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25. mai 2012

Mot de passe oublié

pheno

J’attends, rĂŞveuse, assise sur le rebord du lit, que l’eau s’arrĂŞte de couler. J’ai le ventre nouĂ© tant par la hâte que le stress. Comment cette soirĂ©e va-t-elle se passer ? Je ne veux pas le dĂ©cevoir et je ne veux pas qu’il me déçoive, je veux ĂŞtre parfaite tout en sachant que je ne peux Ă©viter les imperfections. Ces petits loupĂ©s qui me rappellent que nous sommes humains.

attache-moi3.jpgL’eau s’arrĂŞte de couler. Je l’entends sortir de la douche. Je n’ai qu’une envie : filer vers la salle de bain, regarder son corps, le toucher, me coller Ă  lui alors qu’il est encore humide, l’embrasser, lui prendre la verge avec la main, le masturber doucement pour sentir son Ă©rection monter, la sentir se durcir et gonfler peu Ă  peu… Mais ce n’est pas le moment, nous n’avons pas le temps.

Je le laisse seul dans la salle de bain, je trĂ©pigne. Je l’entends sortir. Je m’empresse de faire semblant de m’occuper Ă  prĂ©parer mes sacs comme si j’Ă©tais très pressĂ©e. Je ne veux pas qu’il me demande pourquoi je n’ai pas enlevĂ© mon trench. Je n’aurais aucune excuse Ă  lui donner. Il arrive dans la chambre pour prendre quelques vĂŞtements.

« - On a rendez-vous à une heure précise ? Je sais que tu détestes être en retard et là, je te vois te dépêcher.
- Oui ! On a rendez-vous dans 20 minutes, et tu vois, là, on est déjà à la bourre !
- Te stresse pas, chérie.
- Oui mais tu sais comment je suis…
- Ok, je me dĂ©pĂŞche de m’habiller, je me sèche les cheveux et on y va.
- Je t’aime ! »

Il s’approche de moi, me prend par la taille, m’embrasse dans le cou, prenant soin de ne pas s’affairer sur ma bouche pour ne pas abĂ®mer mon maquillage. Il me sert fortement contre lui, l’Ă©treinte est insupportable. Je n’ai qu’une envie c’est d’enlever mon manteau et de lui sauter dessus. Il passe sa main dans l’ouverture de mon trench, initiative que j’avorte immĂ©diatement en attrapant fermement son poignet.

« - Non, non, non !
- Ah ! Bon… Ok !
- Allez, va t’habiller ! On est en retard !
- Oui. »

Il fouille quelques minutes dans l’armoire, en sort un pantalon et une chemise noirs, un boxer – qui le moulera parfaitement – et une paire de chaussettes. De mon cĂ´tĂ©, je prends mes deux sacs que j’amène dans l’entrĂ©e. Je prends mon tĂ©lĂ©phone, compose le numĂ©ro d’une ligne de taxis parisiens et en rĂ©serve un pour un dĂ©lai de vingt minutes.

« - On va loin ?
- Non, non, mais je prĂ©fère y aller en taxi, c’est plus simple, dĂ©jĂ  qu’on est en retard.
- Tu ne veux rien me dire ? Où on va ? Le style de soirée ? Qui on va voir ?
- Non, mais je sais que ça va te plaire. » Lui rĂ©ponds-je tout en me dirigeant vers lui pour lui faire un petit baiser sur la bouche. Il sourit et retourne dans la chambre finir de s’habiller. Très peu de temps s’est Ă©coulĂ© depuis son arrivĂ©e, mais je n’en peux plus d’attendre. Je trouve le temps long. Je suis très impatiente.

Il est enfin prĂŞt ! Je suis dans l’entrĂ©e.
« - On y va ?
- Oui ! Allez hop !
- Attends je prends ton gros sac… mais d’ailleurs qu’est-ce que tu as dans ce sac ? Mais qu’est-ce que tu me rĂ©serves ? »

Je ne rĂ©ponds pas et souris tout en ouvrant la porte. Il se glisse derrière moi, j’avance de quelques pas pour lui signifier que nous devons absolument nous presser. Il saisit le message sans un mot et se retourne pour fermer la porte Ă  clĂ©. Nous descendons les escaliers, il essaie de me prendre mon gros sac mais je refuse.

A l’extĂ©rieur, le taxi est lĂ . Il m’ouvre la porte et nous nous engouffrons dans la voiture, je donne l’adresse au taxi. Aucune inquiĂ©tude, l’objet de mes fantasmes ne la connaĂ®t pas.

Je suis collĂ©e Ă  lui et m’Ă©carte peu Ă  peu pour me mettre de l’autre cĂ´tĂ© de la banquette. Il me regarde droit dans les yeux, ne comprenant pas trop mon Ă©loignement. Je vĂ©rifie dans le rĂ©troviseur que le conducteur de taxi est concentrĂ© sur sa route et non pas sur nous Ă  l’arrière. Il reste silencieux, nous le sommes tous d’ailleurs.

Je dĂ©fais lentement le nĹ“ud de ma ceinture et me mets lĂ©gèrement sur le cĂ´tĂ©. Il me regarde toujours droit dans les yeux, me sourit, je le regarde d’un air provocateur et malicieux. Je suis dos Ă  la portière, je glisse ma jambe droite lĂ©gèrement pliĂ©e sur la banquette, mouvement qui ouvre mon trench. Il dĂ©couvre ma tenue, il regarde mes cuisses, mon entrejambe et mes seins dĂ©nudĂ©s. Ses yeux sont grand ouverts. Il jette un rapide coup d’œil vers le rĂ©troviseur et revient Ă  mon visage. Il entrouvre la bouche, je glisse mon index devant ma bouche afin de lui faire signe de se taire. Il sourit, glisse une main sur le cuir de la banquette vers ma jambe repliĂ©e et je lui signifie par un mouvement de l’index que je refuse tout contact.

Il baisse les yeux vers la braguette de son pantalon, regard que je suis attentivement et je découvre une bosse à son entrejambe. Je suis fière d’avoir provoqué aussi vite son désir. Il me regarde à nouveau droit dans les yeux. Les siens en disent long sur son désir. J’ai envie de lui, là, maintenant, tout de suite. Je sens mon sexe se lubrifier, mais ce n’est pas le moment, il faut couper court à cette envie, maintenir la frustration et la faire monter. Je rabaisse ma jambe vers le sol, boutonne mon trench, serre la ceinture et me rassois correctement. J’essaie de reprendre mes esprits et de ne pas penser à sa verge tendue. Je me rapproche de lui, il me prend la main et je l’embrasse, lui glissant un « je t’aime » à l’oreille.

Je regarde la bosse sous son pantalon et en ris. Il me regarde d’un air faussement désespéré :
« - Tu me cherches aussi ! »
Je ne réponds pas, je me contente juste de sourire. Je lui caresse la cuisse doucement et passe de temps à autre le bout de mes doigts sur sa bosse. Je pose ma tête sur son épaule, il caresse d’une main mon visage, glissant ses doigts dans mes cheveux. J’aime ces moments de tendresse complice. Il glisse sa deuxième main sur la mienne qui erre sur sa cuisse, nos doigts s’entremêlent, nous sommes définitivement connectés. Je ne pense à rien, je me sens bien, flottant sur mon nuage. Je me sens libre.

Le taxi s’arrête devant un immeuble haussmannien. Je descends de mon nuage et commence à stresser un peu. Je sors un billet, de la monnaie et nous descendons du véhicule.

« - On va où ?
- Chut ! »

[A suivre]

Revoir le “Attache-moi” part #1

Revoir le Attache-moi #2

(cc) Viernest

 

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