Ndlr : interview réalisée par Mlle Chat-Chat, illustratrice en mode et styliste (son myspace ici)
Anne Brunet fait partie de cette jeune génération d’artistes sur lesquels il faudra compter dans les années à venir. Un univers à la fois onirique et cruel, un crayonné précis, des détails à vous couper le souffle, pour une signature graphique reconnaissable entre milles. Anne Brunet pourrait être la digne héritière d’Annette Messager, en version graphique.
Déjà représenté par la galerie 13, j’ai découvert le travail d’Anne Burnet lors du salon Slick 2007, à la Bellevilloise, puis au hasard de mes rencontres myspace.
Il me faudra encore attendre deux années pour échanger quelques mots avec elle, une rencontre rendue possible grâce à l’association Linkartz, agent d’artistes, nous représentant toutes les deux, lors du salon Who’s Next de janvier 2009.
Admirative depuis plusieurs années de son travail d’artiste illustratrice onirique, je vous propose à travers ce deuxième article, une interview portrait de cette jeune femme au talent indiscutable.
Anne Brunet : j’ai toujours été de ceux qui griffonnent, une passion récurrente depuis l’enfance, rendue ensuite concrète par des études artistiques… J’ai débuté mon parcours scolaire par un bac Art Appliqués au Mans… la découverte pour moi d’un monde artistique en dehors des carcans académiques d’une scolarité « classique », une ouverture sur un monde nouveau et sur les grands artistiques précurseurs d’une nouvelle liberté de ton… après trois années au sein de cet établissement, j’ai ensuite intégrer les Beaux-Arts de Nantes… mais sans me prétendre ni artiste, ni designer, je ne me sentais à ma place nulle part.
J’ai alors décidé de quitter, après trois mois seulement, cette école, pour une année sabbatique afin de trouver mes repères et mes désirs professionnels…. j’ai alors intégré l’ECV (établissement privé orienté graphisme sur Nantes) en cycle de communication visuelle, et ce durant trois années.
Ma première exposition se déroulera d’ailleurs à Nantes, couronnée d’un franc succès. Pour autant je n’étais pas encore persuadée d’avoir trouvé ma voix, c’est pourquoi je monte alors sur Paris pour effectuer une alternance chez Publicis… Mais j’ai été très vite déconcertée par cette vie de « bureau » qui ne convenait finalement pas à mes aspirations…
Après 6 mois passés dans cette entreprise, une galerie prend contact avec moi via mon myspace. Débute alors la collaboration avec la Galerie 13, et la fin de ma carrière déchue de graphiste publicitaire… je quitte tout pour me lancer dans cette opportunité inespérée, et je reste aujourd’hui fidèle à ce partenaire qui a parié sur mon travail.
A.B : j’ai trouvé très progressivement mon style, inspiré de mes dessins d’enfance, mais aussi d’une maturité et d’une objectivité de la réalité. Entre onirisme, enfance, poésie et cruauté, mon travail flirte avec différents langages pour une vision qui me semble fidèle à l’image de la vie. Loin de la revendication mais aussi de la mièvrerie, je pense représenter à travers mes personnages une femme d’aujourd’hui, flirtant avec le rêve, le fantasme, mais aussi une forme de force et de cruauté humaine.
J’expérimente également de temps à autre le collage de rue, une façon pour moi de sortir du cadre formel et élitiste des galeries, toujours dans la conviction que mon expression nécessite une sorte d’anticonformisme, avec en plus cette possibilité de se confronter au regard d’un « vrai » public, monsieur tout le monde, le type de la rue, le spectateur qui passe par hasard, ceux pour qui la galerie intimide et qui n’aurait finalement jamais eu l’occasion de découvrir mon travail.
La spontanéité et l’authenticité du regard du spectateur lambda est toujours pour moi un vrai plaisir, une nouvelle rencontre, enrichissante et vraie.
A.B : je me suis immédiatement orientée vers le dessin car celui-ci est accessible financièrement contrairement à la peinture. J’ai pris mon rotring (crayon à pointe très fine) et j’ai commencé à griffonner sur de petits carnets de croquis. Je me suis vite orientée à la demande de la galerie 13, sur un papier aux dimensions plus imposantes, tout d’abord format A3, et puis plus récemment sur de très grand format sur châssis.
J’apprécie également le papier fait main, au grain et à la subtilité inattendus… Pour mes dessins de rue, j’utilise un papier craft. J’aime aussi travailler à la façon de fresques, des dessins directement tracés sur les murs, ceux de mon appartement, de mes amis…. à la gouache ou au posca.
Mlle Chat-Chat : quels sont les artistes qui t’influencent, dont tu es particulièrement admirative ?A.B : j’apprécie beaucoup le travail de “grands”, dont je m’inspire avec amusement, pour le clin d’œil, Ingres, Botticelli, Léonard de Vinci ou encore Frida Calo pour ne citer qu’eux…
Mais je suis également très admirative des femmes artistes de notre temps, telle Annette Messager et Louise Bourgeois.
Sans oublier, dans les artistes contemporains, le très controversé Wim Delvoye.
A.B : je prépare actuellement la foire d’art contemporain de Lyon, Docks Artfair, prévue pour septembre prochain, en collaboration avec la galerie 13. Il s’agira d’un espace de 30m2, consacré uniquement à mon travail, et dans lequel je présenterai 6 à 7 toiles grands formats. J’exposerai également à la galerie 13 en décembre prochain, et jusqu’au 15 Janvier, de nombreux dessins, peintures, et peut-être même des sculptures découpées au laser sur métal ou plastique… Et toujours en collaboration avec ma galerie, je propose des illustrations reproduites sur tee-shirt ainsi que des vinyls pour wallpaper. J’ai également en projet la diffusion d’un ouvrage sur mon travail, toujours avec l’appui de la galerie 13.
Je vous invite également à retrouver à partir d’août prochain, les collages d’Anne Brunet sur les murs de Paris, j’accompagnerai par ailleurs Anne lors d’une de ces sessions wall design, afin que nous collions collectivement nos illustrations respectives… ouvrez l’œil !
Revoir l’artiste à découvrir #1
Anne Brunet avait déjà été aperçue ici sur Ladies Room
posté le 27/07/2009 | 2156 vues | 3 commentaires | tags: anne brunet graff artiste interview illustration art Culture | une personne a aimé
je sais pas pourquoi, ça me fait penser à alice aux pays des merveilles….l’univers du chat
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