et dans certains États des États-Unis. (source WikipĂ©dia)

(cc) xtylerclub / www.blackheartking.com

 

Signaler un abus

Envoyer Ă  un ami

Derniers commentaires

 

J’ai sĂ©journĂ© une semaine Ă  Genève, en dĂ©cembre 2007. DĂ©jĂ , depuis que je vais en Allemagne (1995), et depuis les accords de Shengen, je n’avais plus l’habitude de voir des postes de douane Ă  la frontière française. Et pas laxistes, les douaniers, pfiou ! Faut vraiment montrer patte blanche avant de traverser la frontière…

Ce qui m’a choquĂ©e aussi, Ă  Genève, c’est que j’ai eu l’impression que la ville Ă©tait un musĂ©e. Architecture très propre, des gens qui voulaient qu’on respecte leur tranquillitĂ© (alors que 50.000 jeunes qui se dĂ©placent dans Genève, c’est tout sauf tranquille…)

De plus, outre ma patronne suisse allemande, j’ai l’habitude de collaborer au sein de mon travail avec des Suisses. Dans mon entreprise, on les appelle « deux de tension ». Contrairement aux Belges et aux Canadiens qui sont ultra-rĂ©actifs, je suis obligĂ©e de dire aux Suisses que j’ai besoin de rĂ©ponses avant la fin de la semaine pour qu’ils rĂ©agissent…

Donc si les Genevois que tu frĂ©quentes continuent de dire des horreurs sur les Français, je peux t’apporter de l’eau pour ton moulin ^^ (mais seulement les Suisses francophones, non, je ne critiquerai jamais les Suisses allemands !)


 

“ach du ne veux pas de froizer avĂ© la hiĂ©rarchie” ;-)

C’est gentil, mais je n’ai pas besoin d’eau Ă  mon moulin, j’ai appris Ă  les comprendre mĂŞme si je dois souvent rĂ©primer ma spontanĂ©itĂ©… Toutefois je suis friande d’anecdote sur les diffĂ©rences culturelles ;-)


 

Mais mĂŞme les francophones et les germanophones se pouillent entre eux ! Ce n’est pas du mĂŞme niveau que la Belgique (Ă©tant moi-mĂŞme d’ascendance belge), mais tout de mĂŞme…


 

c’est plutot marrant, moi je suis Ă  Milan, et ici ils ont une image absolument idyllique de la France, du coup c’est plutot moi qui doit “tirer dans les pattes des français en montrant leurs (nos!) dĂ©fauts, ceux de notre système… ils nous imaginent, nous les femmes, Ă©lĂ©gantes et languides, sirotant quelque verre de grand marnier en Ă©coutant des vers… ils nous voient si fins, si cultivĂ©s, Ă©pris d’art et de bon gout… dĂ©fenseurs des droits de l’homme, visionnaires en matière de mode et tous amateurs de belles lettres… prets Ă  se rĂ©volter au besoin, Ă  se rĂ©unir contre la tyrannie…

Un mĂ©lange de rive gauche, de dix-neuvième siècle et de rĂ©volution française…

inutile de prĂ©ciser que la tentation est grande de les laisser dans l’erreur…


 

@floulou : peut-ĂŞtre aussi qu’ils sont bercĂ©s par les Ă©crits d’Umberto Eco, qui a beau avoir enseignĂ© en France (bon, Ă  la Sorbonne et Ă  l’ENS Ulm certes), mais qui a du mal Ă  en dire quelque chose de mauvais.


 

@ Storia Giovanna : Les suisses allemand et les suisses romand sont loin de se sĂ©parer. C’est comme un vieux couple qui se serait chamaillĂ© durant durant toute sa vie. Chaque partie redoute le jour oĂą l’autre disparaĂ®tra, car ce jour lĂ  ils n’auront plus personne avec qui se disputer ;-) Les romands aiment trop taper sur les “Ruchtigraben” et vice vers ça ;-)


@foulou : Oui la tentation est grande de se laisser prendre Ă  un jeu de miroir si flatteur pour l’ego ;-), je l’ai vĂ©cu Ă  Berlin… qui portant n’a rien Ă  envier Ă  Paris…


Je laisse un commentaire

NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires

Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Zapping

boenbotte
boenbotte a posté un commentaire. (18:06)
Rose H.
Rose H. a posté un commentaire. (17:26)
Rose H.
Rose H. a posté un commentaire. (17:12)
Rose H.
Rose H. a posté un commentaire. (17:08)
Laurie
Laurie a posté un commentaire. (15:42)
Previously on LR

Prévention en cas de décès

Je me dois de vous prévenir : alors je vous préviens, perdre l’un de ses meilleurs amis n’est pas une sinécure, si un jour on vous en donne l’opportunité, refusez immédiatement et faites de votre possible pour éviter toute...

La morale est dans le titre...

« On ne badine pas avec l'Amour » d'Alfred de Musset. Alors voilà. Je vais vous parler du XIXème siècle. D’une pièce de théâtre qui commence comme une gentille bluette et qui finit en tragédie. On était pourtant...

Gestes

Depuis plusieurs jours je m’installe à une terrasse et je regarde une grand-mère avec sa petite-fille… La grand-mère doit avoir la cinquantaine, elle semble jeune et dynamique, elle admire sa petite-fille qui doit avoir entre six...

La personne que tu es en train de devenir.

La fille est debout devant le miroir, elle est en culotte, les cheveux en bataille, le dos un peu voûté, l'air misérable. Elle doit avoir dans les 25 ans, et voilà dix minutes que debout devant...

Le bus

« J’ai parfois envie de vous dire tant de choses. » Mais par où commencer ? Là est la question. « Est-ce que je vous parle de la pluie et du beau temps ? Du dernier navet vu au cinéma ? Peut-être pourrais-je commencer par vous parler…

Le jour où je suis passée de l’autre côté... de l'IMC

Depuis quelques temps, je me laisse aller sur le plan alimentaire. J’ai bien conscience que faire des apéros en grignotant des tas de cochonneries trois fois par semaine (minimum...) n’est...

Les Partenaires

Les Amies

Paperblog