Le 14 juillet, chez Monsieur l’Ambassadeur, ça manque de Ferrero Rocher.
Ça manque aussi d’éducation car c’est une des seules choses qui ne s’achète pas (comme disait ma sœur à Jean-Marie Bigard). Même si on le sait à l’avance, c’est difficile d’y croire. Chaque année, c’est pareil, je suis médusée devant le pugilat du buffet.
Toutes ces dames en beaux atours, les longues griffes vernies fourrées au camembert. Au coin des badigoinces empourprées à la graisse de baleine pigmentée, une miette de la quiche que leur grosse bouche mâche goulûment. L’huile qui a servi à frire les accras fait reluire les différents mentons de cette dame en rouge. Une autre tente de faire tenir dans son assiette une montagne de zakouskis, sans doute vient-elle se fournir pour organiser un contre-buffet quelque part. On serre des mains et on embrasse des joues. Dans le salon VIP certains embrassent sans doute des mains, surtout si elles sont serties de bagues et luisantes de foie gras.
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Ah tous ces petits volontaires français descendus de leurs mornes pour voir l’argent de leurs impôts s’écouler grassement au sein des décolletés ! Venus aussi pour voir si l’herbe d’ici est plus verte qu’ailleurs, elle l’est assurément, Madame y fait même de l’équitation. Ils viennent aussi, il est vrai, goûter à ces denrées dont le souvenir est enfoui sous des mois de riz - pois. Ils viennent aussi pour boire à la décadence de leur pays, tout est gratuit et ça compte, quand on est payé au lance-pierre.
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Au 14 juillet, il y a aussi le délit de faciès. Ma copine Célia, le passeport français et l’origine martiniquaise s’y est vue refouler à cause de son jeans. Jeans portés pourtant par nombre d’autres invités ayant il faut bien le dire, soit la peau plus claire soit la carte Gold Platinium à offrir en pâture.
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Quand Monsieur Joyandès (Secrétaire d’Etat à la Coopération Française) déclare lors de sa première visite en Haïti : « Quand je suis arrivé à l’aéroport, j’ai eu peur. Mais heureusement, je peux constater chez Monsieur l’Ambassadeur que la France n’a rien perdu de sa grandeur », la foule frémit d’inquiétude et quand même y a des fois où la foule, elle a raison.
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Au 14 juillet, en plus du feu d’artifice brillant par son absence, il ne manquait plus qu’une larmichette versée sur la mort d’Omar Bongo pour parfaire le tableau. Cela nous a été épargné, alors trêve de médisances.
posté le 16/07/2009 | 150 vues | 3 commentaires | tags: snobisme ambassade fête nationale Haïti 14 juillet champagne
Je vous informe que ce texte (paru sur mon blog perso) à été censuré par l’Ambassade de France. Il semblerait que toute vérité ne soit pas bonne à dire…
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Ce cher Omar Bongo en effet….pfff pathétique