Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

25. mai 2012

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Storia Giovanna

Woody Allen est mon guide spirituel…

En avril 2008, Woody Allen attaque la marque de vĂŞtements American Apparel pour avoir utilisĂ© une image de lui sans son consentement pour une publicitĂ©. C’est moche. Il en rĂ©clame donc 10 millions de dollars. Un an après, en mai 2009, le procès se règle Ă  l’amiable avec 5 millions. En vĂ©ritĂ©, ce n’est pas la reprĂ©sentation de Woody Allen en rabbin sur cette publicitĂ© qui est en soi choquante (ben oui, s’il a voulu se dĂ©guiser en rabbin dans Annie Hall, c’est son affaire et il assume). Non, c’est que la firme American Apparel ait sous-titrĂ© en hĂ©breu Notre guide spirituel. Peut-ĂŞtre sur le ton de l’ironie selon le plaignant…

whatever-worksjpg.jpgBref, quand il ne fait pas valoir son droit Ă  l’image, le juif nĂ©vrosĂ© le plus connu après JĂ©sus-Christ rĂ©alise des films. Jusqu’Ă  ce samedi soir, je n’en avais pas vu un seul.  Et, Ă  vrai dire, je ne comprenais pas tout ce foin fait autour de lui. Qu’on loue la mise en scène d’un Scorsese, d’un Tarantino ou d’un Coppola, ça je comprenais. MĂŞme si je n’ai mĂŞme pas vu Apocalypse now ou Gangs of New York. Seulement, je ne sais pas pourquoi, j’assimilais Woody Allen Ă  ces personnes parlant d’un air fat du fait qu’ils soient des artistes incompris.

Et puis samedi soir, je suis allĂ©e voir Whatever works. La soirĂ©e commençait pourtant bien mal avec Tiny : il pleuvait, il y avait du monde sur la route, Peter von Poehl Ă  l’HĂ´tel de Ville nous endormait plus qu’autre chose et les sushis Ă©taient bizarres. Bref, il s’en est fallu de très peu pour qu’on passe une vraie soirĂ©e merdique.

Forts de cette mise en condition, nous nous dirigeons vers la salle de cinĂ©ma. Nous nous installons, nous regardons gentiment les pubs, walou. Et soudain, le film commence : c’est parti pour 1h30 de considĂ©rations absurdes, d’expositions des pires nĂ©vroses de la terre qui se rĂ©unissent soudain Ă  New-York. Et pendant 1h30, j’ai un large sourire. Un vrai bonheur. Comment me suis-je passĂ©e de ça pendant toutes ces annĂ©es ?

Whatever works expose une philosophie de la vie Ă  la fois simpliste et compliquĂ©e Ă  mettre en place. En français, cela est traduit comme : Ce qui compte, c’est que ça marche. Que tu aies moins d’esprit que George W. Bush, que tu fugues de chez tes parents vers un monde inconnu, que tu tombes chez un mec qui se prend pour un gĂ©nie et qui rate tout, mĂŞme ses suicides, que ta mère WASP Ă  mort te retrouve et se retrouve par la mĂŞme occasion dans les bras de deux hommes, que ton père psychorigide fasse finalement son coming-out, qu’enfin tu rates ton mariage avec le nĂ©vrosĂ© qui t’a hĂ©bergĂ©e et que tu te trouves un mec romantique, tout ce qui compte, c’est que ça marche.

En cela, le premier film de Woody Allen que j’ai vu rĂ©sonnera en moi comme la première fois que j’ai vu Le fabuleux destin d’AmĂ©lie Poulain (merci Jean-Pierre Jeunet) ou Usual suspects (merci Bryan Singer). C’est-Ă -dire un film qui me surprend, qui me met en joie, qui me fasse dire Ă  la fin : Mais quelle bonne histoire imaginĂ©e, alors que c’est une histoire quotidienne. Ces films sont trop rares au cinĂ©ma, c’est pourquoi je ne m’y intĂ©resse que très peu.

Et donc, Ă  l’image de Boris Yelnikoff, j’ai trouvĂ© qu’il y avait un peu de Woody en moi. Cette espèce de nĂ©vrose que certaines personnes ont Ă  se sentir supĂ©rieures alors que le monde autour d’elles leur semble tellement peu construit, tellement nul, tellement… humain après tout. Cette espèce de dĂ©tachement par rapport Ă  la trivialitĂ© qu’ont leurs semblables. Et il suffit qu’une personne qu’elles considĂ©reraient comme une moins-que-rien leur remonte les bretelles…

Bref, Woody Allen, avec Whatever works, m’a sĂ©duite. En effet, Ă  l’instar d’American Apparel, j’ai trouvĂ© mon guide spirituel.

