Les filles, j’ai rencontrĂ© il y a deux jours quelqu’un que je connaissais dĂ©jĂ , sans la voir vraiment. Une femme. J’espère que je vais la rencontrer en moi , aussi, cette femme, un jour. Parce que cette femme, c’est une mère. Une guerrière. Une rescapĂ©e. Une femme douce et forte. Jeune et mâture. Accomplie et en recherche d’elle-mĂŞme. Une femme comme on aimerait en ĂŞtre, et en voir plus souvent.
Cette femme, je ne la connaissais pas. Je la voyais, je l’entendais rire, parler, dire ses projets. Je ne connaissais pas son passĂ©, je ne voyais pas Ă quel point elle le portait. Cette femme, je l’appellerai ” V “. ” V “, comme “Victoire”, comme ” Vendetta sur la vie “. ” V ” comme « Va te faire voir… », ” V ” comme ” Vraie “.
Je la voyais passer dans la cour de mon école, je la voyais accompagner ses enfants, leur sourire tendrement, les encourager à l’opiniâtreté, les pousser, tout en les protégeant. A la voir, petite, jolie, les traits lisses, le regard, la bouche souriants, on ne dirait jamais quel enfer elle a pu traverser. Là , elle avait rencontré le diable en Personne (Négative).
Elle était jeune, encore plus encore qu’aujourd’hui. Lui aussi, mais le manque de valeur n’attend pas le nombre des années, faut croire ; elle a eu un enfant de lui, mais elle a réussi à fuir. A ses coups, elle répondait par des coups de gueule, à ses manipulations, elle a répondu par la franchise. Elle a eu peur longtemps. Peur de le voir débarquer chez elle, peur de le voir derrière son épaule, prêt à la frapper, peur qu’il lui enlève son petit. Peur de ne pas savoir le raisonner (ça, aucune ne pourrait). Elle en parle encore, après dix-huit ans. Elle vit aujourd’hui une histoire qui dure depuis dix ans avec un homme aimant dont elle a deux enfants.
Parfois, j’ai l’impression que tout ça n’est que de la masturbation intellectuelle, une sorte de complaisance à entretenir le mythe du PN pour se faire plaindre. Mais il y a les traces, physiques, qu’ils auront laissées, pourtant, les plus profondes sont celles qu’on ne voit pas.
Parfois, je me sens coupable, coupable d’en parler autant, d’étaler ma peine comme on hisse un étendard. L’avantage ici, c’est que personne ne sait qui je suis. Dans ma vie, je m’étale aussi parfois. J’en ai besoin. Pas pour me rendre intéressante (il y a quand même d’autres sujets), mais d’abord, parce que je me demande encore pourquoi. Pourquoi veulent-ils rabaisser, blesser, posséder, salir ? Ensuite, je culpabilise aussi d’avoir été aussi conne. Je sais que c’est dû en partie à mon éducation, ma manière de vouloir que tout le monde m’aime, d’entrer dans le désir de l’autre, sans penser à moi-même. Et j’en veux aussi à l’autre de ne pas faire pareil.
Tout ça parce qu’on m’a élevée ainsi. Mais la faute à qui ? A ma mère ? Non, elle-même elle est ainsi. A ma grand-mère ? Non, faut chercher encore plus loin, sans doute. Je n’ai pas de fille à qui transmettre cela. Je me soigne pour que Tibou n’ait pas cet héritage.
Mais j’y repense encore, à mon PN, je connais la liste de ses dernières victimes. Je ne suis pas la seule. Et chacune lutte à sa façon. Parfois, je me dis que cela ne finira jamais. Parfois, je me dis que c’est déjà fini. C’est moi qui gagne, puisque lui essaie encore de me toucher, quand il le peut, rien que pour me prouver qu’il a encore du pouvoir sur ma vie. Il passe par là où ça fait mal. Il ne sera heureux que lorsqu’il me verra bouffer des pissenlits par la racine. Et là encore, il me cracherait dessus. (Ben oui, Aud, eux aussi ont des litres – et des hectolitres Smile ! – de salive ; certains de ceux-là préféreraient vous voir morte plutôt qu’heureuse sans eux). Je ne veux pas oublier, mais passer à autre chose.
