Ndlr : Article sélectionné par Rose H pendant sa semaine de rédaction en chef.
La question me taraude depuis un bon moment. Merci Maman qui me saoulait avec des principes dictĂ©s par la sociĂ©tĂ© : on fait les choses dans l’ordre. A savoir d’abord se marier et ensuite avoir des enfants. Panique obsessionnelle de me voir engrossĂ©e dès que je sortais de la maison familiale.
Les années ont passé, les histoires d’amour ou de cul aussi. Cette rengaine bien ancrée dans un coin de ma mémoire, je ne me suis jamais laissée aller à risquer de tomber enceinte tant que la situation n’était pas officialisée. Résultat : deux fiançailles qui ont finalement capoté et enfin, l’homme. Le vrai, celui que je n’attendais plus. Mais mon horloge commençait à bipper. Les années ne m’avaient pas attendue et mon désir d’enfant n’était toujours pas d’actualité. Mon futur époux avait lui aussi des principes et voulait que l’on profite un peu de nous avant d’être parents. Soit. Nous avons fait de joyeuses galipettes avant qu’il ne fasse sa demande et que l’on décide qu’il était temps que j’arrête la pilule.
Je me croyais informĂ©e, moi femme de mon temps, avant de rĂ©aliser que la nature est la seule Ă dĂ©cider et que les mĂ©decins auraient dĂ» m’alerter avec plus de conviction. RĂ©sultat, après plus d’un an d’essais infructueux je me retrouve enfin enceinte. Fatale dĂ©sillusion : une fausse couche sacrĂ©ment gore (voir : patientes Ă la chaĂ®ne). On se remet comme on peut, c’est Ă dire mal. L’entourage bienveillant nous bassine avec des platitudes qui me ruinent les tympans :
- tu verras ça va venir : ah ouais et tu le sais comment ?
- le côté positif c’est que la machine fonctionne : certes mais avec des ratés, non ?
- t’inquiète pas, tu as le temps.
Et bien, non, justement. C’est bien le problème. A 38 ans tu n’as plus le temps de lambiner et tu as intérêt à prendre le taureau par les cornes et fissa. Donc je m’inscris sur tout un tas de sites, je chatte, j’interroge, je m’informe et je lance le casting du gynéco idéal pour moi. J’en vois 2 avant d’arrêter mon choix. Je mets toutes les chances de mon côté : obstétricienne, échographe, spécialiste de l’infertilité et proche de chez moi. Ça c’est du recrutement.
On démarre les examens divers et variés afin d’éliminer les causes éventuelles du blocage. Je montre mon anatomie intime à un nombre incalculable de médecins, d’infirmières. On me tripote, me teste, me pique, me ponctionne et j’en passe. Il n’y a pas de raisons, Loulou y a droit également, bien que dans des proportions moindres. Rien : la tuyauterie est en parfait état de marche pour tous les deux. Ok, on lance les opérations stimulations et inséminations. Courbes de température à heures fixes, médicaments différents selon la période du cycle, prises de sang, échos. On compte les jours. Ovulations, créneaux de 48 heures pour optimiser les travaux pratiques.
Puis on passe aux piqûres, là le timing est primordial, il ne faut pas se louper. Maturation de l’ovule, dosage de déclenchement et 36 heures après, Loulou fait son don dans une cabine aseptisée, après avoir attendu dans une salle d’attente avec d’autres candidats au tripotage de poireau pour la bonne cause. Ne sont sélectionnés que les spermatozoïdes prometteurs après leur passage dans une centrifugeuse.
Et hop, on remplit une pipette du précieux liquide, qui me sera introduit jambes en l’air, entre deux patientes au cabinet de la gynéco. Puis l’attente commence, incertaine. La pression monte, on guette, on écoute son corps, le moindre signe est une bonne nouvelle potentielle, jusqu’à ce que le drapeau rouge montre son nez pour annoncer que c’est encore raté.
