Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

25. mai 2012

Mot de passe oublié

La poupee russe

J’avoue que j’adorerai pouvoir lancer un sujet politique sur LR, mais moi qui pense que la « nature » féminine est un peu une grosse arnaque, s’il y a bien un truc qui me laisse comme deux ronds de flan, ce sont bien les histoires de pouvoir, de circonscriptions, d’alliances, de promesses, de trahison, costumes 3 pièces, grosses caisses, gros sous et compagnie…Excepté quand les femmes, aussi antipathiques soient-elles, leur volent la vedette, je ne me sens aucune affinité particulière avec ces sinistres sires.
Donc, moi, je viens vous parler de PS ou Phobie Sociale (http://www.phobiesociale.org/phobiesociale.html).
Je me souviens de ma meilleure amie au collège, Charlotte, qui me disait avec une empathie assez étonnante pour son âge : « mais pourquoi t’es comme ça ? », sans que je puisse mettre de mots dessus mais en sachant parfaitement que c’était vrai, que j’avais un problème, depuis toujours, qui s’était révélé avec l’adolescence.
Depuis toujours, quand on m’invite à une activité sociale (au sens large du terme : soirées, resto, expo, week-end…), même avec des personnes que je connais déjà, je suis souvent emballée par l’idée. En général, l’angoisse me saisit juste quelques heures avant le RDV : est-ce que je vais être assez jolie, est-ce que je vais avoir des choses intéressantes à dire, qu’est ce que les gens vont penser de moi, est-ce qu’ils vont m’aimer ??? Et bien que je meure d’envie d’y aller, je me convaincs que je suis fatiguée, que ce n’est pas si grave si je n’y vais pas, que j’aurais d’autres occasions. Le pire, c’est qu’en plus de me priver, je ne préviens pas, parce que je suis paralysée. Et je regarde le téléphone sonner dans le vide d’un air hagard, sans avoir le courage de le décrocher ou même de l’éteindre.
Forcément ça agace les gens, mes amis, ma famille, on a vite fait de me cataloguer comme la poseuse de lapins en chef. Vous allez dire, ça peut arriver à tout le monde, mais la différence est dans la systématisation de ce genre de comportement, et donc dans la pathologie.
J’ai connu des clash, voire des ruptures définitives, avec chacun de mes amis à cause de ce que certains peuvent nommer une mauvaise habitude mais qui en fait est le symptôme de ce qu’on appelle une personnalité « évitante » ou PE (http://www.phobiesociale.org/personnaliteevitante.html).
Je ne cherche pas d’excuses en appelant à l’aide ce que certaines pourraient appeler de la psychologie de pacotille. Les faits sont là : mon impossibilité à l’engagement, mon allergie aux autres, m’ont conduit à collectionner les employeurs (plus d’une dizaine), les interdits bancaires, les séjours en établissements « de repos », les cures médicamenteuses.
Et ce n’est pas facile d’en parler et de passer pour une looseuse.
Il y a quelques amis, les rares personnes avec qui je suis moi-même, pour lesquelles j’ai une confiance aveugle, ils me trouvent « chouette » je crois et je leur sieds gré d’avoir eu la patience nécessaire de supporter mes nombreuses rechutes. Je ne sais pas entretenir un « réseau », je ne suis pas douée pour le copinage, j’ai l’âme à vif, j’ai besoin d’écoute et de reconnaissance ; mon rapport aux autres est si tordu que j’ai du mal à être légère et à ne pas passer mon temps à interpréter chaque mot, chaque phrase prononcés. Les subtilités m’échappent, je suis sans arrêt dans le premier degré, comme une enfant, d’ailleurs c’est ce que je suis, une femme-enfant, mais pas au sens « lolita » du terme…
Quand je peux anticiper le contact social, je me débrouille, mais quand je suis prise par surprise, je peux bégayer, me mettre à transpirer de manière excessive, mon rythme cardiaque s’affole, mes tics nerveux prennent de l’ampleur, tout s’accélère dans ma tête et autour de moi, mon débit s’amplifie et je n’attends plus qu’une chose, que ça finisse et que je me retrouve enfin seule.
