Thomas LĂ©lu… Les photographes ont entendu parler de lui pour la sortie de son “Manuel de la photo ratĂ©e” (2002), les artistes pour ses expositions personnelles ou collectives, les hipsters pour son implication dans la communication du concept store Colette, et j’en passe…
Cet électron libre a aussi vaguement publié deux romans en 2005 et 2006, bref Thomas Lélu est sur tous les fronts de la scène artistico-hype parisienne.
Thomas LĂ©lu publie donc, pour cette rentrĂ©e 2009, son 3e roman, “Le Parisien”, avec cette entrĂ©e en matière : “j’ai trente-trois ans et depuis deux ans et demi, je n’ai plus de cerveau”. A cause d’une fille, forcĂ©ment. Une relation faite de ruptures et de retrouvailles, avec une ChloĂ© qui s’avère ĂŞtre Ă©mouvante parfois, franchement agaçante la majoritĂ© du temps, bref une relation comme on en a tous ou presque tous vĂ©cu, que personne d’extĂ©rieur ne peut dĂ©cemment suivre, comprendre et encore moins juger.
Une histoire d’amour qui se passe donc Ă Paris, sur un fond visuel et sonore au cĹ“ur de la hype parisienne, de la frange des habituĂ©s du Baron, des soirĂ©es artistico-bobo, des vernissages, des sets au Cha Cha club, des briefs, des RDV, des restos du Marais, de l’alcool et des rails de coke. Une rĂ©ponse Ă Arnaud Sagnard*? Peut-ĂŞtre. PlutĂ´t un pied-de-nez alors.
Thomas LĂ©lu est drĂ´le, on pouvait s’en douter. Le style est un peu lourd peut-ĂŞtre, si on essaie de lire “Le Parisien” comme un roman. Par contre, si on le lit comme un espèce de journal ou d’almanach (tel qu’il est d’ailleurs construit), se figurant les protagonistes ou essayant de mettre des noms de famille sur les prĂ©noms, ça passe beaucoup mieux.
La cerise sur le gâteau en fait, ce n’est pas que T. soit drĂ´le, cynique, hipster, artiste ou dĂ©bauchĂ©. Ce n’est pas non plus qu’on puisse l’envier ou qu’on trouve sa vie triste. La cerise sur le gâteau, c’est qu’il est foutrement humain, ce parisien. Entre les lignes qui dĂ©crivent des journĂ©es entières entre le Marais, son appart’, son club de sport et les 4 soirĂ©es oĂą il est invitĂ©, les lignes qui dĂ©crivent le mini-short de ChloĂ© ou son caractère de chieuse, c’est quelqu’un de très humain que j’ai lu moi. Quelqu’un comme tout le monde.
Quelqu’un d’humain, qui vit comme il veut, qui l’assume et qui vous/nous emmerde. Comme si le name dropping dont est fait “Le Parisien” n’Ă©tait qu’un vernis protecteur, vernis Ă gratter pour voir au-delĂ .
Vous l’avez compris, j’ai aimĂ©.
*: Arnaud Sagnard, journaliste, a publiĂ© en juin 2008 un livre qui punaisait la hype parisienne, “Vous ĂŞtes sur la liste ?”
NDLR : J’anticipe certaines rĂ©actions : oui je suis très mal placĂ©e pour faire une exĂ©cution sanglante, non du livre, mais du moins des sphères et des sorties de T., assumant totalement mon statut de Parisienne.
Peut-ĂŞtre est-ce d’ailleurs pour cela que je suis passĂ©e outre pour voir autre chose dans ce livre.
Dans tous les cas, j’aimerai avoir l’avis d’un lecteur qui ne serait justement pas familier de ces sphères, pour savoir ce qu’il lit, lui, entre les lignes.
——————————————————————-
Le Parisien, Thomas Lélu
A paraître chez Flammarion, le 20 août 2009
posté le 18/08/2009 | 2854 vues | 4 commentaires | tags: thomas lélu hype rentrée littéraire paris | une personne a aimé
:)
Rectification: “Le Parisien” sera disponible en librairie le 26 aoĂ»t (et non le 20)
Je n’ai pas LĂ©lu le bouquin, d’autant plus que j’ai (peut-ĂŞtre trop) tendance Ă faire confiance Ă Technikart qui ne partage pas ton avis sur la question LĂ©lu. Voici le papier paru dans le numĂ©ro de septembre… de quoi donner de l’eau Ă ton moulin du procès contre la branchitude!
Avec son dĂ©solant “Le Parisien”, le branchĂ© Thomas LĂ©lu dĂ©crit la vie d’un branchĂ©. Et risque fort de devenir l’icĂ´ne branchĂ©e de l’annĂ©e 2010.
