Quelques semaines après la polémique sur son sexe provoquée par sa large victoire aux 800m féminin, Caster Semanya a posé dans un magazine Sud-Africain, maquillée et ultra-féminine. Interviewée, elle exprime son regret de ne pas pouvoir porter plus souvent des habits plus féminins. Je ne mets pas en doute la bonne foi de cette athlète, d’ailleurs je me fiche de connaître son sexe. Mais je crois savoir ce qui motive sa démarche (ou celle de son attaché de presse) : si elle avait couru à Berlin avec une coiffure sexy et du vernis à ongles, on l’aurait peut-être « seulement » soupçonnée de dopage et pas d’être un homme.
Peut-être vous rappelez-vous aussi de cette affiche pour le Championnat du Monde de handball féminin de 2007. L’idée se veut sympa, je la trouve en fait terriblement réductrice. J’imagine qu’on a voulu faire passer une message du style « Nous jouons au hand, mais rassurez-vous, nous restons des femmes ! ». Les affiches de compétitions masculines, elles, respirent la performance en montrant des joueurs au regard déterminé, prêts à en découdre. Je préfère largement cette image-ci. La différence ? La seconde affiche annonce des matchs qualificatifs et donc s’adresse a priori aux fans qui connaissent déjà la discipline. La première communique en revanche sur un événement mondial où il faut attirer le chaland néophyte : on utilise donc les vieilles ficelles habituelles.
Cette tendance à communiquer sur le « rester femme » a progressivement atteint le milieu amateur. C’est par exemple flagrant pour la course à pied : bien qu’elles soient encore minoritaires en compétition, de plus en plus de femmes courent. Ainsi, Les marques de sport commercialisent désormais des collections féminines avec des chaussures, des jupettes de course… à grands renforts de couleurs layette et de pub mièvre, tandis que les rayons « Homme » regorgent de T-Shirts fluos qui respirent l’esprit de compétition.
Je m’inquiète moins pour les grandes championnes qui doivent s’en moquer, que pour les plus jeunes Ă qui on fait comprendre très tĂ´t que c’est très bien le sport, mais que le plus important c’est d’avoir les ongles bien manucurĂ©s. Alors qu’il y a des choses tellement plus drĂ´les…postĂ© le 12/09/2009 | 2573 vues | 4 commentaires | tags: hand football fĂ©minitĂ© sport feminisme | 2 ont aimĂ©
Caster Semanya est hermaphrodite, bref tu t’en fous.
Pour le reste, je ne comprends pas cette rĂ©volte, je ne vois pas en quoi l’affiche de hand ball est si rĂ©ductrice…pas plus qu’une affiche ou une pub pour des bonbons avec la famille parfaite, ou du maquillage.
Moi, je connais les noms des joueuses de l’Ă©quipe de France de hand car j’adore, et je trouve qu’au moins avec cette affiche, les gens se sont un peu plus dĂ©placĂ©s voir du sport fĂ©minin! (j’Ă©tais dans le palais des sports de Pau,)surtout du hand discipline oĂą mĂŞme les mecs sont oubliĂ©s alors que plus performants qu’au foot qui eux ce weekend faisaient de la cuisine Ă la tĂ©lĂ©! mais ça c’est normal? c’est pas rĂ©ducteur de faire faire la cuisine Ă des footballeurs? c’est pas rĂ©ducteur pour les mecs?de faire croire que comme ce sont des mecs c’est inĂ©dit pour eux?
Je suis issue d’une famille de sportifs, et mon frère comme ma soeur ou ma mère ont toujours fait attention Ă leur look…moi mĂŞme je le fais, et sĂ»rement pas parce que je suis influencĂ©e par cette image de la femme parfaite.
Une athlète a allaitĂ© sa fille sur des pistes d’athlĂ©…ben c’est juste la vie.
Une athlète est forte mais se fait les ongles….ben je fais pareil parce que j’aime ça mĂŞme pour aller courir.
