Youpi, c’est les vacances (enfin, pas trop pour moi, encore deux mois…). Vive le cerveau ramollo, les lectures ineptes de presse people et les tests à la noix de Cosmopolitan sur la serviette avec les copines, tandis que Mamour fait joujou dans les vagues ou matent les bombes en string…
Et que seraient les vacances d’été avec le cerveau ramollo sans les tubes de l’été ? Depuis que la musique est devenue une production industrielle, toutes les maisons de disques ont tenté de lancer sur les radios la chanson qui symbolisera votre premier flirt, vos premières approches au Club Med… Bref, le tube de l’été est fait pour vous farcir le reste de cerveau qui vous reste.
En règle générale, le tube de l’été a deux composantes :
- Des paroles simplistes compréhensibles par tout le monde. Même dans une langue inconnue (genre le quechua), il est interdit de faire mention à Heidegger dans un tube de l’été, sous peine de faire un gros four. En gros, les paroles tournent soit autour des amours de vacances, soit autour des nuits chaudes et endiablées en boîte de nuit. Le jour où vous croiserez un tube de l’été qui parlera de la crise financière ou de la guerre au Darfour, faites-moi signe.
- Une mélodie comme les paroles : simplifiée. Même le jazz devient simpliste quand il est joué dans un piano-bar au bord de la plage (je renvoie de fait au Wave de Tom Jobim que j’ai déjà mentionné dans un autre papier). La musique électro-expérimentale et les harmonies chiadées sont donc à exclure. Ben oui, il faut bien que les surfeurs-guitaristes puissent la jouer au coin du feu !
Il y a donc deux avatars de tubes de l’été :
La chanson de l’été
Présente depuis le début des années 1960 et l’industrialisation de la musique, la chanson de l’été évoque, à ses débuts, les amours de vacances qui naissent sur le bord de la plage. À mesure que la société s’est « libérée » et sexualisée, la chanson de l’été est devenue plus dansante, plus rythmée, plus propice à la drague…
- François Deguelt, Le ciel, le soleil et la mer (premier tube officiel de l’été en 1962. Évoquez cette chanson avec vos parents ou vos grand-parents : c’est peut-être là -dessus qu’ils se sont rencontrés. C’est en effet la première chanson française populaire qui parle de soleil, d’amour et de vacances… Bref, même ringarde, cette chanson symbolise à jamais l’été)
- Christophe, Aline (Toujours dans la même veine des années 1960, c’est simpliste, mais je parie qu’encore aujourd’hui, je ne connais personne qui ne l’a pas déjà écoutée… Et puis rendons hommage à Christophe, qui revient en verve depuis quelques années…)
- Jean-François Michaël, Adieu jolie Candy (Non, ça c’est juste pour rendre hommage à ma maman. C’est la chanson de son premier flirt… Séquence émotion. Mais avouez quand même que c’est super-ringard. Autre temps, autres mÅ“urs… Et dire que la première fois que j’ai failli pécho, c’était sur Maldon de Zouk Machine…)
- Joe Dassin, L’été indien (Les années 1970, comme les années 1960, donnaient la part belle aux slows langoureux qu’on écoutait main dans la main en regardant le soleil se coucher au-dessus de la mer. Et quoi de mieux que L’été indien pour symboliser l’amour perdu que l’on n’oubliera jamais… Enfin, on croit…)
- Lionel Richie, All night long (Voici les années 1980. Après le disco et Saturday night fever, il est nécessaire de savoir danser pour espérer pécho quelque chose… une sacrée révolution).
- Les Négresses Vertes, Voilà l’été (Pendant ce temps, des irréductibles restés dans les rues de Paname l’été essayent de mettre de la joie au cÅ“ur de ceux qui n’ont pas pu se payer des vacances. Ambiance bodéga à la capitale…)
- William Baldé, Rayon de soleil (Dernier avatar de la chanson de l’été, William Baldé, qui vient du métro, y est retourné fissa. Car oui, il faut savoir que, qui dit tube de l’été dit célébrité saisonnière… En gros, tu auras du mal à avoir des perspectives de carrière pour l’hiver).