“Je suis retournĂ© Ă l’Usine ce matin Ă 11 heures et c’Ă©tait dur de se motiver. Bah, chais pas, y a des jours comme ça… Finalement, après avoir bu un cafĂ© amĂ©ricain et avalĂ© quelques cĂ©rĂ©ales Jordans, j’ai trouvĂ© l’Ă©nergie? J’ai garĂ© mon Antilope juste devant puis j’ai prĂ©sentĂ© ma carte Ă l’accueil. (…) En gĂ©nĂ©ral, je passe faire un sau aux WC puis je me prĂ©sente au bureau des coachs.”
“Le Parisien” de Thomas LĂ©lu mange bien : des langoustines, du tartare, des lĂ©gumes verts coupĂ©s en dĂ©s. Il regarde “Faites entrer l’accusĂ©” et sort souvent au Baron, au Chacha ou chez Jeannette. “Le Parisien”, c’est un faux roman Ă clĂ©s dans lequel on croise tout le monde : Nadège, Clovis, Kamel (Guillaume ou Franck aussi, mais lĂ on est moins sĂ»r duquel). De toute façon, soit le narrateur les “salue”, soit il “discute” avec eux. A part ça, “Le Parisien” est censĂ© ĂŞtre une histoire d’amour, celle de Thomas et ChloĂ©. Alos, on casse, on se retrouve, on se sms, on fait l’amour. Un peu dans le dĂ©sordre. Thomas LĂ©lu, c’est Christine Angot sans le vertige, Bret Easton Ellis sans l’effroi.
Son style affligeant semblait faire partie d’une facette de son projet initiĂ© par “Je m’appelle Jeanne Mass”, prĂ©cĂ©dent roman de la banalitĂ© et du vide contemporain. Mais lorsqu’il raconte tout autre chose, la preuve est faite que c’est la seule dont il dispose. Ce n’est d’ailleurs pas un mauvais bougre, LĂ©lu, dont on aimait bien le “Manuel de la photo ratĂ©e”, par exemple, mais pourquoi Ă©crire des romans? “On peut prendre les choses plus Ă la lĂ©gère, non? Paire un peu d’ironie je ne sais pas”, note-t-il page 129. C’est vrai.
Alors, on attendra encore un peu en regardant le pire qui se profile. “Le Parisien” s’avère une tautologie parfaite : un branchĂ© raconte la vie d’un branchĂ©. Pour les mĂ©dias “branchstream” (branchĂ© et mainstream, quoi), presse fĂ©minine en tĂŞte, il dessine une personnalitĂ© clairement identifiable, explicable, montrable (ça tombe bien, il est photogĂ©nique). Un people gĂ©nĂ©rique qui rĂ©sume le branchĂ© modèle par l’exemple et sans prise de tĂŞte. Après les Putafranges en 2007, Nadège Winter en 2008, Pierre Mathieu en 2009, Thomas LĂ©lu pourrait bien devenir l’icĂ´ne branchĂ©e de 2010. Mais qu’es-ce qu’on a fait pour mĂ©riter ça?
@gsh30: LĂ©lu ne fait pas l’unanimitĂ© c’est certain. Je ne dis pas que “Le Parisien” est un grand bouquin. Je dis juste que ce qui peut paraitre une espece de parodie, voire de caricature du branchĂ© parisien peut etre lu a des degrĂ©s diffĂ©rents.
Et lĂ oĂą j’avais commencĂ© Ă le lire de facon lambda, j’ai switchĂ© assez vite en le prenant qqs degrĂ©s au-dessus, non comme un roman mais comme un journal.
Je peux comprendre l’avis de Technikart, je ne l’ai juste pas lu au mĂŞme degrĂ© :)
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Belles et Rebelles Retrouvez le dernier édito de Laurie pour sa semaine de rédac' chef, une spéciale rébellion !
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
Je me dois de vous prévenir : alors je vous préviens, perdre l’un de ses meilleurs amis n’est pas une sinécure, si un jour on vous en donne l’opportunité, refusez immédiatement et faites de votre possible pour éviter toute...
« On ne badine pas avec l'Amour » d'Alfred de Musset. Alors voilà . Je vais vous parler du XIXème siècle. D’une pièce de théâtre qui commence comme une gentille bluette et qui finit en tragédie. On était pourtant...
Depuis plusieurs jours je m’installe à une terrasse et je regarde une grand-mère avec sa petite-fille… La grand-mère doit avoir la cinquantaine, elle semble jeune et dynamique, elle admire sa petite-fille qui doit avoir entre six...
La fille est debout devant le miroir, elle est en culotte, les cheveux en bataille, le dos un peu voûté, l'air misérable. Elle doit avoir dans les 25 ans, et voilà dix minutes que debout devant...
« J’ai parfois envie de vous dire tant de choses. » Mais par où commencer ? Là est la question. « Est-ce que je vous parle de la pluie et du beau temps ? Du dernier navet vu au cinéma ? Peut-être pourrais-je commencer par vous parler…
Depuis quelques temps, je me laisse aller sur le plan alimentaire. J’ai bien conscience que faire des apéros en grignotant des tas de cochonneries trois fois par semaine (minimum...) n’est...
Je suis curieuse de le lire….