musique

Les boys bandent…

C’est avec une certaine émotion que je rends aujourd’hui, mercredi 16 septembre 2009, un vibrant hommage à Filip Nikolic, acteur et surtout chanteur des mythiques 2be3. Je viens d’apprendre son décès, à 35 ans. Comme Patrick Swayze hier, ça me fait quelque chose. C’est comme si un pan de la civilisation occidentale des années 1990 – certes, elle fut ce qu’elle fut, mais elle fut – s’écroulait depuis le début de semaine.

Les boys bandent…Personnellement, je n’étais pas tellement fan des 2be3, ni même d’aucun boys band. En effet, les beaux gosses musclés avec rien dans la cervelle, j’ai toujours préféré les apprécier sur un terrain de foot. Mais je ne dois pas pour autant renier cet aspect culturel qui rythma toute mon adolescence, jusqu’à ce que le phénomène ne touche plus à l’heure actuelle que des dégénérés moldaves un soir d’Eurovision.

Alors un boys band, comment ça marche ? C’est bien simple : vous prenez de trois à cinq mecs ni trop moches, ni trop pudiques, ni trop intelligents pour leur faire chanter torse nu des trucs indigents sur des rythmiques dansantes. Vous toucherez donc un public fort intéressant et au pouvoir de décision assez surprenant : j’ai nommé l’adolescente hystérique qui supplie sa mère de lui donner un supplément d’argent de poche pour redécorer sa chambre à l’image de ses idoles.

Mais les boys bands ne sont pas l’apanage des années 1990. En effet, le premier boys band dans l’histoire du XXe siècle, c’est tout simplement les Beatles, avec leurs mélodies sucrées et des textes aussi ineptes que Love, love me do, you know I love you… Sans oublier leurs rivaux américains, les Monkees (qui se sont surtout illustrés par une série bêtifiante qu’Arte a diffusée il y a quelques années). Sont ensuite arrivés avec le retour d’une pop explosive dans les années 1980 des groupes comme Wham ! ou Frankie Goes To Hollywood, qui préaugurent des années 1990 où l’adolescente sera choyée par ces hommes à la virilité en carton.

Il existe ainsi différentes sortes de boys bands

La VO : les boys bands anglais
Que ce soit pour le meilleur (rock’n'roll, punk, electro) ou pour le pire (easy listening, girl power), le Royaume-Uni influe fortement sur la musique depuis le milieu du XXe siècle. C’est avec donc un fort intérêt qu’ils ont remis au goût du jour le concept de boys band au début des années 1990. Qui ne se rappelle pas (pour ceux qui ont connu les années 1990 comme je les ai connues, c’est-à-dire avec les yeux d’une adolescente) de ces demoiselles en pleurs pour Worlds Apart, Take That, Boyzone, MN8 ou East 17 ?

Bref, des mecs au look aléatoire (disons typiquement anglais), qui savaient à peu près danser (selon les concepts de la danse de l’époque)… Et très important, il en fallait pour tous les goûts : un blond, un brun, un cheveux longs, un chauve… Comme ça, on touchait le plus de gonzesses possibles, puisqu’on le rappelle, le concept du boys band est purement esthétique. Bien sûr, ils étaient tous célibataires… En vérité, ils étaient maqués, voire gays (ce que les fans apprendront lorsque le phénomène tombera en désuétude).

Les suiveurs : les boys bands américains
L’Amérique a ceci de particulier qu’il persiste encore une musique wasp et une musique black. Par conséquent, il y eut des boys bands wasp (NKOTB, Backstreet Boys, NSYNC, Hanson), sous grande influence bad boy tendance Mickey, et des boys bands black (Boyz II Men, 3T – Merci tonton Michael Jackson), plutôt sous influence Motown. Personnellement, même si c’était de la pure soupe soul, je trouvais même à l’époque ces derniers plus classes que leurs congénères blancs.

Le cas : les boys bands français
Oui, la France est un cas d’école pour l’étude des boys bands. Car c’est le premier pays qui a osé la discrimination positive au sein même de groupes : un Maghrébin chez les 2be3, un métisse chez G Squad… C’est d’ailleurs quand le phénomène a déboulé en France qu’on a compris l’ineptie du concept. Quand on a voulu en effet écrire des paroles du même niveau de ce que chantait à l’époque Take That, ça a donné Partir un jour et Baïla. On s’était cru revenir aux temps des yé-yés où des chansons sur de l’eye-liner faisaient un carton (le célèbre Biche oh ma Biche de Richard Anthony). Alors bien sûr, comme en France, on aime bien tourner en dérision tout ce qui a du succès, on a eu les Nous C Nous (la célèbre bande du Carré Blanc d’où sont sortis Bruno Salomone et Jean Dujardin) et les Top Boys (Charly et Lulu, quand le Hit Machine relayait le phénomène boys band). Mais las !

La reconversion fut difficile pour ces play-backeurs bodybuildés. Des 2be3, seul effectivement Filip s’en était à peu près sorti, quand Franck s’est tartignolisé avec un des pires éléments que puisse connaître la télé-réalité, La première compagnie avec Laetitia Bléger (Miss France 2004), Jean-Pierre Castaldi et Jean Roucas. Oui, ça fait très mal.

Bref, même si les boys bands sont toujours en activité, jamais aucun n’aura cette aura qu’auront ceux qui ont traversé les années 1990. Beaucoup d’entre eux se sont brûlés les ailes. Que tous ne connaissent pas le destin de Filip Nikolic.

2 Responses to “Les boys bandent…”

  • ben je dois dire que pour les Beatles je ne suis pas trop d’accord.
    en effet c’est vrai qu’ils ont pondu ces melodies sucrees que tu cites mais a l’epoque aussi ils etaient consideres comme des rebelles, voire des anarchistes….
    Ils tapaient sur le pouvoir, les riches etc….
    leur look qui semble si clean aujourd’hui etait revolutionaire a l’epoque
    c’est sur que les rolling stones ont fait plus fort

  • M’enfin pas au début de leur carrière, frenchi. À partir de 1966, je veux bien, mais pas en 1962. Limite s’ils ne sont pas du niveau de Sheila. M’enfin tu as déjà la formule quatre beaux gosses qui chantent des mélodies niaises avec les filles qui crient…

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