Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

25. mai 2012

Mot de passe oublié

lili-mai

On pourrait croire que les hommes, pour moi,
Sont d’une espèce différente et secrète. Et c’est le cas.
Mais jamais je ne me lasse de les percer Ă  jour.

On pourrait croire que les hommes, pour moi,
Sont tous des pairs verts, des pervers, des mauvais.
Mais parmi les hommes qui m’entourent, et qui m’ont entourée,
Certains m’ont beaucoup donné.

On pourrait croire…
« Douter de tout ou tout croire, ce sont les deux solutions également commodes qui l’une et l’autre nous dispensent de réfléchir. » (Henri Poincaré, La Science et l’hypothèse)

Les hommes pour certains m’ont blessée sans retenue.
J’en ai connu…

 
La fille déçue, en moi,  a hurlé, hurlé, que les mecs bien n’existaient pas, que c’est une sorte de légende culturelle, mais l’autre, la petite fille, l’amie, lui a dit : « Regarde derrière toi, autour de toi, ouvre les yeux, ça ne va pas, ton truc ! », et j’ai considéré ces mecs bien, qui ont traversé ma vie, ou qui sont encore là avec moi aujourd’hui : des mecs bons, des amis solides, des amoureux attentifs, qui d’amour sont toujours riches, des oreilles et des muscles, des cerveaux étonnants, des cheveux parfois grisonnants, mais bruns encore souvent, quand il en reste (sourire) !  Ceux-là, je les aime, je les respecte infiniment. Yin et yang, c’est bien l’homme.
Yang et yin, c’est aussi moi.
Yin et Yang, c’est bien les Hommes.
  Mon grand-père fut le premier homme avec lequel je voulus me marier :
Je disais à ma mémé, que j’adorais  : « Attention, quand je serai grande, c’est moi, qu’il épousera ! ».
(Je sais, on est en plein complexe oedipien!)
Je voulais un homme avec les mĂŞmes yeux bleus tendre, avec la mĂŞme force tranquille.
L’odeur de son chapeau de feutre noir, avec sa calotte en satin, quand il me prenait sur ses épaules, pour marcher à longues enjambées,
Par la grand route du village, par ses sentiers tout cabossés.
Mes petits pieds sur sa chemise. Mon grand père était fort, et sensible. Son crane chauve et doux, tout tiède, sa barbe courte, blanche et piquante sous mes menottes amoureuses. Son regard protecteur. Ses explications patientes, et simples, pour me montrer comment faire naître,
En plantant une simple graine, une plante magique,
Que je pourrais et soigner et regarder grandir.
Et son rire franc et tranquille face Ă  mes bĂŞtises.
J’ai oublié son rire, j’ai oublié sa voix.
Mais je n’oublie pas l’amour qu’il y avait dans ces yeux-là.
Son regard protecteur… Qui sera à la hauteur ? Mon grand-père est mort depuis longtemps, mais il est dans mon cœur depuis que je l’ai croisé.
  Je retrouve un peu de mon grand-père dans les hommes bien qui passent. Ceux qui m’entourent… Chacun me donne un peu du bien qu’il a en lui.
Celui-là son rire ; il me taquine, tout en douceur,
Quel charmeur ! Un ami que j’estime
Une main sur mon épaule, il soutient la femme affligée d’une écoute attentive,
Et rit sans retenue avec celle qui pétille ; à faire des jeux de mots grivois, on pouffe comme des malades. La vie est belle, et pleine d’esprit.

Cet autre m’a donnĂ© ses envies d’aller, de dĂ©couvrir,
De voyager, de marcher, de sortir.
Je cours, je vais,
Le monde est à ma portée,
Je saute d’une montagne Ă  l’autre, de rocher en rocher. D’un bout Ă  l’autre d’une Ă®le nous avons marchĂ©, courru, atteint les sommets…
 Il me poussait : « Encore, encore… » ! La vie est belle, et le monde est grand.

