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Petit voyage musical : le Brésil

Dans les années 1970, mon papa travaillait à l’usine. Il s’est lié d’amitié avec un Brésilien, au point que, lors de son retour au Brésil, cet ami lui a offert sa guitare, et leur correspondance s’est faite de cassettes où cet ami lui jouait des classiques de bossa nova…

C’est ainsi que mon papa m’a transmis son amour pour la musique brésilienne. Depuis, je rêve simplement de faire deux voyages : un au Japon et un au Brésil. Certes, plusieurs clichés se superposent quand on pense à ce pays : le soleil, les beaux gosses ou les belles filles, les plages paradisiaques, le métissage culturel entre les colons portugais et les esclaves angolais… Mais aussi la violence, la déforestation de la forêt amazonienne, les favelas, des vrais fossés sociaux..

Le Brésil reste donc pour moi une espèce de fantasme que je chercherais à tout prix à réaliser. Cela m’a aussi permis de découvrir un pays dont je suis tombée en pâmoison, le Portugal. Car à l’image de l’ancienne Indochine, Pondichery ou des Antilles qui peuvent représenter une France fantasmée, le Brésil est un Portugal fantasmé (j’espère que tu etayeras ces propos, Luciamel). La différence est qu’il y a aujourd’hui plus d’habitants dans l’ancien pays colonisé que dans le pays colon. C’est le paradoxe de l’histoire entre Brésil et Portugal.

Mais surtout, ce qui nourrit mes rêves de Brésil, c’est la musique. Jusque dans les années 1950, elle se résumait le plus souvent soit à suivre les modèles européens, soit aux souvenirs d’Afrique des anciens esclaves. Cela ne donnait pas encore lieu à des métissages. Comme à peu près partout dans le monde, il y avait la musique des Blancs et la musique des Noirs.

La musique n’est véritablement entrée comme valeur identitaire du Brésil qu’à partir des 1960. Il a suffi que Stan Getz, un saxophoniste américain, rencontre Joao Gilberto, un guitariste fou de jazz pour mêler des rythmes tropicaux à la langueur du saxo. La bossa nova était née avec l’album commun Jazz Samba.

S’en suivent une tripotée d’artistes qui popularisent le samba et la bossa nova dans les années 1960 et 1970 :

- Astrud Gilberto, première femme de Joao, qui, à mon sens, a la voix la plus sensuelle au monde.

- Antonio Carlos « Tom » Jobim, multi-instrumentiste qui représente une continuité dans la bossa nova

- Vincius de Moraes

- Sergio Mendes…

Dans les années 1970-80, avec l’expansion du reggae, les artistes brésiliens sont revenus à des rythmes plus tropicaux. À ce moment-là, les artistes les plus populaires dans le monde sont Caetano Veloso et le très francophile Gilberto Gil, actuel ministre de la Culture sous le gouvernement de Lula.

Fort de sa tradition de métissage que lui a conféré la création de la bossa nova, le Brésil musical est aujourd’hui ouvert à toutes les tendances. Du métal (Sepultura) à l’électro (Zuco 103, Kaleidoscopo), en passant par la pop (Daniela Mercury, Bebel Giberto qui est définitivement la fifille à son papa), il existe une vraie diversité de la création musicale au Brésil. Sans pour autant renier les artistes qui ont fait sa popularité, le Brésil musical est à l’image de ce XXIe siècle, très très créatif.

Pour finir, je vais vous offrir une petite friandise : Joao Gilberto en concert, avec sa petite Bebel, toute jeunette (alors qu’elle a fastoche 45 piges aujourd’hui). Personnellement, j’ai été super émue.

http://www.youtube.com/watch?v=gzxVBXCP1jg

Bon voyage…

4 Responses to “Petit voyage musical : le Brésil”

  • Comme d’hab Storia ta culture musicale force le respect.
    Une artiste dans une frange un peu plus pop mais agréable : Vanessa Da Mata.

    Pour certains la bossa s’arrête aux clichés de musique d’ascenseur, mais il faut s’y plonger pour vraiment l’apprécier.

  • Disons qu’à l’image d’Idir, Ben Harper, Joan Baez ou Tracy Chapman, je trouve que Joao Gilberto arrive à faire passer tellement de choses avec quelque chose d’aussi simple qu’une guitare. Même si je ne comprends pas les paroles, c’est un concentré d’émotions qu’il me livre à chaque fois. C’est pourquoi la guitare est aujourd’hui mon instrument-totem.

  • Merci à toi pour ce bel article! Longtemps que je n’en avais pas écouté, ça fait plaisir :)

  • En ce moment, je suis à fond sur le best-of de Gilberto Gil dans les transports et « Wave » de Tom Jobim en guise de réveil…

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