Exit la spontanĂ©itĂ© des Ă©bats, on est dans le rendement mesdames. On compte, on calcule, s’agirait pas de gâcher. Las, 4 tentatives, une autre fausse couche (plus cool que la prĂ©cĂ©dente - sic -). Le verdict tombe : après un an de traitement, on passe aux protocoles lourds Ă la rentrĂ©e. FĂ©condation In Vitro. Encore des attentes, sans doute des dĂ©sillusions. Et la phrase qui me fait hurler : il faut que tu arrĂŞtes d’y penser… Bon sang, vas-y essaie de ne pas y penser, ce n’est juste pas possible, merde !
En parallèle, grâce aux hormones, on est limite cyclothymique, on prend du poids (et encore je n’ai pas à me plaindre par rapport à d’autres), on s’engueule car on ne comprend pas pourquoi on n’y arrive pas et parfois on se rejette la faute. Le seul avantage que j’y ai trouvé est que j’ai pris deux tailles de soutien gorge. Pour une poitrine menue, c’est une bonne nouvelle ! En revanche, les câlins et galipettes pour le seul plaisir sont devenus rares.
Etre détendu et continuer à avoir envie de l’autre sans penser à ce parcours est très difficile. D’autant que mon homme travaille beaucoup du cerveau et que ça lui coupe l’envie. La tendresse perdure, heureusement, on a une communication assez facile, même sur ce sujet. Du moins j’ai tout fait pour que la discussion soit ouverte, car je le voyais se renfermer et refuser d’en parler, ce qui était impossible à vivre pour moi. Mais la vie intime en prend un coup (elle a de la chance !) c’est une évidence.
On est soi-même dans une situation compliquée. J’ai besoin d’en parler, d’évacuer un peu ce poids. Or l’entourage n’est pas forcément ouvert, ne réalise pas l’ampleur de la douleur que l’on combat, ne comprend pas. Et puis malgré tout la vie continue. Les amies, les collègues tombent enceintes, elles. Et là , j’ai des accès de haine féroce. Je trouve injuste de ne pas connaître ce bonheur. Je ne leur en veux pas, elles n’y sont pour rien, mais ça fait un mal de chien. J’ai par moment des bouffées de colère quand je croise une femme avec un ventre rond et évidemment je ne vois que ça autour de moi. Je ne désespère pas, je garde encore un espoir, peut-être idiot, mais je veux croire que l’on va y arriver.
J’ai eu besoin de m’épancher et suis allée consulter un psy pour vider mon sac. Eh bien, je me suis fait jeter au bout de trois séances car je suis suffisamment forte pour m’en sortir seule et gérer la situation au mieux ! Les bras m’en sont tombés, virée par un psy, c’est courant ça ? Je n’ai pas renouvelé l’expérience avec un autre, ça ma gavé. Je ne me sens pas dépressive, pas encore ! Mais j’ai du mal à trouver la bonne personne pour m’écouter, du coup, je vous livre mes mots. A défaut d’échanger, ça m’a au moins un peu soulagée.
A celles qui dans la trentaine envisagent d’avoir des enfants, surtout, ne trainez pas. A plus de 39 ans, je regrette le temps perdu à attendre le bon moment. Car dans mon cas, il s’agit manifestement d’un problème d’âge et de cellules moins vaillantes. C’est médicalement reconnu et les taux de réussite fondent comme neige au soleil. Promis, si ça marche, je ne vous bassinerai pas avec ma grossesse !
(cc) Skye Suicide
posté le 05/09/2009 | 2061 vues | 20 commentaires | tags: FIV douleur déception coup de gueule desir témoignage grossesse
dommage qu’on soit tous les 2 maries^^
plus serieusement c’est a ca aussi que sert lr, un endroit pour s’exprimer et echanger nos experiences bonnes ou moin bonnes…
puis comme tu le dis si ca marche au contraire tiens nous au courrant, regarde Maguelone , le bonheur qu’elle nous a fait partager…
Tu as raison, ça fait du bien d’avoir un endroit oĂą on peut se lâcher un peu!! Pour la suite, on verra!