Le problème c’est le manque d’intĂ©rĂŞt des gens pour le sport en gĂ©nĂ©ral qui pousse Ă des parallèles complĂ©tement dĂ©suets pour des gens qui eux baignent lĂ dedans depuis toujours, et des nanas belles c’est sĂ»r qu’il y en a plus sur des pistes ou dans des salles de sport qu’ailleurs. Faut juste aller voir!
Bref, fĂ©rue de sport, en tous genre, boxe comme danse….ben je ne te suis pas dans ton raisonnement….
Puis sur LR c’est Ă nous de parler un peu plus de sport aussi….comme quoi….
Je ne suis pas virulente mais preuve que ton article a fait mouche sur moi.
Le problème serait pour moi que peu de femmes s’intĂ©ressent et font du sport de manière rĂ©gulière….les coups de pub ça sert…
Pour le calendrier: sur les Dieux du Stade, personne n’a trouvĂ© ça rĂ©ducteur, et pourtant, il y a des mecs qui posent, on les connait pour leur torse, pas pour les perfs….j’arrĂŞte je vais me rĂ©pĂ©ter.
Sportivement Ă toi.
salut Mely,
merci d’avoir laissĂ© un commentaire aussi nourri!
tu dis que tu a Ă©tĂ© Ă©levĂ©e dans une famille de sportif et je te place donc dans le 2nd cas: pour toi, une femme sportive c’est quelque chose de normal.
faire attention Ă son look, je dis plus haut que c’est normal (je le fais aussi), ce qui me semble rĂ©ducteur c’est d’en faire une composante primordiale pour une femme sportive.
comme toi, je pense qu’il faudrait que plus de femmes se mettent au sport. et effectivement, dans le schĂ©ma de pensĂ©e qui est le nĂ´tre aujourd’hui, mettre l’accent sur la fĂ©minitĂ©, construire une image de la sportive dĂ©sirable, c’est le mode de comm le plus efficace, comme “la famille parfaite” des pubs dont tu parles.
mais la rĂ©alitĂ© est autre: le sport, ça ne fait pas maigrir que de lĂ oĂą on voudrait, on transpire, on est rouge, et il faut ĂŞtre persĂ©vĂ©rante. les forums de course Ă pied sont pleins de posts de nanas qui disent “au secours! j’ai perdu des seins et j’ai des gros mollets, que vais-je devenir?”
donc, beaucoup qui abandonnent…la pub “girly” pour mettre les femmes au sport, pourquoi pas? mais la question de la transition se pose; comment passer de la pratique “pour ĂŞtre parfaite” Ă la pratique “passion”? et puis avec ce genre de com’ on met un paquet de sports de cĂ´tĂ©, le rugby, le lancer de poids, l’haltĂ©rophilie, que sais-je, autant de sports aux antipodes de la femme parfaite.
et lorsque l’Equipe sort son diaporama des plus belles athlètes, ce ne sont que celles qui ne sont ni trop maigres ni trop baraquĂ©es ni trop musclĂ©es que l’on voit, et mĂŞme pas forcĂ©ment les championnes. les hommes, eux, ont le droit Ă ce qu’on ne parle d’eux que sous l’angle des performances.
et oui, les Dieux du Stade avait une logique commerciale, les minettes qui remplissent le Stade de France en talons aiguilles sans connaĂ®tre le rugby, ça m’insupporte. mais bon, il paraĂ®t que c’est bien pour le sport…(surtout pour les bĂ©nĂ©fices, quoi). je dois reconnaĂ®tre que s’il y en a au moins une qui se dĂ©couvre une passion sportive, c’est mieux que rien.
et sinon, c’est effectivement Ă nous de parler plus de sport! mon dernier article parlait justement de football fĂ©minin :)
sportivement également ;)
Merci Gabrielle pour rappeler qu’il serait temps d’arrĂŞter de dissocier sport et femme.
C’est quand mĂŞme incroyable qu’Ă notre Ă©poque il faille encore se justifier de faire un sport (ou choisir celui qui ne fait pas de gros biscotos…) quand on est une femme.
Le sport est unisexe!
L’essentiel est d’aimer ce qu’on fait et de se sentir bien avec.
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merci pour cet article et bravo pour ton blog. Nous aussi on t’oubliera pas, mais reviens quand tu veux car tu vas nous manquer :)