Alors je suis là devant mon ordinateur à entretenir ce besoin impérieux d’écrire ma vie du moment. Et je ne sais pas par où commencer. Delerme et son Fanny Ardant accompagnent mes pensées, nostalgiques. Durant mon adolescence, de l’autre côté de l’Atlantique, le bobo parisien me faisait rêver. Je voulais la littérature, la culture, la vie de bohème. Dans mon milieu, ça ne se faisait pas. Tu feras médecin, architecte, avocate, ma chère. Je ne me suis même pas laissée y penser. On ne fait rien avec la littérature.
Et aujourd’hui, j’ai rencontré un homme. Un littéraire. Il finit son mémoire de maîtrise. Il travaille dans un bar. Il parle de bières, de Camus, de hockey, de théâtre intellectuel. Moi qui croyais avoir trouvé ma voix en droit (« égalité pour tous! »), voilà que je l’envie. Je voudrais être lui, avoir vécu sa vie, connaître ce qu’il connaît, parler de ce dont il parle, aimer ce qu’il aime.
Je n’écoute rien à mes cours, je ne pense qu’à lui. Et pourtant, lorsque je suis dans ses bras, j’aimerais être ailleurs. Comment pourrait-il s’intéresser à moi ? Je ne sais parler ni de Maupassant ni d’Éluard.
Ces rĂ©flexions me troublent. Peut-ĂŞtre ce sentiment est-il le reflet d’une incompatibilitĂ© entre nous. Peut-ĂŞtre l’est-il d’un malaise que je traĂ®ne depuis trop longtemps, que j’ai enterrĂ© profondĂ©ment et qui m’Ă©teint. Quand je me rĂ©siste aux larmes, mon homme me dit qu’il est difficile de se combattre. Il ne sait pas Ă quel point il a raison.
Je ne le connais pas depuis longtemps. Notre histoire ne durera peut-ĂŞtre que quelques semaines. Mais je m’en fous complètement. Il y a de ces rencontres qui vous marquent Ă jamais.
(cc) helgasms!
posté le 23/09/2009 | 872 vues | 9 commentaires | tags: boheme rencontres littérature amour | 2 ont aimé
Oui, pheno, j’imagine qu’il s’agit de la meilleure voie Ă suivre… MĂŞme si je garde ce complexe de la fille non-littĂ©raire (c-a-d non cultivĂ©e - dans ma tĂŞte). En mĂŞme temps, hier soir, je suis allĂ©e Ă©tudier dans un bar (!!) et un mec m’a abordĂ©e… Il Ă©tudiait en criminologie et nous avons parlĂ© pendant plusieurs minutes. Je me suis rendue compte que ma “culture” se situait ailleurs. L’important est de rester curieuse. Et surtout de ne pas entrer dans une relation avec un sentiment d’infĂ©rioritĂ© (pouach, mauvais, mauvais!!)… J’essaye de me dompter! :S
Ă©tant littĂ©raire, j’adore parler de mes goĂ»ts, d’auteus etc….et quand je parle avec des gens qui lisent pas mais qui s’intĂ©ressent Ă ce que je dis, j’adore. Bref, te sens pas mal, s’il s’intĂ©resse Ă toi c’est que peut-ĂŞtre une fille littĂ©raire dans ses goĂ»ts culturels, il s’en fout…Bref, ma question est: Pourquoi ne s’ntĂ©resserait-il pas Ă toi?
J’ai laissĂ© mon ex-copain (entre autres) parce qu’il n’avait rien Ă me dire. J’imagine que j’ai peur du retour des choses.
En mĂŞme temps, si je creuse mieux, la raison de mon dĂ©part tient plus au manque d’intĂ©rĂŞts communs qu’Ă l’absence de connaissances sur un sujet donnĂ©.
Et puis j’imagine que l’Homme ne s’intĂ©resse pas Ă moi parce qu’il ne donne pas l’impression de vouloir partager sa culture. Un dialogue typique serait :
-blablablabla… tu connais tel auteur?
- non
-[exposĂ© didactique sur le sujet] blablaba on passe Ă d’autres choses blblaablabla
ah ben alors lĂ c’est naze, l’intĂ©rĂŞt c’est l’Ă©change, je ne sors jamais avec des gens qui ont les mĂŞmes goĂ»ts que moi, j’Ă©volue au grĂ© de mes rencontres…et personne n’a le monopole de la culture, il y a tellement de choses inconnues…bref, clair que le type, ou la nana qui passe sa vie Ă faire des exposĂ©s….sans s’intĂ©resser Ă l’autre, NEXT.
Elle a bien raison mely, et Audrey_H : il y a une vie après le droit, et avec, et Ă cĂ´tĂ©. Il y a des chemins de traverse, pas tout Ă fait droits, quoi. Et je peux t’assurer que le droit ne tuera pas ton Ă©tincelle de folie et de bohĂŞme…
il y en a Ă la pelle des gentils clowns contrariĂ©s qui ont fait mĂ©decine/archi/droit…
et des poètes qui aimeraient ĂŞtre avocats…
et des gens qui travaillent dans l’Ă©ducation nationale, veulent ĂŞtre prof mais rĂŞvent d’Ă©crire tout le temps….si si …..
Toute ressemblance avec une fille se prĂ©nommant mely sur ladies room serait purement fortuite….
Haha! J’imagine que la fille mely dont tu parles, mely, n’est pas la seule dans sa situation.
Les filles, vous avez entièrement et complètement raison et j’aimerais croire que la folie (pure) en moi ne s’en ait pas allĂ© avec l’Ă©tude des choses logiques (ou pas! le droit et ses mĂ©andres irrationnels…). En fait, je le crois. Aussi, je ne veux pas accepter de me trouver dans la position de l’Ă©tudiante enthousiaste par rapport Ă son professeur lubrique. N’importe quoi.
Mais ne pensez-vous pas que la timiditĂ© mène Ă des extrĂŞmes de niaiseries, surtout quand elle est couplĂ©e avec l’orgueil mâle? J’espère simplement ne pas le dĂ©couvrir foncièrement prĂ©tentieux.
Je parle de timiditĂ© parce que dans certaines situations, il se montre timide et intimidĂ© (au lit par exemple - mais ça c’est une autre histoire! :) ).
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