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25. mai 2012

Mot de passe oublié

coppelia

Après plusieurs semaines d’expĂ©riences torrides, il m’a demandĂ© si j’étais prĂŞte Ă  le rencontrer. Quelle question ! Je n’attendais que cela, j’avais l’impression d’être perdue en plein dĂ©sert et que l’on me propose de l’eau.

danslenoir.jpgEn parfait gentleman, une fois la date et le lieu (chez lui) fixĂ©s, il m’a donnĂ© toutes ses coordonnĂ©es afin d’informer des proches si je le souhaitais. Après tout je ne le connaissais pas, il pouvait ĂŞtre un psychopathe pour ce que j’en savais ! Je n’avais pas peur en rĂ©alitĂ©, j’avais une parfaite confiance en lui. Cependant, j’ai mis ma meilleure amie dans la confidence, c’est elle qui me dĂ©poserait. Nous avons prĂ©vu un code au cas oĂą.

Le rendez-vous était fixé un dimanche en fin de journée, les volets seraient fermés, nous étions convenus de nous rencontrer dans le noir.

Jour J, je passe la journée à me préparer. Bien entendu j’étais allée chez l’esthéticienne, faire poils nets. Epilation intégrale pour mon pubis, c’était mon trip à l’époque, depuis je me contente d’un joli petit ticket de métro, l’entretien était trop contraignant.

Je me suis gommée, hydratée sur l’ensemble du corps, parfumée légèrement. J’ai discipliné ma tignasse, me suis maquillée juste ce qu’il fallait. Les yeux surtout, il faut que ça tienne jusqu’au lendemain matin tout de même !

Des sous-vêtements noirs, selon ses instructions. Soutien-gorge balconnet en dentelle et string échancré assorti. Une robe fluide, imprimée noire et blanche, en crêpe. Décolletée en V devant et derrière, s’arrêtant aux genoux et qui épouse parfaitement ma silhouette. C’est le must de ma penderie pour montrer ce qu’il faut et suggérer tout le reste. Des sandales noires, hautes à lanières nouées sur la cheville. Le mollet galbé, la jambe allongée. Je suis prête.

A l’heure prévue, mon amie vient me chercher et nous partons en direction de la banlieue parisienne. J’ai les mains moites, mon cœur bat la chamade. Ça y est, je vais enfin le voir. Et si j’étais déçue ? Et si les choses ne se passent pas comme nous l’espérions ? Si nous ne nous entendons pas physiquement ? Autant de questions qui me passent par la tête tandis que la voiture me rapproche de l’inéluctable.

Devant le portail, portable scotché à l’oreille, je compose le code qu’il me dicte. Je rentre dans la résidence. Mon cœur bat à tout rompre, j’ai des bouffées de chaleur. Mais qu’est ce que je suis en train de faire ? Je pénètre dans l’immeuble, suivant toujours ses indications. L’étage, le couloir, je suis devant son appartement. La porte est entr’ouverte. Je la pousse et le noir m’éblouit. Une entrée, ma main se plaque sur le mur afin de poursuivre mon avancée. Tourner à gauche, deuxième porte à droite. Je rentre dans la chambre, mes jambes flageolent, ma respiration est saccadée. Je n’y vois strictement rien.

- Il y a un fauteuil Ă  votre droite.

Je m’y affale du mieux possible, manquant de buter contre un objet que je n’identifie pas.

- Comment vous-sentez-vous ?

- Flippée… excitée également.

- Je vous vois, enfin je vous devine, votre silhouette, vos jambes…

- Moi non, je ne vois rien.

- Je suis assis sur le lit… voulez-vous du champagne ?

- Avec plaisir.

Pendant qu’il me sert, j’entends tinter les verres, bouger les glaçons sans doute dans un seau. Mes yeux s’accoutument peu à peu à l’obscurité, je le discerne sur ma droite. Il a l’air de ressembler aux photos, je suis soulagée, c’est bien lui. De toutes les manières j’avais reconnu sa voix. Il me tend une flûte pleine, nous trinquons.

- Vous êtes telle que votre description, telle que je l’imaginais.

- Qu’imaginiez-vous ?

- Rien de moins que vous.

- Puis-je ôter mes chaussures ?

- Je vous en prie.

Les lanières me tuent les chevilles, je les enlève. Je sens son regard suivre le moindre de mes mouvements. Je suis en représentation, essayant de mettre du sexy dans mes gestes. Je croise mes chevilles loin devant moi, tendant les pieds comme une danseuse. Ma robe telle une seconde peau, le décolleté laissant voir le bombé de mes seins.

- Dîtes-moi ce que vous ressentez à présent.

- Je suis rassurée, vous ne m’avez pas tendu de piège… pour l’instant !

- Il n’en était pas question, mais je comprends votre légitime appréhension, après tout vous ne me connaissez pas.

- En effet.

