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Woody Allen est mon guide spirituel…

En avril 2008, Woody Allen attaque la marque de vêtements American Apparel pour avoir utilisé une image de lui sans son consentement pour une publicité. C’est moche. Il en réclame donc 10 millions de dollars. Un an après, en mai 2009, le procès se règle à l’amiable avec 5 millions. En vérité, ce n’est pas la représentation de Woody Allen en rabbin sur cette publicité qui est en soi choquante (ben oui, s’il a voulu se déguiser en rabbin dans Annie Hall, c’est son affaire et il assume). Non, c’est que la firme American Apparel ait sous-titré en hébreu Notre guide spirituel. Peut-être sur le ton de l’ironie selon le plaignant…

Woody Allen est mon guide spirituel…Bref, quand il ne fait pas valoir son droit à l’image, le juif névrosé le plus connu après Jésus-Christ réalise des films. Jusqu’à ce samedi soir, je n’en avais pas vu un seul.  Et, à vrai dire, je ne comprenais pas tout ce foin fait autour de lui. Qu’on loue la mise en scène d’un Scorsese, d’un Tarantino ou d’un Coppola, ça je comprenais. Même si je n’ai même pas vu Apocalypse now ou Gangs of New York. Seulement, je ne sais pas pourquoi, j’assimilais Woody Allen à ces personnes parlant d’un air fat du fait qu’ils soient des artistes incompris.

Et puis samedi soir, je suis allée voir Whatever works. La soirée commençait pourtant bien mal avec Tiny : il pleuvait, il y avait du monde sur la route, Peter von Poehl à l’Hôtel de Ville nous endormait plus qu’autre chose et les sushis étaient bizarres. Bref, il s’en est fallu de très peu pour qu’on passe une vraie soirée merdique.

Forts de cette mise en condition, nous nous dirigeons vers la salle de cinéma. Nous nous installons, nous regardons gentiment les pubs, walou. Et soudain, le film commence : c’est parti pour 1h30 de considérations absurdes, d’expositions des pires névroses de la terre qui se réunissent soudain à New-York. Et pendant 1h30, j’ai un large sourire. Un vrai bonheur. Comment me suis-je passée de ça pendant toutes ces années ?

Whatever works expose une philosophie de la vie à la fois simpliste et compliquée à mettre en place. En français, cela est traduit comme : Ce qui compte, c’est que ça marche. Que tu aies moins d’esprit que George W. Bush, que tu fugues de chez tes parents vers un monde inconnu, que tu tombes chez un mec qui se prend pour un génie et qui rate tout, même ses suicides, que ta mère WASP à mort te retrouve et se retrouve par la même occasion dans les bras de deux hommes, que ton père psychorigide fasse finalement son coming-out, qu’enfin tu rates ton mariage avec le névrosé qui t’a hébergée et que tu te trouves un mec romantique, tout ce qui compte, c’est que ça marche.

En cela, le premier film de Woody Allen que j’ai vu résonnera en moi comme la première fois que j’ai vu Le fabuleux destin d’Amélie Poulain (merci Jean-Pierre Jeunet) ou Usual suspects (merci Bryan Singer). C’est-à-dire un film qui me surprend, qui me met en joie, qui me fasse dire à la fin : Mais quelle bonne histoire imaginée, alors que c’est une histoire quotidienne. Ces films sont trop rares au cinéma, c’est pourquoi je ne m’y intéresse que très peu.

Et donc, à l’image de Boris Yelnikoff, j’ai trouvé qu’il y avait un peu de Woody en moi. Cette espèce de névrose que certaines personnes ont à se sentir supérieures alors que le monde autour d’elles leur semble tellement peu construit, tellement nul, tellement… humain après tout. Cette espèce de détachement par rapport à la trivialité qu’ont leurs semblables. Et il suffit qu’une personne qu’elles considéreraient comme une moins-que-rien leur remonte les bretelles…

Bref, Woody Allen, avec Whatever works, m’a séduite. En effet, à l’instar d’American Apparel, j’ai trouvé mon guide spirituel.