ça mE fait de la peine…et le pire c’est qu’on ne peut rien dire DU tout cela est SIMPLEMENT INJUSTE…les uns font des gosses et s’en foutent….les autres attendent de trouver la bonne personne….et voilĂ …bref ça m’Ă©nerve, et j’espère que la vie se chargera de t’amener ce que tu dĂ©sire….
@Mely : merci ma belle, ne sois pas triste, je ne le suis pas (encore)! En effet par moments je trouve la vie injuste et dĂ©gueu, mais c’est ma croix ce combat-lĂ , alors hauts les coeurs!
Courage ma belle, j’ai un petit bout qui fait toute ma joie, mĂŞme si c’est dur parfois, parce que c’est un peu comme si je l’avais fait toute seule, et tout ce que je te souhaite, très sincèrement, c’est de connaĂ®tre ça. La joie de la grossesse et de sa naisance a Ă©tĂ© un peu mise Ă mal par mon ex-belle famille, pour laquelle mon bĂ©bĂ© Ă©tait vraiment le mal venu, j’ai vraiment envie de faire un petit frère Ă Tibou, et d’ĂŞtre plus sereine, mais j’ai une peur atroce(peur irraisonnĂ©e?) de ne pas tomber enceinte. Je trouve un peu de ce que je ressens dans ce que tu dis, en plus, mon psy me jette aussi (lol), mais avec des pincettes, paraĂ®t que j’ai pas besoin de lui. Grosse pensĂ©e pour toi.
Bon, je ne suis pas mĂ©decin et vu ton parcours je pense que tu es entre de bonnes mains… mais si ça peut “en rassurer” certaines: il n’y aurait QUE 30% des fĂ©condations “naturelles” (c’est-Ă -dire sans aide mĂ©dicalisĂ©e) qui aboutirait Ă une naissance… ça ne fait pas beaucoup… tout ça pour dire que les fausses couches spontanĂ©es sont “monnaie courante” mais qu’il y a un certain tabou sur le sujet…
@Coppelia, je n’ai pas de mots pour toi (je risque de ressembler Ă ton entourage…) mais on peut ĂŞtre mère sans grossesse… je sais que c’est un truc auquel tu as du dĂ©jĂ penser mais l’adoption peut faire des heureux aussi!
Pour ma part, je pense que ĂŞtre enceinte ET ĂŞtre mère sont deux choses bien distinctes…enfin ça c’est mon avis très personnel.
@ Coppelia : pffff… je ne vais pas dire que je trouve ça triste ou injuste. Je ne vais pas te dire que t’es supra courageuse, ni que t’as des couilles d’endurer tout ça. Je ne te dirai pas tout ça. Juste que j’espère que tu sais qu’on est lĂ si ça va pas. On est lĂ de loin (physiquement) certes mais on est lĂ . Nh’Ă©sites pas ! Besos.
Merci les filles, vos Ă©crits sont adorables et me touchent beaucoup. dĂ©solĂ©e de rĂ©pondre si tardivement mais il y avait un bug informatique qui ne me permettais pas de m’identifier.
@lili-mai : as-tu essayĂ© d’identifier ce qui motive ta peur? Si tu n’as pas cette rĂ©ponse, comment on psy peut-il te dire que tu n’as pas besoin d’aide? On m’a conseillĂ© la sophro ou le yoga pour me libĂ©rer l’esprit de mon “obsession”, je n’ai pas encore tentĂ© l’expĂ©rience.