Mon téléphone sonne à ce moment-là, mon amie qui vient aux nouvelles. Utilisant notre code je lui confirme que tout va bien.

- Je vois que vous avez pris vos précautions.

- Oui, on n’est jamais trop prudente.

- Je trinque à vous, à cette rencontre, à cette nuit qui nous attend…

- A nous !

- Vous voulez me rejoindre ?

Je me lève, contourne le seau à champagne et m’assied à ses côtés. Nous nous regardons un moment, nous devinant, humant chacun l’odeur de l’autre. J’aime la sienne : mélange de propre et de mâle. Du musc peut-être, très léger.

Il se penche vers moi, m’enlace et m’embrasse. Ses lèvres effleurent les miennes, sa langue s’immisce doucement, il visite. Son baiser est doux mais ardent. J’y réponds en sentant monter en moi une chaleur bienheureuse. Je me livre à sa bouche. Nous devenons gourmands, avides. Il m’allonge et continue son exploration avec sa langue. Elle est chaude, puissante, volontaire. Je le mange, lui mordille les lèvres, avant de replonger.

Ce baiser nous laisse essoufflés, étonnés de nous répondre avec autant de facilité. C’est le mot. Tout me semble facile, évident, avec lui. Depuis le début de nos échanges et encore maintenant. Il me caresse, ses mains sont légères, câlines. Elles descendent le long de mes hanches, sur mes cuisses, mes jambes.

- Vous avez une peau extrêmement douce, c’est impressionnant. Je n’ai jamais vu cela !

- Ca vous plaît ?

- Bien plus encore…

Il baisse les bretelles de ma robe le long de mes bras. Il embrasse la naissance de mes seins, mon cou, mes épaules. Il me respire. Je passe la main dans ses cheveux, je le veux déjà, je me retiens, je veux profiter de tout.

- Déshabillez-vous !

Je me redresse et à genoux sur le lit, m’exécute. Ses yeux ne me lâchent pas tandis que j’attrape le bas de ma robe pou la faire glisser par-dessus ma tête. Lentement, consciente de son regard sur moi, de son désir. Il est tendu, dans l’attente de la découverte de mon corps, je le sens, je le sais. Une fois en sous-vêtements, je le fixe.

Nous évoluons dans une pénombre due à l’unique rai de soleil traversant un des rails des stores. Je ne vois pas la couleur de ses yeux, mais je ressens l’intensité de son regard. Il ne voit pas le détail de mon grain de peau, mais mon physique s’offre à lui. Son attention est amusante. Quelque part il me jauge mais je me sens flattée. Je suis sûre de moi, je me sens belle, désirable et manifestement désirée.

- Vous êtes splendide, laissez-moi vous découvrir encore, retournez-vous.

Je lui présente mon dos, ma cambrure, mes fesses… Elles l’attirent. Il a un faible pour la croupe, la chute de reins, la fluidité des lignes. J’entends son souffle, plus enlevé, presque saccadé.

- Dites-moi…

- J’aime ce que je vois, j’aime beaucoup. L’esthète que je suis est comblé, merci.

- Merci ?

- D’être aussi désirable, la réalité est encore plus prometteuse que l’imagination, vous me faites bander.

 (cc) Gabby DC

 

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Derniers commentaires

 

Quelle jolie suite… Mais il aurait Ă©tĂ© plus charmant d’y ajouter ne serait-ce qu’une bougie, pour explorer les diffĂ©rentes parties du corps dĂ©sirĂ©…


 

Naaannn!!! Juste avec le rai de lumière du store c’Ă©tait bon! On dĂ©couvrait nos corps dans cette pĂ©nombre, c’Ă©tait suffisant.


 

ça sent le bon souvenir…..juste ce qu’il faut de description….pour laisser deviner…j’aime


 

Ouahou merveilleux récit


 

Holala, très tentant comme expérience !!

Mais pourquoi faut-il qu’il te vouvoie ??? je trouve ça d’un pompeux :s pas du tout excitant pour moi : le noir ne devait-il pas instaurer une complicitĂ© qui Ă©vacuait toute distance ?? une parenthèse enchantĂ©e… (j’adore cette expression en ce moment :p) ?


 

@druuna : c’est tout le charme de notre relation, le temps qu’elle a durĂ©. Nous nous sommes toujours vouvoyĂ©, cela donnait un certain mystère Ă  chaque fois. Ce n’Ă©tait pas pompeux et ne procurait pas de distance, au contraire. En revanche, pendant nos Ă©bats ou nos diffĂ©rents Ă©changes coquins par tĂ©lĂ©phone, le “tu” Ă©tait de rigueur, avant de revenir Ă  ce “vous” si dĂ©licieux.


 

Humm, tu nous racontes la suite ?


 

C’est prĂ©vu, mais la nuit a Ă©tĂ© longue et chaud, donc je vais peut-ĂŞtre attendre la sexe room de LR pour y poster la suite…


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