9 Responses to “Woody Allen est mon guide spirituel…”

  • Avatar de Rev
    Rev

    Oh J’ai très envie d’aller le voir.

    Je n’ai vu que deux films de Woody pour le moment, Scoop dans lequel il joue et Vicky Cristina Barcelona, que Je ne peux que te recommander.

    J’adore le réalisateur et j’adore le personnage; cette vie si étrange avec un homme connu qui a osé (re)faire sa vie avec sa belle fille.
    Mais tellement névrosée lui même qu’il présente ses films à Cannes hors-compétition et qu’il ne va jamais chercher ses récompenses lors des cérémonies.

  • Mon premier woody allen ” tout le monde dit I love you”; Quand je suis sortie de la salle de ciné (seule car personne ne voulait aller voir un woody allen et en plus une comédie musicale!!!) j’avais le sourire et j’ai fredonné pendant plusieurs jours! Depuis je n’en loupe pas un, donc je vais courrir voir celui là.

  • Avatar de Mya
    Mya

    Je ne suis pas une spécialiste de cinéma et j’oublie rapidement les intrigues des films que j’ai vus même ceux que j’ai appréciés. Seulement je sais qu’aller voir un Woody Allen c’est la garantie de passer un bon moment. Merci pour l’info, je ne raterais pas Whatever works.

  • très drôle, parce que justement en allant le voir (comme chaque année le nouveau Woody Allen…), avec une copine qui semblait plus que déçue, je lui ai fait cette remarque “imagine que tu n’aies jamais vu aucun Woody Allen, et bien tu serais emballée par celui-ci, c’est seulement d’avoir si souvent goûté au bon plat qui te rend blasée”. Alors, moi qui suis une inconditionnelle, je te recommande (of course) les classiques “Manhattan” et “Annie Hall”, mais aussi ceux de la dernière veine, l’européenne, d’une innovation extraordinaire “Vicky, Cristina, Barcelona” (côté “olé olé” c’est très très osé), mais surtout, surtout le TRES GRAND : “Match point”, un uppercut cinématographique, littéralement.

  • @lucia : merci ma chérie. Mais je pense que Tiny saura aussi bien me conseiller… :)

  • Ce film était bien vraiment drôle et subtile dans l’humour la fille est vraiment formidable, je ne sais pas encore si je suis leur devise. Disons que par rapport à d’autres Woody Allen il change beaucoup, enfin je dis ca je n’ai vu que Match Point, Scoop, Vicky, Cristina, Barcelona et celui-ci!
    Donc je ne suis pas à même de critiquer!!!
    Mais c’était bien divertissant en VO qui plus était!

  • Mon petit copain m’expliquait que ce film représentait l’esprit vraiment originel des films de Woody Allen. C’est-à-dire qu’avant de faire des films comme Match Point, Scoop, etc…, la véritable philosophie de Woody Allen, c’est ça.

  • Ouais mais nan.

    Vicky Cristina…était un joli film, au sens plastique.
    Les anciens films de Woody, comme Manhattan, comportaient des dialogues percutants.
    Match Point, très beau film (musique, mise en scène, scénario…), mais rien à voir avec le reste de la filmo de Woody.
    Anything Else, film à mon sens extrêmement glauque, et extrêmement pertinent.

    Whatever Works : film de papy. Ca m’a rendu très triste pour M. Allen. Et ça se croit libertaire alors que ça a 40 ans de retard ! Un scénar qui n’aurait pas du sortir des tiroirs, à mon humble avis…

  • Ah ouais, en revanche : Evan Rachel Wood et Patricia Clarkson sont particulièrement épatantes. Mais il serait dommage que le cinéma de Woody Allen se limite au seul charme des actrices (même si cela a toujours été un élément déterminant dans tous ses films, j’ai envie de dire). Bref…Super déçue tout de même, pour ma part.

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