Cet autre encore m’a apporté ses livres, sa logique,
Sa philosophie, son esprit critique.
Que d’histoires et de pensées, je m’étonne de ne pas avoir su avant, ceci ou cela, lu celui-ci ou celui-là. Un homme-professeur,
Qui me considèrait avec douceur.
En mangeant des sushis, assis par terre, nos derrières sur ces coussins moelleux, pieds entrelacĂ©s, on a refait le monde, de l’infiniment grand Ă  l’infiniment petit. Merci…
La vie est belle, elle est à découvrir, à lire, à comprendre.

Cet autre encore m’a donnĂ© la musique,
Ses doigts sur mes doigts,
Ma petite main dans sa grande main, je trouve les rythmes, et me balance,
M’élance,
Pianote dans le vide ou sur le volant.
Rythme, rimes, mélodies, je goûte la note.
J’ai envie d’apprendre à dompter l’instrument.
La vie est belle, elle est dans les pulsations des cœurs.

Et voilĂ  un autre encore, qui dans ses sourires et ses regards vivants,
Brillants, me dit que je suis belle. Je ne suis qu’une femme et j’assume ma superficialité !
La vie est belle, quand on est belle dans les yeux d’un autre.
Je voudrais juste être belle dans les yeux de celui que j’aime.
Encore un autre, très spécial celui là, un grand monsieur, un guide,
Qui de mes « pas envie », de mon « pas en vie », 
A fait un « Mais en vie ! »,
Il veut que je me harcèle. Se faire plaisir pour retrouver l’envie, la vie.
Ne pas se forcer, se bouger,
Accepter ses peines, les sublimer.
La vie est belle quand on est vrai.

Et puis celui là, qui a été simplement là
Qui m’a tenue la main, lorsque je n’Ă©tais pas bien
Qui m’a prĂ©tĂ© une oreille attentive, qui a Ă©coutĂ© mes dĂ©lires, qui m’a regardĂ© pleurer,
Et qui m’a secouĂ©e,
Sans heurt, juste en étant là.
Bien sĂ»r, on a partagĂ© autre chose que des pleurs, mais il Ă©tait lĂ … Lui, et mes autres amis,
Ami, avec un “i”…
La vie est belle, quand ils sont lĂ …

Un autre encore, qui prend mon Tibou dans ses bras, pour lui apprendre les choses simples de la vie
Et le faire rire. Son papa n’est pas là, mais il a un parrain, des tontons, des amis.
Il est heureux, et moi aussi.
La vie est belle quand il rit.

Mon Tibou, c’est un petit bout de gars bien.
Un petit bout de moi. Un peu comme la plante de mon grand-père, à soigner, pour qu’il pousse droit, qu’il devienne un homme vrai pour une femme vraie. Pour ne pas souffrir, ne fais pas souffrir. Mais souffre! Souffrir fait grandir. Tu goûteras mieux au bonheur. Etre vrai.
La vie est belle, puisqu’il est.

 

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moi aussi j’ai pendant longtemps eu une vision très nĂ©gative des hommes tant par leurs absences que leurs mauvais prĂ©sences mais grace Ă  3 amis : un guide, un prĂ©sent, un spĂ©cial (je me comprends;-)) j’apprends Ă  me rĂ©concilier avec la gente masculine. Les mecs (tout comme les femmes d’ailleurs) bien sont rares et quand on les a Ă  nos cotĂ©s, on se dit qu’on a de la chance et on se doit de tout faire pour les garder!


 

bonsoir smile, j’ai adorĂ© ton article Ă©crit un peu sous forme de poĂ©sie en prose, Il m’a touchĂ©, car je n’ai plus de papa, et n’ai jamais pu le voir……Tu m’as donnĂ© l’espoir de croire encore Ă  ces hommes, qui sont parfois cruels face Ă  un petit moineau de 1m 52(c’est moi, ahahaha), petie femme; mais grosses douleurs!!!!


 

C’est le plus bel hommage aux hommes que j’ai lu jusqu’Ă  prĂ©sent. Merci pour eux (dont je suis).


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