Internet et l’écriture sont pour moi de véritables alliés. Par ces biais, je ne suis pas une autre, je suis enfin « Moi », la fille qui pense dans ma tête, en direct liiiive. Une fille décomplexée, qui se laisse aller à la confidence, au rire, encaisse plus facilement les critiques. Mais parfois une fille qui dit ce qu’elle sur le cœur de manière un peu abrupte, c’est vrai : comme la parole ne m’est pas un exercice facile dans la vie de tous les jours, j’encaisse, et, quand j’ouvre les vannes, c’est cataclysmique. C’est l’effet cocotte-minute. Pourtant je leur dis, aux gars, que les nouvelles technologies ne sont pas à mon goût, que je préfère à la rigueur le téléphone, mais surtout le contact direct (« donne-moi ton corps que je croque »). Parce que le Net révèle mes bons côtés, en bloc, mais aussi les mauvais, toujours en bloc, je préfère me découvrir progressivement, alors que je ne me contrôle pas toujours sur Internet, que je ne sais pas y mettre les formes, même si je pense toujours ce que je dis…
Je ne m’étonne plus d’être black-listée, avant je demandais toujours « pardon, pardon » et je me retrouvais ainsi en position de demandeuse assez inconfortable. Je semblais me complaire dans la culpabilité. Maintenant, même si je sais que ça risque de m’arriver encore, je suis triste d’avoir laissé en chemin telle ou telle personne avec qui je me voyais bien « entrer en amitié », mais je ne demande plus « pardon ». Les efforts, je les fais en allant chez un psy depuis 5 ans. Dans le cadre d’une thérapie analytique pour répondre implicitement à Xena dans http://ladiesroom.fr/2009/03/05/se-shooter-pour-vivre-ou-vivre-pour-se-shooter/. D’ailleurs, je suis dans une période de rémission. Quand je n’ai pas envie de faire un truc, je le dis et je préviens à l’avance, ça a l’air dément mais c’est une sacrée avancée pour moi. C’est aussi un travail de tous les jours. Quand les gens ne respectent pas une certaine progression dans nos rapports, me collent trop vite, je trouve ça louche, je panique et je fuis ; alors que je peux avoir un coup de cœur pour le premier fat qui passe et qui m’ignore royalement.
Je fais toujours une première bonne impression, mais à terme, on me trouve « bizarre » : à force de me sentir floue, je renvoie une image brouillée aux autres. Je navigue sans cesse entre un état de quasi hystérie, et l’alcool et les drogues m’ont beaucoup encouragé dans ce sens, ultra speedée avec un comportement à la limite du clownesque à une façade que certains qualifie de distante, voire hautaine.
Je voudrais juste que ce texte aide à comprendre que les rapports aux autres ne sont pas une évidence pour tous. J’ai conscience de ce que je fais subir, mais j’en souffre énormément aussi et ça me joue sans arrêt des tours amicalement, professionnellement, amoureusement.
Les personnes atteintes de PS ou de PE sont des personnes qui aiment trop. Qui vivent la vie à fleur de peau, pour qui chaque chose prends des proportions énormes, dans le positif (c’est pour ça que je m’enthousiasme facilement) et dans le négatif. Et qui s’attachent très vite et ont peur d’être déçu…Des personnes qui manquent de confiance en elle, à cause de leur histoire familiale entre autre.

Voir aussi : http://www.aapel.org/bdp/borderline.html

A relire : mon précédent article sur ma thérapie :
http://ladiesroom.fr/2008/06/12/last-night-the-psy-saved-my-life/

 

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Tu repostes tous tes vieux papiers, Druuna ?


 

Oui, surtout ceux que j’ai effacĂ© ! Faut que je fasse bonne figure avec mes 14 articles face Ă  la reine-mère ;)


 

Mais merci pour tes encouragements pour les nouveaux ;)


 

Enfin, la reine-mère elle se calme un peu. Et en comptant tout ses supprimĂ©s, elle en est Ă  200 articles…


 

Qu’est ce qui t’arrive ? tu t’ennuies ?


 

Non, la reine-mère se retrouve en position de chef du service d’Ă©dition. Donc elle serre du fion.


 

Au vu de ton activité sur FB et LR, je suis impressionnée par tes muscles fessiers :p


 

HĂ© hĂ© hĂ©… Et en mĂŞme temps, je check mes mails, je transfère des dossiers en CorĂ©e…


 

Le retour de Shiva ;)


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