musique

Madonna, session de rattrapage

Alors comme ça, j’entends que le concert de Madonna à Marseille a été annulé ? Et oui, car un pauvre ouvrier qui était tranquillement à monter la scène est décédé d’une crise cardiaque… Mes condoléances à la famille. Mais en même temps, si c’est pour subir des chorés à deux balles et des playbacks pas synchro, en plus d’une vieille folledingue qui ne pense qu’à paraître plus jeune que sa fille aînée… C’est ce que diront les plus aigris.

Madonna, session de rattrapagePourquoi aujourd’hui, je parle de Madonna ? Parce que la durée de sa carrière musicale correspond à ma durée de vie : 26 ans. Ça ne la rajeunit pas. Il y a très peu d’artistes qui ont, comme elle, traversé les années 1980 et 1990 tout en étant capable d’être encore là en 2010. Malheureusement, Michael Jackson, d’où il nous observe désormais, en sait quelque chose.

La carrière de Madonna a en cela d’exceptionnel qu’elle reste encore préceptrice quant aux tendances de la musique. Quand U2 ne cesse de refaire le même album depuis 15 ans et que Depeche Mode n’a toujours pas décollé de la cold wave/new wave, Mado sait encore s’entourer des meilleurs (Mirwais, Timbaland…) pour faire encore rêver une Lady Gaga comme une Miley Cirus, sans pour autant que les copies rattrapent l’original.

Cependant, j’aurais un gros reproche à faire à la mère Mado : elle a mal négocié son passage à la cinquantaine. Alors qu’elle a eu une très belle trentaine avec Like a prayer et une superbe quarantaine avec Music, je trouve que Hard Candy montre les limites du système Madonna, tant en termes de musique que de communication. Je pense qu’elle aurait pu capitaliser sur Confessions of a Dancefloor, car elle était encore intouchable à l’époque. Aujourd’hui, beaucoup de personnes ne voient plus en elle qu’une vieille acariâtre qui a tous les droits et qui en abuse. C’est moche pour elle.

Malgré tout, Madonna, c’est quand même 30 ans d’une carrière tout à fait honorable. Voici un petit remplacement du concert de Marseille en 14 titres :

- Holiday (Madonna, 1983) : Dès le premier titre diffusé sur les radios, elle fait un énooooorme carton. Elle a 25 ans, elle a galéré pendant 7 ans comme danseuse et modèle nue, et c’est l’époque où papa Philippe peut encore se permettre de poser à côté d’elle. Déjà, même si c’était les années 1980 (des années bien noires concernant le bon goût vestimentaire), elle avait déjà tout compris au look.

- Like a virgin (Like a virgin, 1984) : la machine Madonna étant lancée, elle peut désormais se permettre de se lâcher. Cette communication autour du scandale sera l’axe majeur de toute la propagande que l’on fabrique autour de sa carrière. Au point de se présenter en live en robe de mariée et de se masturber… Personnellement, j’aime beaucoup la version parodique de Weird Al Yankovic, Like a surgeon.

- La isla bonita (True blue, 1986) : Après Recherche Susan désespérément, elle est devenue définitivement une icône des années 1980. True blue marque aussi un grand tournant dans sa carrière : désormais, c’est elle qui écrit ses textes… Et elle affiche enfin sa volonté de conquérir le monde.

- Like a prayer (Like a prayer, 1989) : Madonna a 30 ans et attaque frontalement. Le clip de cette chanson, où elle s’extasie devant un Jésus noir et embrasse chaleureusement un prêtre, finit d’ulcérer les catholiques les plus réac’ et d’écrire sa légende. Mais si on regarde bien, c’est toute la symbolique de son enfance qu’elle essaie de surpasser…

- Vogue (I’m Breathless, 1990). L’album, précédé du film Dick Tracy et suivi du « Blond ambition tour » (d’où est tiré le doc In bed with Madonna), révèle au grand public le goût de Madonna pour la culture gay. Barbra Streisand étant effectivement vieillissante en ce début des années 1990, la place de Madonna était toute trouvée. Et c’est lors de cette fameuse tournée qu’on découvre que Madonna s’épile enfin les sourcils et qu’elle porte le fameux corset à seins coniques de JP Gaultier.