 

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Derniers commentaires

 

Oh J’ai très envie d’aller le voir.


Je n’ai vu que deux films de Woody pour le moment, Scoop dans lequel il joue et Vicky Cristina Barcelona, que Je ne peux que te recommander.


J’adore le rĂ©alisateur et j’adore le personnage; cette vie si Ă©trange avec un homme connu qui a osĂ© (re)faire sa vie avec sa belle fille.

Mais tellement nĂ©vrosĂ©e lui mĂŞme qu’il prĂ©sente ses films Ă  Cannes hors-compĂ©tition et qu’il ne va jamais chercher ses rĂ©compenses lors des cĂ©rĂ©monies.


 

Mon premier woody allen ” tout le monde dit I love you”; Quand je suis sortie de la salle de cinĂ© (seule car personne ne voulait aller voir un woody allen et en plus une comĂ©die musicale!!!) j’avais le sourire et j’ai fredonnĂ© pendant plusieurs jours! Depuis je n’en loupe pas un, donc je vais courrir voir celui lĂ .


 

Je ne suis pas une spĂ©cialiste de cinĂ©ma et j’oublie rapidement les intrigues des films que j’ai vus mĂŞme ceux que j’ai apprĂ©ciĂ©s. Seulement je sais qu’aller voir un Woody Allen c’est la garantie de passer un bon moment. Merci pour l’info, je ne raterais pas Whatever works.


 

très drĂ´le, parce que justement en allant le voir (comme chaque annĂ©e le nouveau Woody Allen…), avec une copine qui semblait plus que déçue, je lui ai fait cette remarque “imagine que tu n’aies jamais vu aucun Woody Allen, et bien tu serais emballĂ©e par celui-ci, c’est seulement d’avoir si souvent goĂ»tĂ© au bon plat qui te rend blasĂ©e”. Alors, moi qui suis une inconditionnelle, je te recommande (of course) les classiques “Manhattan” et “Annie Hall”, mais aussi ceux de la dernière veine, l’europĂ©enne, d’une innovation extraordinaire “Vicky, Cristina, Barcelona” (cĂ´tĂ© “olĂ© olĂ©” c’est très très osĂ©), mais surtout, surtout le TRES GRAND : “Match point”, un uppercut cinĂ©matographique, littĂ©ralement.


 

@lucia : merci ma chĂ©rie. Mais je pense que Tiny saura aussi bien me conseiller… :)


 

Ce film Ă©tait bien vraiment drĂ´le et subtile dans l’humour la fille est vraiment formidable, je ne sais pas encore si je suis leur devise. Disons que par rapport Ă  d’autres Woody Allen il change beaucoup, enfin je dis ca je n’ai vu que Match Point, Scoop, Vicky, Cristina, Barcelona et celui-ci!

Donc je ne suis pas Ă  mĂŞme de critiquer!!!

Mais c’Ă©tait bien divertissant en VO qui plus Ă©tait!


 

Mon petit copain m’expliquait que ce film reprĂ©sentait l’esprit vraiment originel des films de Woody Allen. C’est-Ă -dire qu’avant de faire des films comme Match Point, Scoop, etc…, la vĂ©ritable philosophie de Woody Allen, c’est ça.


 

Ouais mais nan.


Vicky Cristina…Ă©tait un joli film, au sens plastique.

Les anciens films de Woody, comme Manhattan, comportaient des dialogues percutants.

Match Point, très beau film (musique, mise en scène, scĂ©nario…), mais rien Ă  voir avec le reste de la filmo de Woody.

Anything Else, film Ă  mon sens extrĂŞmement glauque, et extrĂŞmement pertinent.


Whatever Works : film de papy. Ca m’a rendu très triste pour M. Allen. Et ça se croit libertaire alors que ça a 40 ans de retard ! Un scĂ©nar qui n’aurait pas du sortir des tiroirs, Ă  mon humble avis…


 

Ah ouais, en revanche : Evan Rachel Wood et Patricia Clarkson sont particulièrement Ă©patantes. Mais il serait dommage que le cinĂ©ma de Woody Allen se limite au seul charme des actrices (mĂŞme si cela a toujours Ă©tĂ© un Ă©lĂ©ment dĂ©terminant dans tous ses films, j’ai envie de dire). Bref…Super déçue tout de mĂŞme, pour ma part.


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