@myamya : je connais les chiffres et je suis d’une nature hautement optimiste en gĂ©nĂ©ral. cependant je ne fais pas l’autruche et nous avons effleurĂ© le sujet de l’adoption car c’est une possibilitĂ© que j’envisage. Mon homme a plus de mal, mais il lui faut un peu de temps. Pour lui parler adoption c’est baisser les bras, or il ne veut pas envisager que nous n’y arrivions pas. le seul hic, et c’est la raison pour laquelle j’essaie d’en parler rĂ©gulièrement, c’est que les dĂ©lais et dĂ©marches sont très, très longs en France. DĂ©jĂ il faut obtenir l’agrĂ©ment et ce n’est que le dĂ©but de l’attente. Mais on y songe.
Quant au fait d’ĂŞtre mère et enceinte, je suis d’accord avec toi. Je me sens maman dans mon coeur, si je ne peux pas l’ĂŞtre dans mon corps, j’essaierai de l’ĂŞtre tout de mĂŞme.
@magadit : tu es trop mimi! Et en fait, si j’ai des c…. ;-) lol
ma soeur est dans la mĂŞme situation non pas qu’elle ait trop attendu mais juste que dame nature n’est pas de son cotĂ©, pour autant elle ne dĂ©sespère pas , elle se dit qu’elle adoptera surement , etre enceinte est un moyen, avoir un enfant est une fin, alors moi le culte de la grossesse Ă©panouissante mon cul!! on montre que les bons cotĂ©s et pas les mauvais!
@xena : cela faisait longtemps que je ne t’avais pas lue ici, ça fait plaisir de voir que tu es toujours aussi vivante! Ta soeur a raison, c’est la meilleure attitude Ă avoir.
Quant au culte Ă©panoui, je te l’accorde, il manque le cĂ´tĂ© obscur de la face!
bonsoir,
coppelia, ne le prends surtout pas mal, j’imagine bien la situation difficile que tu vis.
mais dans ton article tu dit que ton dĂ©sir d’enfant n’Ă©tait pas d’actualitĂ© et ensuite tu attends que ton mari fasse “sa demande”.
donc…avais-tu rĂ©ellement envie de faire un enfant avant que l’on t’en parle? n’as-tu pas dĂ©cidĂ© d’en faire un sans en avoir vraiment envie, parce que plus tard ce sera trop tard et que peut-ĂŞtre, tu pourrais le regretter après?
encore une fois, je ne t’agresse pas volontairement.
@Gabrielle : les annĂ©es avaient passĂ©, j’avais enfin rencontrĂ© l’homme avec lequel partaqger ma vie Ă©tait une Ă©vidence et mon dĂ©sir n’Ă©tait pas une actualitĂ©, dans le sens oĂą je n’Ă©tais pas en phase avec le papa pour que le dĂ©sir devienne une rĂ©alitĂ© tangible, lĂ , tout de suite. Lorsqu’il a Ă©tĂ© prĂŞt Ă agrandir la famille et a donc fait sa demande pour que je cesse de prendre une contraception, j’ai sautĂ© de joie.
Depuis l’âge de 20, j’aspire Ă ĂŞtre mère. C’est un fait acquis, assumĂ©, voulu, dĂ©sirĂ©, au plus haut point. Je dis bien mère, et cette maternitĂ© passait pour moi par le fait de porter un enfant. Plus jeune je n’envisageais pas que je ne puisse pas y arriver. Par ailleurs, il a toujours Ă©tĂ© Ă©vident que si je n’avais pas cette chance, je me tournerai vers l’adoption car je ne peux concevoir ma vie sans enfant. Ce constat est partagĂ© par mon Ă©poux. Simplement nous souhaitons d’abord utiliser les moyens mis Ă notre disposition par la mĂ©decine pour y arriver, puisque la mĂ©thode naturelle a des râtĂ©s.
Or il y a eu parfois des moments oĂą je lui ai reprochĂ© d’avoir attendu, et je m’en suis voulue (je sais c’est moche) de ne pas ĂŞtre passĂ©e outre son timing. En rĂ©alitĂ©, un enfant se fait normalement Ă deux et j’ai compris et acceptĂ© l’attente, je n’Ă©tais pas Ă quelques mois près… Et bien si, en fait. Et personne ne pourra me dire, ce qui se serait passĂ© si nous avions essayĂ© avant.
