Il était tôt mais je me préparais déjà à sortir. Arthur venait de m’appeler pour me demander la hauteur, en cm, de ma robe. Il était parti la veille pour Paris. Il me manquait déjà . Pourtant, je devais éloigner toute culpabilité pour sortir sans lui et penser à moi. Je rejoignais les filles et Christophe pour le vernissage d’un sculpteur, ami de Daphné, dans une ville toute proche. Arrivée dans la galerie, je retrouvais ma tribu, prés du bar. Ils me firent remarqués la présence de mon ami peintre. Amedeo se trouvait effectivement derrière moi. Nous étions séparés par une fine couche d’humains très snobes. Il était entouré de femmes, jeunes et élégantes. Je me retournais pour le voir mais je ne donnais aucun signe de ma présence. Mon corps me démangeais, je remuais les épaules en arrière, me grattais le coup. Mon cœur s’emballait. J’ai finalement sauté le pas après moult hésitations. Du genre, pourquoi raviver des sentiments alors que je suis en couple. Pour lui balancer à la figure comme une sorte de vengeance à la Montecristo, « regarde ce que je suis devenue !  » ou je l’étrangle avec mon écharpe over size rose. Je compte chaque pas qui me fait aller vers lui. Il fini par me voir et me fait un petit signe de la main. J’hésite à m’approcher mais je suis trop prés pour faire demi tour. Amedeo me balance « Toi ici ?! Comment vas? », il se tourne vers une brune à côté de lui pour continuer sa conversation. Je reste bouche bé devant ce comportement. Je lance un « sa va » agressif mais il continue à m’ignorer, j’ai l’impression de faire ce genre de cauchemar ou vous allez à l’école en pyjama et vous vous rendez compte de votre tenue dans la cour de récréation. Il daigne cependant me regarder et poursuit « tu sembles plus détendu ». Mon cerveau bouillonne je vais pouvoir lui balancé l’image de mon couple idéal en pleine tronche. Mais ce traître me prend de court tandis que la brune au sein trop parfait s’éclipse, il lance « je suis celib’ aujourd’hui ». Heu !!! Qu’est ce que j’en ai a foutre de son célibat ? Sérieusement. Mais pourquoi je viens de répondre « moi aussi ». Il m’amadou, le peintre mondain redeviens mon Amedeo, doucement et sournoisement. Je suis prise de panique. Fuir?  Mais je réponds « je te retrouve on dirait ». Il me fait sourire, il me fait rire…On parle comme si l’on venait de se quitter. Qu’est ce qu’elle était bonne l’époque ou nous étions amis. Je dois rejoindre les filles et Christophe pour sortir. Il m’embrasse, chaque baiser claque sur mes joues. « Plaisir partagé de te retrouver Laïsse».
Â
Il me rappelle le lendemain matin. On devait se retrouvait le soir pour boire un dernier verre avant son dĂ©part pour son expo Ă Bilbao. Le soir venu, personne au rendez vous mais avant que la haine contre lui me reprenne, il m’appelle et use de tout son charme pour que je passe chez lui. Il m’expliquera. Chez l’artiste, l’explication fut assez brouillonnes quoi que brèves : une affaire de valise. Amedeo est venu me chercher Ă l’arrĂŞt de bus sous la pluie. J’ai esquivĂ© tant que possible son regard. Mais une fois assise sur ce vieux sofa qui me manquait tant, je me suis sentie bien. Le vide que je ressentais dans ma vie depuis longtemps malgrĂ© l’amour d’Arthur se colmatait par sa seule prĂ©sence. J’ai refusĂ© tout verre d’alcool mais pas un bon carrĂ© de chocolat comme il avait l’habitude de me proposer. Il a fait l’idiot pour me faire rire, j’anticipais chaque un de ses gestes, je le connaissais par cĹ“ur. J’ai prit conscience que j’aimais trop sa prĂ©sence pour le perdre Ă nouveau. Je ne veux plus le perdre. En fin de soirĂ©e, il a insistĂ© pour dĂ©mĂŞler notre histoire. Il s’est escuser d’avoir donnĂ© des signes que j’aurais mal interprĂ©tĂ©. Il aurait dut mettre de la distance entre nous dĂ©s le dĂ©but. Je ne le regardais pas, je me cachais derrière mon foulard. Je n’aime pas la vĂ©ritĂ©. Il me regarde avec un drĂ´le d’air. La soirĂ©e continue malgrĂ© l’interlude « dĂ©broussaillage ». Il n’arrĂŞte pas de me toucher. Je lui parle « d’un type que je viens de rencontrer et qui compte dĂ©jĂ beaucoup ». Il continue dans sa lancĂ© et fait semblant de ne pas avoir entendu ce que je viens de dire « tu m’attires beaucoup, on fais quoi, on met du barbelĂ©s entre nous ?». Le mec Ă©claircit la situation une seconde avant et me dit que je l’attire trois secondes après. Je me lève pour partir, fatiguĂ©e par ce que je viens d’entendre mais pas fâchĂ©e. Amedeo me propose Ă deux reprises de dormir chez lui mais je refuse. Verdict : la situation reste ambiguĂ« et c’est sans doute le moteur de notre relation. Sur le chemin du retour, mon portable vibre et c’est bien sur Amedeo. Voici le rĂ©sultat de cette Ă©change qui se fini par un set gagnant pour l’artiste.
-Tu étais trop mimi ce soir, sa va être difficile de résister
- super soirée, je te promets de ne plus rien tenter, plus de bêtises
- c’est bon parfois les bêtises
- Amedeo…
- Laïsse ?
-oui
-oui ! On se revoit quand ?
-dans la semaine
Â
Il y a eu un autre rendez vous…Amedeo était beaucoup moins bavard et pas aussi attentif à moi que la fois précédente. Je pense qu’il se doutait que quelqu’un était dans ma vie. La soirée passée, j’ai finalement accepté de dormir chez lui. Mais il n’y avait toujours qu’un sofa. On s’est couché sans que rien ne se passe. Je me suis endormie avec une envi monstrueuse qu’il me touche. Toujours est –il qu’inconsciemment il ma pris la taille, j’ai prit sa main et les fait glisser partout sur mon corps en me déhanchant contre lui. Mais au moment ou les choses se précisèrent, il chuchota « tu es sur c’est encore le moment de reculer ». Totalement nu, j’ai préféré tout arrêter. Au petit matin, je les embrassais comme un ami, il ma tendu la main et je les attrapait et lâchait doucement comme on a des difficulté a quitter un amant. « Sa ne change rien à notre relation » m’a t’il dit avec un clin d’œil à la cow-boy. Pendant cette « rechute », je n’ai pas pensé une seconde à Arthur. J’écourtais nos appels. J’étais prête à le quitter pour Amedeo et à l’oublier. Seulement Amedeo ne m’a plus donné signe de vie et Arthur est rentré. Nous avons repris notre vie.
posté le 25/06/2009 | 202 vues | aucun commentaire
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