Et voilà votre enfant a à peine 3 ans, et la phrase tant redoutée est tombée comme un couperet sur le cou de la mère aimante que vous êtes : “Je ne veux pas aller à l’école”.
Retour sur des mois de préparation et 3 jours d’angoisse où le 7 septembre 2009 est à marquer d’une pierre noire !
J- 90 : l’année prochaine tu iras à l’école…
Depuis juin, nous saoulons notre enfant : “tu vois mon chéri, l’année prochaine, tu iras à l’école“. L’année prochaine ne voulant dire de plus pour lui que 2015 pour nous ! Même ses grands-parents s’y mettent en lui achetant des vêtements au prix exorbitant avec cet argument de poids : « comme ça tu seras beau pour la rentrée ».
L’enfant comprend à ce moment précis que se trame un complot intergalactique : il va aller dans un lieu qui ne signifie rien, avec une dame que l’on appelle maîtresse. Pour favoriser « l’intégration » et bien lui bourrer le crâne, il nous arrive même de passer devant le lieu-dit qui avec ses portes fermées, à l’air tout aussi accueillant que Fleury-Mérogis !
J-60 : La réunion d’information générale
Un samedi matin à 9 heures sont réunis dans une immense salle 100 parents et leurs progénitures qui viennent découvrir ce que sera l’entrée en maternelle. En guise d’introduction, le directeur précise tout de suite que la cour est juste à côté, ce qui signifie en langage clair que les parents peuvent se relayer pour évacuer leur enfant s’il s’impatiente pendant la présentation powerpoint !
A peine 7 minutes 30 après cette annonce, effectivement il y a impatience, et vous n’entendez plus qu’une info sur deux. Retenant au passage les mots-clés : pédagogie et réformes gouvernementales. Vous chassez vite ces termes de malheur de votre esprit, préférant vous émouvoir à l’idée d’aller lui acheter ses premières ballerines rythmiques. Bref vous n’avez rien retenu et votre conjoint non plus.
Votre enfant sort de là en hurlant : « Mais c’est super l’école ! » Ouf vous voilà rassuré, vous pouvez partir en vacances tranquille.
J-1 jour : on se couche tôt car demain il y a école !
Depuis 2 mois, votre enfant se couche à 22h30, fait des siestes de 3 heures, vous rejoint dans le lit en vacances, bref c’est la débandade. C’est avec une volonté de fer que vous imposez une nouvelle dictature dans la maison : “20 h30 c’est au lit car demain il y a école !!! »
Cette phrase bien que l’ayant entendu et redouté toute votre enfance, vous ne pouvez vous empêcher d’en user à votre tour, pensant bien faire. Votre enfant associe alors école = finie la rigolade ! Il ne croit pas si bien dire !
Jour J : c’est la rentrée
Toute la famille s’est levée à l’heure car vous avez tellement mis la pression à tout le monde qu’effectivement tout a l’air bien huilé. Même votre mec en oublie de flemmarder devant « Trotro » avec votre fils… c’est dire.
09 : 40 (oui le premier jour on vous épargne de vous lever quand il fait nuit): vous voilà prête à affronter ce moment. Le seul petit soucis dans cette organisation de ministre c’est que vous n’avez aucune info sur le déroulement de la journée. Vous pensez que votre enfant ne va rester qu’une petite heure comme dans toute adaptation qui se respecte.
Arrivés dans la classe, un grand panneau vous explique que vous pouvez rester un peu mais pas trop ! Votre enfant a l’air bien, vous lui dites au revoir au bout d’un petit quart d’heure.
Vous passez la porte… tout va bien… quand du fond de la classe vous entendez des hurlements qui manquent de vous faire avoir un arrêt cardiaque, votre mouflet hurle « maaaaaaaaaamaaaaaaan » !
Vous rentrez chez vous dépitée mais en pensant que ça passera.
A 16h30 vous retrouvez votre enfant les yeux rouges, épuisé, avec le pantalon de quelqu’un d’autre et ses chaussure à l’envers. Il se précipite dans vos bras, et dis « j’aime pas l’école c’est pas rigolo ». Ce qui le concernant en langage adulte veut dire : je ne peux pas bouger, pas m’amuser, pas écouter d’histoire, je dois faire des puzzles à la noix et me tenir sur un banc sans dossier ! Pauvre chéri !
J+2 et J+3 : ça fini quand l’adaptation ?
Depuis, c’est chaque soir la même chose : vous récupérez votre enfant tout « tristoune », la maîtresse vous annonce en coup de vent qu’à la récréation il reste sur un banc, qu’un autre jour il n’a pas dormi… Connaissant le caractère de votre enfant vous pensez qu’on l’a cloné en oubliant d’insérer les gènes de la sociabilité et de la bonne humeur.
Vous prenez sur vous et compilez des livres qui ne vous conseillent en rien.
Votre enfant vous raconte des histoires terribles où des méchantes dames lui demandent de se taire, où la maîtresse n’a pas le temps de retrouver sa tétine et qu’il a beaucoup pleuré… Bref c’est toute votre enfance et son lot d’angoisses qui vous reviennent en tête, comme à chaque fois depuis que ce petit fait partie intégrante de votre vie.
Pour vous calmer, vous appelez vos copines, qui vous racontent la même histoire. En se couchant elles aussi entendent une petite voix qui ne dort toujours pas et dit :
« Je ne veux pas aller à l’école ».
(cc) noaha
posté le 09/09/2009 | 2317 vues | 1 commentaire | tags: maternelle école rentrée enfants
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