Je ne sais pas comment lui régler son compte (symboliquement pour moi, bien sûr !). Mais je sens que le stylo c’est pas mal. La rature lui va bien, c’est un « Mistertake » (ce n’est pas moi la « Miss Taked », la “Mistake”, merci L !). On apprend toujours de ses erreurs, j’ai appris, c’est passé.
La suite, s’il vous plaît ! Ce serait là ma meilleure vengeance. Appelez-moi V.
“V” comme… en Vie.
(cc) C1ssou
posté le 04/07/2009 | 743 vues | 14 commentaires | tags: pervers narcissique rupture relation A deux amour | une personne a aimé
Merci Smile, j’avais oubliĂ© le titre, quand tu l’as lu, dĂ©solĂ©e. Je me promène toujours avc un stylo et un vieux cahier, maintenant. Le stylo ne me sert pas forcĂ©ment Ă raturer, mais surtout Ă Ă©crire de nouvelles pages, les ratures se noient sous le nombre des autres mots. Je vais essayer de moins en parler, de mon PN, il faut que je l’amoindrisse, que je le rapetisse, que je lui donne la taille qu’il doit avoir, celle d’un pas grand chose dont je n’ai pas grand chose Ă faire, e fin de compte. Qu’il s’amuse. S’il dĂ©passe les bornes, j’aurai recours Ă la justice, aux flics, et cette fois, sans hĂ©siter. Comme qulequ’un que je connais, qui a su s’y prendre pour remettre son harceleur Ă sa place.
@Lili-Mai : Tu me rappelles ma maman, en ce moment en pleine procĂ©dure de divorce après 30 ans de mariage. Elle se plaint car elle craint de tout perdre (SA maison va ĂŞtre vendue, car mon père a aussi participĂ© aux travaux. Comme ils se sont mariĂ©s sous le rĂ©gime de la communautĂ©, mon père, dĂ©pressif, en profite bien…). Elle va mettre du temps Ă se remettre du harcèlement moral qu’elle a subi (et que j’ai subi aussi). Elle va mettre du temps Ă oublier ces trente ans. Elle va mettre du temps Ă voir que, malgrĂ© tout, elle a rĂ©ussi Ă Ă©lever ses filles. Elle va mettre du temps avant de redevenir heureuse. On l’aidera dans ce chemin.
Storia, Moi, je n’ai vĂ©cu que 3 ans aux cĂ´tĂ©s d’un PN. Ce qui m’a Ă©normĂ©ment aidĂ©e, c’est d’avoir Ă©tĂ© Ă©paulĂ©e, c’est vrai. Mais plus encore, j’ai eu la chance de tomber sur un psy formidable qui m’a permis de faire le chemin plus vite. Et je n’en suis pas encore sortie, je le sais.
Si elle n’y est pas allergique (comme l’est ma mère qui pense qu’un psy c’est pour les fous - mais ça, c’est une question de gĂ©nĂ©ration ou d’Ă©ducation) ce serait bien qu’elle puisse en parler avec qqun d’objectif qui lui permettra de se voir vraiment comme elle est. Parce que ton estime de soi en prend en sacrĂ© coup, après le PN.
Courage Ă ta maman, elle aura l’impression d’avoir des ailes, bientĂ´t. Le danger, c’est qu’elle tombe entre les pattes d’un autre PN (on a tendance Ă refaire le mĂŞm schĂ©ma, au dĂ©but), ou d’un manipulateur.
Mon père n’est pas un PN, c’est pire que ça. Il y a pire que le PN. Il y a le maniaco-dĂ©pressif qui s’ignore.
HĂ©las, le panel des malades est assez large… Je ne sais pas le quel est le pire, on ne va pas comparer, le PN, c’est une sorte de sadique qui ne s’ignore pas. Ce qui le fait jouir, c’est de rabaisser. Le maniaco-dĂ©pressif, lui, j’imagine que ça doit pas ĂŞtre trop mal non plus, dans le genre “je torture aussi, je me torture, je n’y peux rien, la vie est moche pas de raison pour que mon entourage ne la voit pas comme moi, on va le leur faire voir Ă coups de chantages, de manipulations (mais je ne le conçois pas comme ça, moi!), de “je suis le plus malheureux”. Je n peux qu’imaginer. Je me rĂ©pète : bon courage. Le psy, pense-y (si ça n’est pas dĂ©jĂ fait).