- Erotica (Erotica, 1992) : Le point culminant de la libido musicale de la Madone. On dirait qu’elle couche avec tout le monde : hétéros, gays, lesbiennes, maîtres SM, chefs d’entreprise… Avec le livre Sex et le thriller Body, où le fait le plus marquant est ce mélange de cire chaude et de champagne sur le torse d’Alec Baldwin, elle s’exhibe au grand public qui, au final, trouve qu’elle en fait un peu trop.

- Secret (Bedtimes Stories, 1994) : C’est une Madone assagie et affectée par tout ce qu’elle s’est pris dans la gueule ces trois dernières années qui nous revient avec un album de ballades. Le milieu des années 1990 est au cool et au new jack, ancêtre du R’n'B. De l’art encore de se faufiler dans les tendances…

- Frozen  (Ray of light, 1998) : 4 ans ont passé, et c’est énorme au regard de la carrière de Madonna. Elle a 40 ans, elle s’est beaucoup impliquée dans son rôle d’Eva Peron dans Evita et surtout, elle est devenue maman. À ce titre, Ray of light reste son album le plus posé et celui qui symbolise sa quête personnelle de sens.

- Music (Music, 2000) : Après cette pause salvatrice et un deuxième bébé, elle recommence à faire le show. Madonna is back ! Ses provocations prennent désormais un tour protéiforme, preuve d’une évidente maturité apportée par son mariage avec Guy Ritchie. Et si vous regardez le clip, vous verrez un petit débutant… Et oui, le chauffeur, c’est Ali G, alias Sacha Baron Cohen (oui, le même qui a fait Borat et Brüno)…

- American Life, Hollywood (American life, 2003) : Si cet album a eu un succès plus mitigé, c’est pour moi son album le plus artistiquement réussi. Elle reprend le chemin de Music (normal, c’est aussi une collaboration avec Mirwais…) tout en ajoutant une conscience « politique » qu’on ne lui connaissait pas. Il faut dire que, pendant ce temps-là, les troupes américaines « intervenaient » en Irak…

- Hung up, Isaac (Confessions of a dancefloor, 2005) : après avoir adoubé d’un bisou Brit-Brit et Xtina, ses deux héritières les plus sérieuses, elle nous pond un album qui, à mon sens, fait office de best-of. Tout l’esprit Madonna est là-dedans : le gros son électro qui fait danser, la provocation et tout… Je pense personnellement que cela aurait été un bon moyen d’interrompre sa carrière…

- 4 minutes (Hard candy, 2008) : à mon sens, l’album de trop, ou à moindre mal une grosse erreur de parcours. Ou comment, pour une fois, elle a fait une collaboration toute moisie avec Timbaland, après que Nelly Furtado et Justin Timberlake aient pressé le citron. La pochette est pathétique – comment peut-on encore donner cette image quand on a 50 ans et qu’on est un sac d’os botoxé ? De plus, la tournée qui suit ne se fait pas à guichets fermés (quand les concerts ne sont pas annulés)… Bref, Mado, si tu n’as pas envie de prendre ta retraite, et ben prends-la quand même ^^

Bref, Madonna peut encore se permettre d’être une star, mais pour combien de temps encore ?

[deezer]http://www.deezer.com/#music/playlist/28665301/2140522[/deezer]

4 Responses to “Madonna, session de rattrapage”

  • J’adhère, en grande fan de Madonna que je suis.

  • Ben justement, Loou, avoue quand même que son dernier album, c’est n’importe quoi ^^

  • Je suis fan mais j’adhère a

  • Oups, bug!! Reprenons.
    Je suis fan mais j’adhère au point de vue de Storia, je suis de plus en plus déçue. Je ne vibre plus, j’ai plus les guibolles qui flanchent, je ne ressens pas le flow et ça, ça me gave!
    Ok ce n’est pas cool de vieillir, mais mince elle a cassé la baraque et pas qu’une fois, donc là je ne comprends plus.
    Ce look hyper musclé qui fait peur et les parties de plus en plus grandes de concert en play back, j’en ai ma claque.
    Déjà que ça coûte un bras à présent d’aller voir la Madone, je n’en ai plus pour mon argent, c’est de l’arnaque.
    Où es-tu Ciconne de mon adolescence? Icône à la pointe de la musique?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>