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Des livres comme une gourmandise #1

J’aime lire tout et n’importe quoi. Depuis que je suis en âge de lire (c’est-à-dire à cinq ans), je lis tout ce qui me passe par la main : un dictionnaire, un mode d’emploi, un hebdo people… et parfois même un livre. Je n’ai commencé véritablement à lire des vrais livres par plaisir qu’à l’âge de quinze ans, lorsque je suis entrée en 1ère L.

J’associe la lecture à la nourriture, voire à la drogue. Oui, une drogue. Quand la première chose que tu fais quand tu arrives chez les gens est de regarder ce qu’ils ont à lire chez eux, et de t’enfermer dans leurs toilettes non sans un magazine, effectivement, c’est une drogue. Mais c’est aussi un vrai plaisir des sens, comme peut l’être la nourriture. Ne dit-on pas, d’ailleurs, que la lecture est une nourriture spirituelle ?

J’aimerais donc entamer aujourd’hui une série qui associe un ouvrage ou un auteur à un aliment. J’ai en effet plusieurs évocations gustatives ou émotionnelles liées à la lecture. Je vais commencer par une de mes premières lectures, à laquelle je reste toujours fidèle :

Yoko Tsuno et les noix

J’ai donc commencé à lire avec le dictionnaire Larousse et les bandes dessinées. Tintin, Lucky Luke, Astérix dans ma prime jeunesse, Manara, Sattouf et Gottlieb aujourd’hui. J’ai ainsi assisté à plusieurs éditions d’un festival de BD assez coté, Quai des bulles à Saint-Malo.

Le premier héros de BD qui m’a marquée est une héroïne : Yoko Tsuno. Imaginée en 1968 par Roger Leloup pour Pif magazine, cette électronicienne sino-japonaise, d’abord soeur d’un héros sans charisme, est devenue une incarnation du nouveau statut de la femme dans les années 1970 naissantes. En effet, au fil des 24 albums, Roger Leloup fait accompagner Yoko de femmes au tempérament battant, laissant les hommes au second plan.

Tout en Yoko s’est inspiré de l’émancipation de la femme. Elle a une vague histoire d’amour avec un de ses coéquipiers (mais reste discrète, de peur que cela nuise à son image), elle tient tête à des grands patrons à la pensée ancestrale, elle adopte toute seule une petite fille chinoise… Lara Croft fait office de bobonne à côté.

Il faut dire aussi que c’est aussi Yoko qui m’a donnée ma passion pour le Japon et sa culture, et non pas la pratique du karaté pendant huit ans, ni mon amour pour les yakitori boeuf-fromage et les sushis au thon rouge, encore moins L’empire des sens. À la première occasion, je prends un vol pour le Japon, ne serait-ce que pour aller à Tokyo, sinon pour réaliser mon rêve de voir l’île d’Hokkaïdo, à la structure plus traditionnelle.

Elle reste donc à mes yeux enfantins une incarnation de la femme accomplissant son destin. Elle bouge, elle réfléchit, elle tempère, elle est en colère… Bref, comme une maman sublimée, un totem que je devrai prendre pour modèle pour construire mon existence. Et, au fond de moi, j’ai toujours rêvé d’avoir une amie asiatique qui m’emmènerait dans des aventures fantastiques et qui compterait dans ma vie.

À treize ans, j’ai rencontré une petite fille de douze et sa maman d’origine philippine. Treize ans après, elles sont toujours là dans ma vie, la petite fille comme ma meilleure amie, et sa mère comme la meilleure amie de ma mère et ma comparse de guitare. Quand je les ai rencontrées, et que je me suis remise à suivre les aventures de Yoko Tsuno, je les ai tout de suite associées à l’héroïne de mon enfance, elle-même passant du statut de maman symbolique à celle d’amie symbolique.

Aux Philippines, les noix sont rares, et en offrir pour la nouvelle année revient à souhaiter bonheur et richesse. Chez ma grand-mère, en Bretagne, les noix sont abondantes, et le goût des noix fraîches restera à jamais une de ces Madeleines de Proust qui empêchent à jamais d’oublier l’enfance. J’aimais à jouer avec mes cousins à lancer les noix contre le mur en granit pour les éclater, puis peler les cerneaux pour nous régaler.

Sachant cette coutume, ma grand-mère offre tous les ans des noix à la famille de ma meilleure amie. La mère de ma meilleure amie, ravie, en envoie une partie à sa famille, aux Philippines, et à ses amies à travers le monde.

À bientôt pour d’autres émotions littéraires et gustatives…

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