C’est dĂ©jĂ fait. Depuis bien longtemps. Maintenant, elle a prĂ©fĂ©rĂ© attendre que ma soeur et moi soyons sorties d’affaire et que nous serions susceptibles de l’aider financièrement. Pas mauvais calcul. Mais c’est clair qu’elle est dĂ©truite.
Elle est en bas, mais elle ne peut pas ĂŞtre dĂ©truite complètement, elle va s’en remettre, d’autant qu’elle vous a, toi et ta soeur. Elle avancera. A sa façon, elle apprendra qu’elle ne peut pas se reposer entièrement sur ses filles. Je ne suis personne pour lancer des diagnostiques, mais je sais que mĂŞme si c’est dur de se relever, après, on se sent forte. D’avoir pris des coups, on dĂ©couvre la douleur, mais on est aussi plus clairvoyante. Il faut du temps, c’est tout. Perdre sa maison, sa vie, c’est dur, mais avec le recul elle le verra comme un nouveau dĂ©part. Ce que tu racontes me touche, courage Ă toi. Ma mère nous a Ă©levĂ©es aussi toute seule, ma soeur et moi. Pas facile pour elle, mais elle bosse, elle s’occupe aussi de sa mère (qui a l’Alzheimer), elle fait du sport. Elle souffre d’ĂŞtre seule, mais elle est jeune encore, je croise les doigts. Ta mère se reconstruira autour de nouveaux objectifs, ils s’imposeront d’eux mĂŞmes.
Je connais ma maman. Heureusement qu’elle ne s’est jamais totalement soumise Ă son mari. Heureusement qu’elle a gardĂ© une vie sociale dĂ©bordante (c’est justement pour supporter son mariage qu’elle bosse jusque 22h et qu’elle sort au moins trois fois/semaine avec ses rĂ©unions d’associations). Heureusement qu’elle n’a jamais Ă©coutĂ© son mari quant Ă sa pratique religieuse. Heureusement qu’elle ne lui a pas confiĂ© notre Ă©ducation (de toutes façons, mon père rejette ma soeur, qui le lui rend bien). Mais mon père a quand mĂŞme fait courir des trucs un peu dĂ©gueulasse sur elle. En vĂ©ritĂ©, elle a attendu qu’il y ait des tĂ©moins extĂ©rieurs Ă la famille pour attester qu’il lui balançait bien des insultes Ă la gueule.
Ta mère est une femme forte, cela s’entend. Il paraĂ®t que je le suis aussi. Mas ça n’empĂŞche pas de souffrir et de se remettre en question. Surtout lorsqu’il y a manipulation, que la rumeur court. Mon ex racontait Ă qui veut l’entendre que je le trompais, et que c’Ă©tait pour ça que je l’avais quittĂ©. Dès que je m’habillais en robe, ou en jupe, ou lorsque je portais un dĂ©colletĂ©, il m’accusait de je ne sais quoi, me salissait, auprès de sa famille, de la mienne, de mes amis. Eux trouvaient que je m’habillais comme une mĂ©mĂ© ; je n’avais plus dans mon placard que des jupes longues, des robes informes; il rĂ©pète encore ses mensonges Ă qui veut l’entendre. Je me sens salie. Mais ça ne m’empĂŞche pas de ressortir mes pantalons et mes mini-jupes. Quand nous nous croisons, il balance un coup de tĂŞte en direction de mon dĂ©colletĂ© et lance un regard entendu Ă sa copine (qui est jalouse comme un pou). Je ne l’ai pas trompĂ©, mais j’aurai du. Tout ça pour te dire que les mensonges et les rumeurs, c’est une arme classique des manipulateurs. J’ai mĂŞme lu qu’ils finissaient par y croire vraiement parfois, (Marie-France Hirigoyen a pas mal Ă©crit sur le sujet) mĂŞme s’ils avaient fabriquĂ© leur accusations de toutes pièces. Pas facile, mais il ne faut surtout pas faire comme moi au dĂ©but et se laisser aller Ă la colère ; ça n’a servit Ă rien qu’Ă me faire passer (en plus) pour une hystĂ©rique (mais lĂ aussi, il avait des petits trucs pour qu’on me regarde comme une jeune maman dĂ©pressive). La façon de leur rendre la monnaie de leur pièce, c’est de vivre bien sans eux. De rĂ©pondre en riant Ă leurs accusations, et de les confondre devant une tierce personne, comme l’a fait ta maman. Je ne sais pas d’oĂą vient ce malaise chez certains (et chez certaines, il y a aussi des femmes, comme ça), mais je suis bien contente que ça soit derrière moi. Je ne me ferais plus avoir, je suis devenue experte en dĂ©pistage de manipulateurs. Je pense que tu ne dois pas ĂŞtre trop mal dotĂ©e dans ce sens toi aussi.