TouchĂ©e !!!!! et pas qu’un peu. Je ne te souhaite que du bonheur…
@IsabelleJuliette : ;-))
Vous toutes (tous) me donnez une patate!! C’est juste impressionnant et tellement bon. MERCI!!!!!
Meme si j’ ai deja un enfant, je comprends ce que tu ressens. Depuis ma fausse couche en Fevrier 2008, impossible de retomber enceinte, et l’ age avance, inexorablement…
@madame : oui il y a des moments oĂą tu crois entendre le tic tac! Je ne saurai pas te dire pourquoi, mais j’y crois, sans doute de la positive attitude, tu peux copier, ça fait pas mal!
Bonsoir,
Je sais que je vais me faire massacrer, mais tant pis, ce n’est pas si simple pour moi. Bien sĂ»r je compatis, bien sĂ»r toute cette sympathie est normale. Mais il y a un mais. Dans ” pourquoi pas moi ?”, j’entends (aussi) : ” Et moi, pourquoi je n’ai pas droit Ă mon poupon, je m’acharnerai jusqu’Ă temps que ça marche “.
Un enfant est un ĂŞtre vivant, ce n’est pas comme une prime que les autres ont eue, le droit au logement ou un jouet qu’on mĂ©rite, c’est l’entrecroisement de (au moins) deux destins, et le prĂ©lude Ă une histoire qui est une partie de l’Histoire, et de la Vie.
La Vie n’a pas Ă distribuer les enfants comme des cadeaux Ă NoĂ«l, avec une liste comme l’annuaire, et un numĂ©ro pour les rĂ©clamations parce qu’on a Ă©tĂ© oubliĂ©e dans la distribution.
Certes la filiation matĂ©rialise le sacre de la femme en tant que maillon de la vie, et se voir comme une terminaison est une nĂ©gation de soi profonde, comme une mort, contre laquelle on se bat avec l’Ă©nergie de la vie.
La Vie s’est manifestĂ©e en toi par deux fois et quelque chose a dĂ©cidĂ© qu’il fallait que ça s’arrĂŞte. Crois moi je suis persuadĂ©e que toutes ces histoires de cellules sont un guignol qui nous fera rire dans quelques siècles.
Je sais que tu vas dĂ©tester ce que je dis, car quand on est dans la douleur et la colère, plus rien ne compte que sa revanche, mais n’as tu pas enfantĂ©, par tes rencontres, d’autres naissances, n’as tu pas fĂ©condĂ©, par tes paroles ou tes actes, quelque chose de la crĂ©ation, et qui participe Ă la Vie ?
Je sais que tu veux cela dans ta chair, et non dans des idĂ©es, je ne dis pas cela pour te chercher une consolation, mais au mieux, que tu saches que mon intention n’est pas maligne, et que tu la prennes en bonne part.
Mais l’histoire de la CrĂ©ation, Ă un certain niveau, passe par des Ă©nergies, par des lignes de force et la destinĂ©e bute Ă des carrefours inconnus, sur des talus invisibles. Nous (les femmes) sommes bien placĂ©es pour savoir que ces lignes sont Ă©crites dans les Ă©toiles, et dans les constellations.
C’est ce qu’il y a de meilleur pour toi qui te sera donnĂ©, et si tu es Ă un endroit oĂą la rivière du destin ne passe pas, c’est Ă toi de changer de place, le destin ne change pas ses rivières pour nous.
Encore une fois, ce qu’il y a Ă changer n’est ni dans les Ă©prouvettes, ni dans les centrifugeuses, ça c’est bon pour les jus de fruits. La Vie se dessine, se souffle Ă un autre niveau.
