Article sélectionné par Cécile-n lors de sa semaine de rédaction en chef
Tiens, ça ne serait pas Marie-Antoinette qui se dĂ©chaĂ®ne sur le dancefloor ? Ah, Marie-Antoinette a l’air quelque peu alcoolisĂ©e… voire mĂŞme très imbibĂ©e. Écartez-la du comte De Fersen ! Merde ! Marie-Antoinette commence Ă faire un lapdance. Stoppez-la au lieu de la mater ! Elle est Ă quatre pattes ! Courtisans, veuillez canaliser la jeune reine ! Portez-la jusqu’Ă la calèche dĂ©capotable s’il vous plaĂ®t. Ne l’Ă©coutez pas, elle risquerait de dĂ©gainer son sens de la rĂ©partie assassin. Ramenez-la au plus vite dans son petit Trianon !Â
Cooouuuupez lui la tĂŞĂŞĂŞte ! Cette Marie-Antoinette, c’Ă©tait moi. Robe d’Ă©poque, loup et haute perruque blanche. Vous pensez que je divague c’est ça ? Laissez-moi vous raconter comment tout cela a commencĂ©.
“Je fais une soirĂ©e la semaine prochaine, viens dĂ©guisĂ©e, il n’y a pas de thème.“ A cette Ă©poque je me consacrais corps et âme Ă mes Ă©tudes. A quelques jours de mon examen, je ne trouvais pas ça très sĂ©rieux d’y aller, mais la jeunesse a parlĂ© “Ok j’y ferai un saut“. Après une semaine de rĂ©visions, je dĂ©cide de passer rapidement dans une boutique de location de costumes. Perdue au milieu de centaines de dĂ©guisements, je commence les investigations. ClĂ©opâtre c’est dĂ©jĂ pris. Marilyn Monroe c’est devenu commun, Ă la limite du vulgaire. Infirmière et policière j’aurais pu, mais non, je ne compte pas rester toute la nuit. Marie-Antoinette, ça peut ĂŞtre sympa. L’essai est concluant. Je rentre, me prĂ©pare et jure de ne rester qu’une heure ou deux.
ArrivĂ©e Ă la soirĂ©e, l’ambiance est bonne et l’alcool Ă profusion. Je discute avec un cowboy, boit un verre avec Marilyn, m’explique avec un ex dĂ©guisĂ© en Superman, Ă©tanche ma soif avec Pocahontas, bavarde avec mon ami Arsène Lupin, m’enivre avec Sainte Pucelle Blanche Neige, plaisante avec un PĂ©nis gĂ©ant, vide Ă nouveau mon verre avec Elvis et me fait contrĂ´ler par Sandro, agent de police. L’après pour ĂŞtre sincère, je ne m’en souviens plus.
Tout ce que je sais, c’est que les deux heures que je m’Ă©tais fixĂ©es avaient Ă©tĂ© très largement dĂ©passĂ©es et qu’un gentil jeune homme m’avait raccompagnĂ©e. Mais les gens sont toujours lĂ pour vous rappeler votre magnifique performance de fille complètement dĂ©chirĂ©e. Au rĂ©veil, je me suis jurĂ©e de plus jamais me faire entraĂ®ner dans de telles soirĂ©es.
HĂ©las, il y a quelques mois, je fus Ă nouveau conviĂ©e Ă une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e ayant pour thème : les annĂ©es 50-60. Je ne pouvais pas refuser, c’Ă©tait l’anniversaire d’un ami proche. Cette fois-ci, n’ayant pas envie de me retrouver dans un magasin de farces et attrapes, entre un hippie et un Beatles, j’avais dĂ©cidĂ© de porter une robe ample, resserrĂ©e Ă la taille, une fourrure, de hauts talons et un fume-cigarette.
J’entends sonner. Ce sont les filles qui viennent me chercher. Je prends mon sac, mes clĂ©s (et mon courage Ă deux mains ?). On dĂ©cide d’y aller Ă pied Ă©tant donnĂ© la proximitĂ© et le taux d’alcool qui promet d’ĂŞtre Ă©levĂ© en fin de soirĂ©e. Je fais 100 mètres, et tire une conclusion peu reluisante de ma personne : “Je ressemble aux grosses catins qui ont accueilli les soldats amĂ©ricains après le dĂ©barquement“. Un gros doute m’envahit. J’assume ? Ou je rentre me changer ?
