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Sentimental Airlines

Sentimental AirlinesY’a des matins comme ça. Y’a des jours dont on sait qu’ils vont nous faire oublier le reste de la semaine. Alors ces jour là, on les peaufine, on les brique, on vire toutes les interférences.

Aujourd’hui c’est vendredi, c’est un jour cocoon, c’est un jour comme ça. Je suis à peine réveillé mais je m’étire dans ce vendredi comme sous une couette bien douce. Je souris à ce vendredi parce que je sais que c’est ma dernière ligne droite avant le WE, que ce sont mes dernières heures avant Elles.

Je fonce au bureau, en retard, les sandales plus légères. Il n’aurait tenu qu’à moi de me pointer en survet’, comme une athlète avant un championnat : tout en échauffement. Point trop de maquillage, mes cheveux vivent leur vie. Pas grave, c’est ce soir que je remettrais de l’ordre dans les rangs. Pour le moment, je vais bosser un peu, manger léger, fumer pas trop.

J’ai pas envie de sortir de ma torpeur, liée peut-être à une dégustation de Planteur hier. Yaël Naim délaissée depuis des mois coule dans mes oreilles, c’est doux c’est du miel. C’est sirupeux aussi, c’est mièvre, des fois ça fait pleurer. Mais aujourd’hui ce n’est qu’un rempart supplémentaire entre mes envies et les agressions de la vraie vie.

La vraie vie, celle qui fait mal, celle qui gonfle, celle qui saoule, celle qui s’amuse avec moi et mes sentiments, celle là restera dehors. Pas de polluants, pas de regrets pas de « si seulement », pas de « oui mais », pas de « et si… ». Je ne veux rien entre Elles et moi. On a lancé la consigne. Sur le vol GPG-Sentimental- Airlines en destination de nos retrouvailles, point de soucis, point de régimes, point de femmes raisonnables.

Ah ça non, point de femmes raisonnables. C’est si bon de voir ressurgir nos envies, nos rêves et nos délires. Trop drôle de revivre nos première fois, de glousser, l’œil en coin. On redevient mutine, on redevient insouciante. On a 20 ans (bon certaines les ont réellement !) avec l’assurance de la trentaine. Femmes du monde, gamines en goguette, vamps, thérapeutes, démones de la tentation, gardiennes des clés et surtout de nos secrets.

Moi les jours comme ça, les heures d’avant, je redeviens sentimentale, je m’accroche à Elles. J’ai déjà la tête ailleurs. Ce soir c’est notre rentrée scolaire. On a les batteries chargées à bloc. On a nos gommes pour effacer les emmerdes, on a le surligneur pour les yeux, le taille crayons pour les lèvres. On a nos langues de pute, nos Gamma GT dans les starting block. On a des chaussures neuves et le pas de danse qui nous démange. On s’est déjà envoyé des mails, vérifier nos textos. On s’appelle, on se bip, on se rencarde. On réserve, on prévoit. On optimise les déplacements, les terrains de jeux, on a viré Sam l’abruti qui ne boit pas.

L’adrénaline monte. Aie aie aie, respire. Il est encore trop tôt. Il faut éviter la surchauffe. Retour à Yaël Nail, dans 3 chansons je suis mure pour écrire un poème. C’est moche. Retour dans mon cocon. Cendrillon a encore quelques heures à tirer avant d’aller guincher.

One Response to “Sentimental Airlines”

  • Comme je te comprends, ça fait une éternité que je ne me suis pas sentie dans cet état. Bon les pas chaloupés au mariage de ma copine le week-end dernier, ça ne compte pas. La semaine prochaine, je suis de retour sur la piste. Et rien qu’à cette idée, ce n’est pas la journée du soir S que je savoure, c’est dès à présent. je frétille, frémis, sautille, ne veux rien laisser me perturber… Aaah!

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