Donner la Vie est une responsabilité énorme, mais qui passe par nous. Elle ne prend pas sa source en nous, nous ne faisons que la transmettre, sous forme matérielle, mais sa Source ne nous appartient pas.
Ne pas la transmettre est une responsabilité que nous avons prise au niveau des molécules, jouant aux apprenties sorcières, mais que savons nous de ces lignes, de ces destinées que nous bousculons ainsi, et qui devaient se rencontrer ?
VoilĂ , c’est tout ce que je peux te dire, je ne peux te dire autre chose que ce que je ressens, mais ne reste pas exaspĂ©rĂ©e Ă la mĂŞme place, comme quelqu’un qui serait Ă©nervĂ© devant un distributeur de boissons vide, Ă lui donner des coups de pieds, bouge de lĂ , change de place. Change toi, si c’est vraiment cela ton destin, alors tu auras le meilleur pour toi.
Ma main sur mon coeur, je te souhaite tout le bonheur possible.
Massacrer, non, pour quelle raison, tu as ton opinion, elle vaut ce qu’elle vaut. En revanche, il y a des choses qui me font bondir.
Je ne conçois pas qu’un enfant soit un jouet ou un objet, j’ai toute ma luciditĂ©. Avoir un enfant n’est pas une fin, ni une “terminaison”, mais un commencement. Que cet enfant soit issu de ma chair ou de mon coeur dans le cas d’une adoption.
Tes grandes thĂ©ories sur La Vie et autres digressions sur les Routes et le Destin, me font sourire. Il y a 40% des femmes en France qui font des fausses couches tous les ans (nullipares ou dĂ©jĂ mères). C’est un phĂ©nomène physique que nos “cellules” Ă©radiquent d’elles mĂŞme, liĂ© Ă une anomalie chromosomique. Ce n’est pas l’humain qui manipule quoi que ce soit dans ce cas. Pour ton Ă©lĂ©vation personnelle, la Vie ne s’est pas manifestĂ©e en moi Ă 2 reprises. Il s’agissait Ă ce stade d’un amas de “cellules” qui ont arrĂŞtĂ© leur multiplication avant de devenir foetus.
D’autre part si je vais au bout de ton raisonnement, je devrais abandonner, ne pas m’aider des progrès de la mĂ©decine avant d’envisager une autre solution que porter un enfant. Dans ce cas, nous ne devrions pas nous faire vacciner, soigner, afin de nous maintenir en bonne santĂ©, mais plutĂ´t laisser le Destin et les maladies dĂ©cider pour nous….??? Le fais-tu? Ou est-ce que ton propos ne s’arrĂŞte qu’Ă la fĂ©conditĂ© et Ă la reproduction humaine? Cela veut-il dire qu’une femme qui se ferait violer et tomberait enceinte, devrait garder cet enfant mĂŞme si elle ne le souhaite pas, parce que la “Source” de cette conception ne lui appartient pas et qu’elle doit s’y soumettre??
Je suis navrĂ©e, mais nous ne partageons pas les mĂŞmes points de vues, les mĂŞmes valeurs. Et les tiennes, extrĂŞmistes, m’effraient plus qu’elles ne m’atteignent. Je sais qui je suis, oĂą je suis dans ce monde et surtout, comment et oĂą oĂą je souhaite avancer en tant qu’ĂŞtre humain. Toute ma dĂ©marche, tout mon propos dĂ©montre que je ne reste pas statique Ă me lamenter sur mon pauvre sort.
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a la lecture de ce texte je ne peux m’empecher de me souvenir de notre propre mesaventure et, bien qu’etant un homme je comprend assez bien ce que tu dois ressentir.
je joins les liens de mes ecrits retracants notre epreuve et cela pourra servir aux autres lectrices….
http://ladiesroom.fr/2008/09/15/mesaventure/
http://ladiesroom.fr/2008/09/10/jai-trop-mal/
http://ladiesroom.fr/2008/10/31/erika-triste-anniversaire/