- David Tavare, Hot Summer Night (Comme l’indique le titre, cela se danse la nuit, l’été et quand il fait chaud. Donc difficile de passer cela en boîte de nuit un 1er novembre sous nos latitudes…)
Ce dernier morceau est une subtile transition pour le deuxième avatar de tube de l’été…
La danse de l’été
D’abord apanage des Club Meds et autres centres de vacances, la danse de l’été est arrivée sur le marché depuis 1989 par l’intermédiaire de grands groupes industriels (une boisson gazeuse qu’il faut secouer pour ne pas nommer). Depuis, j’ai dû me taper toutes les chorégraphies de l’été pour que ma mère puisse faire quelque chose avec ses élèves pour le Téléthon. Chouette ^^
- Kaoma, Lambada (Ladite chanson financée par ledit groupe industriel en 1989. J’avais 6 ans à l’époque, ma sÅ“ur 10 ans… Et nous donnions toutes les deux des cours pour danser la Lambada, véridique ^^)
- Charles Lewis, Soca dance (Il fallait bien pérenniser le succès de la Lambada en 1990… C’est pourquoi TF1 et France 2 ont assuré pendant des années les Tubes et les Chorégraphies de l’été. Quand je pense qu’ils se sont cassés la tête à chercher des trucs en Afrique et aux Caraïbes… Donc Charles Lewis a bénéficié de cette vogue avec sa danse qui se danse comme une chenille…)
- Yannick Noah, Saga Africa (Comme sa carrière tombait un peu à l’eau en 1991, Yannick Noah a ainsi tenté sa reconversion. Il a mis du temps – 10 ans, exactement – pour que cela s’avère payant… Mais c’est vrai qu’on s’est légèrement foutu de sa gueule à cause de ce titre… Heureusement, Yannick l’a pris au 27e degré).
- Wes, Alane (Attention, là , on commence les vraies chorégraphies, c’est-à -dire celles avec lesquelles tu frimes en soirée quand tu sais danser. C’est aussi la période de gloire de Mia Frye, qui a chorégraphié bon nombre de tubes de l’été…)
- Pata pata (En 1997, pour contrer TF1 et Wes, M6 balance cette reprise d’un tube des années 1960 avec une choré tellement compliquée que même moi, je ne m’en souviens plus… Donc un petit four)
- Nomads, Yakalélo (Mouture 1998 de la danse de l’été par TF1. Là aussi, si tu savais la danser, tu frimais. La preuve : combien de fois ma sÅ“ur, ma cousine et moi, étions les stars des soirées avec ce genre de choré…)
- Los del Mar, Macarena (Tube mondial en 1998, dansée par Bill Clinton pendant la campagne présidentielle américaine de 2000 pour Al Gore, je n’ai jamais connu une danse de l’été aussi fédératrice, en témoigne les 250 personnes qui l’ont dansée avec moi lors de mon Nouvel An à Zagreb en 2007)
- Felicidad, Dam dam deo (Il est parfois des danses de l’été que l’on oublie une fois l’automne venu. C’est le cas de cette valeureuse chanson…)
- Carrapicho, Tic tic tac (Rapportée de la forêt amazonienne par Patrick Bruel revenant du tournage du film Le Jaguar, cette chorégraphie était à déconseiller à tous ceux qui souffraient des genoux. Alors que ce tube a résonné en France en 1997, je l’ai retrouvé trois ans plus tard en Allemagne… d’où la version que je vous livre)
- Ricky Martin, (Un, dos, tres) Maria (On remarquera que les chorégraphies de l’été en espagnol/portugais font recette. C’est avec ce déhanchement que s’est fait connaître ce sémillant Porto-ricain à la sexualité toujours pas affirmée, et qui préfère aujourd’hui s’occuper de ses jumeaux)
- King Africa, La Bomba (Chorégraphie du camping de Hourtin-plage en 2001, il fallut attendre 2003 pour qu’elle devienne officiellement chorégraphie de l’été…)
- Las Ketchup, Ketchup song (Asereje) (Dernière chorégraphie officielle de l’été 2002, c’est là où on s’est dit que le filon était peut-être épuisé…)
Cet été encore, chantez, dansez, embrassez qui vous voudrez…
(cc) Criss!
Â
posté le 06/07/2009 | 3100 vues | 6 commentaires | tags: tube plage danse chanson été musique
Entre autres, Etienne Daho, alias Bashung ;-)… au point de confondre ces deux grands philosophes. ARRghhh…
Certes. Mais moi, même en été, je suis branchée sur Ouï et Nova. Mais bientôt plus sur Nova, parce que Ouï, depuis le rachat d’Arthur, il y a une grosse baisse de niveau…
Storia, tu parles à une native de la Réunion, chez moi, c’est Chérie FM, NRJ ou Freedom, ya aussi France Inter. Et puis, d’autres radio locales… Ouï et Nova, je connais pas, snifff!!! Arthur, bien sûr, on connaît. Je comprends la baisse de niveau, je compatis.
Et alors ? http://www.ouifm.fr + http://www.novaplanet.com. Tu n’as aucune excuse. J’écoutais Ouï dans ma cambrousse bretonne, alors qu’il n’émettait qu’à Paris ^^
alors moi je les fredonne bêtement à cause de tout ce lavage de cerveau….Mais alors, celui que je déteste le plus…Mais alors à qui je criais ” Ta gueule!!!” c’est William Baldé….
Tout m’énerve, les paroles, la musique, sa voix TOUT!!!
Je sais pas pourquoi, vous me direz “y’a pire” mais c’est physique!
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