Non… Mon père Ă©tait vraiment persuadĂ© que ma mère le trompait, ne serait-ce qu’avec le directeur de l’Ă©cole oĂą elle enseigne. Personnellement, je ne dis rien, j’encaisse, mais le jour oĂą je frappe, ça fait mal. J’essaie d’avoir confiance en Tiny, mais je sais que le jour oĂą il m’interdira d’aller Ă la messe, ce sera la fin de mon couple.
lol, c’est drole comme ça, Ă lire, de l’extĂ©rieur, mais je sais ce que ça peut donner en vrai, et c’est assez effrayant. Mon ex ne pouvait pas s’imaginer que je puisse le quitter pour une autre raison que sa perversitĂ©, nos disputes, ses beoins incessants de me rabaisser devant les autres; il a fini par croire en ses mensonges, il s’imaginait que parce que je rentrais tard de mon boulot (ça allait ĂŞtre ma première inspection), je fricottais avec les mecs de l’Ă©quipe. Pour lui, je l’ai quittĂ© pour avoir le chmp libre. C’est ce qu’il rĂ©pète Ă qui veut l’entendre.
Mais non, Tiny ne t’interdira jamais d’aller Ă la messe. Parce que Tiny, tu l’as bien choisi diffĂ©rent de ton père, j’en suis sĂ»re. Il te laisse sans doute ĂŞtre toi mĂŞme, il n’est pas Ă l’affĂ»t de tes moindres gestes pour les critiquer et te descendre. Son but n’est pas de te manipuler.
Storia Giovanna : «J’essaie d’avoir confiance en Tiny, mais je sais que le jour où il m’interdira d’aller à la messe, ce sera la fin de mon couple »
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DĂ©esse du Ciel ! Notez, je suis plutĂ´t d’accord sur le principe : le mec qui m’interdira quelque chose n’est pas encore nĂ© ! M’enfin, s’il voulait m’interdire d’aller Ă la messe, je crois bien que …j’Ă©claterais surtout de rire !
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(tout bien rĂ©flĂ©chi, ça doit ĂŞtre un truc vachement bat, pour qu’on rompe avec un mec qui prĂ©tendrait vous l’interdire : c’est dit, faut que j’essaie ça tout de suite !)
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la suite, “V”, tu es entrain de la construire! tu le prĂ©pares ce bel avenir. quelqu’un m’a dit la vie est belle ; et c’est valable pr toi aussi!! on gère tous nos difficultĂ©s comme on peut; certains ont besoin d’en parler, d’autres ont besoin de se faire muet…. ni l’un ni l’autre n’a la vĂ©ritĂ©. Maitenant, par expĂ©riences, il a ceux avec qui tu vas choisir les sujets Ă partager car certains se rĂ©jouissent de ta dĂ©tresse (genre c’est toi qui les cherches les soucis; eux jamais!!); de mĂŞme il y a ceux avec qui il faut apprendre Ă moins se fermer car ils sont vraiment lĂ pr vous aider.
si les PN Ă©taient des Ă©critures, je suis bien d’accord avec toi qu’ils ne seraient que des “mistakes”. Pour les effacer on les rature. (on se rature jusqu’Ă la cicatrisation!) C’est bien pour ça qu’ils nous marquent autant.
Mais ce qu’ils ont oubliĂ© c’est que maintenant on est outillĂ© pr rendre les ratures moins visibles: il y a le blancot, l’effaceur…. ainsi la rature, notre cicatrice, est toujours lĂ mais beaucoup plus attĂ©nuĂ©e et avec cette nouvelle technologie, on peut mĂŞme réécrire au dessus de cette rature Ă©dulcorĂ©e (avec un stylo bic pr le blancot et un feutre bleu pr l’effaceur… Ă nous de choisir celui qui nous convient le mieux!!!) n’est ce pas ce que cette femme “V” rencontrĂ©e, t’a prouvĂ©,….mademoiselle V comme Vie. (ce serait un beau titre d’ailleurs!!!)