“Mais n’importe quoi Bang. ArrĂŞte de raconter des conneries, on est dĂ©jĂ en retard.“ Ok, j’abdique, j’assume. Elles ont sĂ»rement raison. 300 mètres plus loin, je dĂ©cide (Ă contrecĹ“ur) de rĂ©ellement rentrer dans la peau du personnage : “Attendez les filles, je vais mettre mes talons… on est presque arrivĂ©es alors… les filles ? Attendez-moi !” Elles sont dĂ©jĂ au bout de la rue et je continue Ă m’Ă©poumoner sur le trottoir, une froide nuit de dĂ©cembre : ” B, L ! Attendez-moiiiiiii !”
Dans ce laps de temps, j’ai eu le droit Ă deux “bonsoir“, d’hommes assez mĂ»rs, voire Ă la limite de la pĂ©remption. Trois coups de klaxon et un reluquage complet. Non Bang, tu ne ressembles pas Ă une gourgandine. Non Bang, tes AMIES t’ont dit que tu ne ressemblais pas Ă une putain.
Puis je sens une voiture s’arrĂŞter derrière moi. ExaspĂ©rĂ©e, je me retourne et commence Ă gueuler “Non, je ne suis pas une pu… Bonsoir.”
- Bonsoir mademoiselle, Police du –ème arrondissement, tout se passe comme vous le souhaitez ?
Je sens un brin d’humour, mais bon… j’aurais volontiers pardonnĂ© Ă ce sympathique policier (l’uniforme certainement) s’il n’avait pas rajoutĂ© :
- On peut savoir ce que vous faites exactement… sur la voie publique… A cette heure-lĂ ?
Traduction : Écoute-moi bien, le racolage est interdit de jour comme de nuit, alors tu vas me faire le plaisir de bouger ta carcasse de fille dépravée, merci.
- Je dois me rendre Ă une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e, juste au coin de la rue ****** “.
Bang, aie l’air plus convaincante sinon ils vont t’embarquer…
- Je… mettais la touche finale, des talons vintage et je, je…
C’est bon ils sourient. N’en dis pas plus. Et souris. Non, pas un sourire de catin. VoilĂ . Un beau sourire gĂŞnĂ©, les mecs aiment ça.
- Vous voulez que l’on vous dĂ©pose dans ce cas ?
Et voilĂ comment je me suis retrouvĂ©e Ă bord d’une voiture de police Ă destination d’une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e qui fut, et j’en fus le serment, la dernière Ă laquelle je participais. Avant la prochaine.
(cc) Shirin K. A. Winiger
posté le 10/07/2009 | 3266 vues | 11 commentaires | tags: loup déguisement Marie-Antoinette police alcool soirée | 3 ont aimé
j’aimerais trop faire une soirĂ©e dĂ©guisĂ©e!! ça a l’air Ă©norme….
Mais sinon ma prof de danse a toujours des supers idĂ©es de costume du style: bustier en haut et……bustier en minijupe( ras la choupinette)pour le bas…et des tuyaux pour les bras….c’est comme ça que je me suis retrouvĂ©e dans la rue avec mes congĂ©nères Ă faire sĂ©cher la peinture argent sur mes tuyaux, pieds nus, en fluokid pupute….lĂ aussi la police a ralenti^^
lol, très drĂ´le, ton article… ça me donne envie d’en organiser une.
Et en Michael jackson, non ? :)
Mouhahahaha !
ouh la, ça c’est dur…..comment faire pour le nez? non parce que MJ avant, il Ă©tait beau, et tout le monde sait Ă quel point je l’idĂ´latrais mais bon, soyons honnĂŞtes…physiquement c’Ă©tait pas devenu le top!
@ Mely : oui c’est vrai :)
Mais je dis ça surtout parce que samedi soir, Bang et moi on a vu un mec dĂ©guisĂ© en MJ dans un bar. Mais genre “normal j’suis dĂ©guisĂ© en michael”. c’Ă©tait un hommage rĂ©ellement super cheap. Mais bon, vu que la musique Ă©tait assaisonnĂ©e Ă 80% de Michael, il a du se sentir pas mal ambiancĂ© le bougre…
@Bang, j’adore l’histoire. Ca me rappelle la Boum (oui, bon, quoi?), après un pari, les filles se retrouvaient dans la mĂŞme situation.
Je suis fan des soirĂ©es dĂ©guisĂ©es, ma dernière avait pour thème les annĂ©es disco : perruque afro, robe Ă paillettes, c’Ă©tait trop bon!
@loou: ok d’accord…mais t’as pas vu l’hommage que j’ai vu place clĂ©menceau Ă Pau….trois mecs qui dansaient en tee shirt blanc, avec leur petit poste Ă piles^^ ça c’Ă©tait vraiment du grand art;)
Oh oui Louu, on se souviendra encore longtemps du MJ des grands boulevards
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