Ndlr : article sĂ©lectionnĂ© par Storia Giovanna durant la semaine de rĂ©daction en chefÂ
Enfants de divorcĂ©s : un week-end sur deux chez le père, qu’il le veuille ou pas c’est comme ça, le juge l’a dit.
Seulement le père il n’a pas de maison, il habite chez des “amis” : un couple avec deux enfants en bas âge. Alors quand ses trois adolescents arrivent, ça fait du monde. Peut-on dès lors ne pas se rendre compte de tout ?
Une bagarre de plus entre le frère et la sĹ“ur, pas la première, pas la dernière… Je suis Ă©nervĂ©e de tout ceci, je ne suis pas chez moi, je sors, je ne veux pas que ces inconnus me voient pleurer. Lui arrive pour me consoler me dit deux trois mots, me prend dans ses bras, je sens sa main sur mes fesses, je me fais des films… Mon père arrive, fin de l’Ă©treinte. On repart, mon père devant, lui qui met son bras autour de mes Ă©paules sa main se pose sur mon sein, je me fais des films…
Autres week-ends, je ne me fais plus de films, c’est bien ce que je croyais.  Je suis seule devant la tĂ©lĂ©. Il vient, s’assoit près de moi, passe sa main sous mon tee-shirt et me caresse le sein en toute impunitĂ©, comme si c’Ă©tait normal… Je ne trouve pas ça normal mais je ne peux pas rĂ©agir, personne ne le voit… Plusieurs fois et chaque fois je me tais, rĂ©frĂ©nant mes larmes Ă plus tard, Ă quand je serai seule.
Puis un soir ça va plus loin, je dors dans une chambre avec ma sĹ“ur, lits sĂ©parĂ©s. Il vient me souhaiter bonne nuit, il s’attarde, mes seins sont sa proie, puis pour la première fois, il descend entre mes jambes, je serre très fort les cuisses, il ne trouve pas l’accès, il me murmure quelque chose que je ne comprends pas ; puis sa bouche se plaque sur la mienne, sa langue cherchant Ă rentrer, je tiens bon. Il sort. Je pleure, pleure cette honte et ce dĂ©gout mais surtout je me hais de ne dire mot. Je ne veux pas que ma sĹ“ur m’entende, je sais qu’elle m’entend.
Ils parlent d’une grosse fĂŞte cet Ă©tĂ©. Je sais que si j’y suis, j’y passerais. Je n’y suis pas et ne le revois plus jamais.
Je n’en ai jamais parlĂ© ni Ă ma mère ni Ă mon père, ni Ă quiconque de ma famille d’ailleurs. Quinze ans que je vis avec ça, quinze ans que j’ai les nerfs contre moi, quinze ans que j’en veux Ă mon père de n’avoir rien vu. On me dit d’en parler Ă ma mère, non ça la tuerait.
Je n’ai pas de leçon de morale Ă donner mais si votre enfant se renferme du jour au lendemain, posez-vous des questions. J’avais treize ans je comprenais, je pouvais parler mais la culpabilitĂ© nous l’empĂŞche, alors soyez vigilants.
(cc)Kr. B.
posté le 29/06/2009 | 632 vues | 6 commentaires | tags: abus culpabilité viol adolescence famille
Tout comme Smile, ton tĂ©moignage m’a vraiment touchĂ© et tout comme smile, je suis de tout coeur avec toi et te souhaite tout le courage nĂ©cessaire dans cette Ă©preuve.
merci ! j’ai la chair de poule. Je pense a mon fils. J’ai envie de tuer. Si jamais quelqu’un osait le toucher, j’aimerai tellement ĂŞtre sure qu’il se sente le courage et la libertĂ© de me parler.
Et tu as raison, Ă moi (je suis solo alors je dis moi), d’ĂŞtre vigilante et attentive.
Je salue ton courage Emilie, et encore une fois merci !!!!!
Je vous remercie Ă toutes pour vos commentaires, ils me vont droit au coeur.
Courage, ça fait mal, trouver quelqu’un, un adulte, un mĂ©decin, un psy, qui sera neutre, Ă qui tu auras le courage de t’ouvrir, doucement, avec le temps, ou simplemnt, qui pourra faire pencher la balance du cĂ´tĂ© de la vĂ©ritĂ©. C’est peut-ĂŞtre dĂ©jĂ fait. Des amis ont vĂ©cu cela. pas moi, mais comme Magadit, j’ai un fils, un tout petit. On ne sait jamais ce qui peut arriver… Peut-ĂŞtre que cela fait longtemps que tu as vĂ©cu cela, mais ça reste, et Ă©crire, pour faire sortir, pour tĂ©moigner, ça aide. Tu es très touchante.
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Quel poignant tĂ©moignage! je comprends parfaitement ton silence aussi long! la culpabilitĂ© est si forte qu’on n’ose pas en parler. De plus on ne veut pas faire de mal aux gens qu’on aime. Mais tout ce que tu as vĂ©cu il faut que ça sorte. Il faut que le coupable reconnaisse sa faute ou en tout cas qu’il soit reconnu coupable et toi victime.ce qui s’est passĂ© ne peut pas ĂŞtre ignorĂ©!! courage.