Fête de la musique

J’ai fêté la musique à Vincennes

Samedi, 80 ans de la boîte où j’ai été stagiaire pendant 6 mois en arrivant sur Paris. Je me suis donc rendue au 104 pour une journée sympathique, entre blagues de curetons et revendications coco (il faut savoir que ladite boîte ne conçoit pas le communisme et le christianisme comme antagonistes, puisque ce sont les éditions de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne).

Et durant cette journée, l’attachée de presse de la boîte – stagiaire en même temps que moi – me dit Giovanna, y’a Exsonvaldes qui joue demain à Vincennes. Tu viens ? Négociation avec Tiny pour savoir comment il envisageait fêter la musique, et nous voici partis au Château de Vincennes. Certes, il y avait aussi J.F. Zygel au Châtelet, Daniel Darc au Palais Royal, un gros plateau aux jardins de Bagatelle… Mais voilà, faut faire un choix.

J’arrive donc à Vincennes vers 14h40. Ambiance festival, même si c’est gratos : fouilles à l’entrée, décapsulage des bouteille d’eau… Une dame devant moi se plaint de cette dernière pratique. Ce à quoi, en bonne habituée des festivals, je lui réponds “La prochaine fois, cachez vos bouchons dans vos chaussures…” Et déjà, la musique résonne, c’est la fin du premier concert…

J’arrive donc à la toute fin du concert d’Aldebert, qui tourne avec son spectacle Enfantillages. En gros, à l’image des Ogres de Barback et de Manu Chao, les chanteurs français aiment de temps en temps rendre leur prose accessible aux tout-petits. Aldebert ne déroge pas à la règle, et le public de Vincennes s’en ressent : des papas qui tiennent leurs petites filles sur les épaules, sous les yeux extasiés de maman. J’arrive juste à temps pour la chanson Pas plus compliqué que ça, qui explique aux enfants comment on fait les bébés.

  • J’ai fêté la musique à VincennesJe me glisse ensuite au devant de la scène pour le concert d’Exsonvaldes. En effet, le concert étant organisé par la FNAC, et eux-mêmes vainqueurs du tremplin de la même enseigne, cela leur donne l’occasion de jouer devant un petit parterre de monde qu’il fallait convaincre. Première surprise : je ne les avais jamais entendu avec du gros son qui cogne. Martin, avec ses lunettes Pilote, ne revient même pas du son de sa batterie. Simon, quant à lui, réaccorde de temps en temps sa guitare, et regarde le public d’un air étonné. Bref, ça crache et je regrette que l’organisation n’ait pas prévu de bouchons d’oreilles. Débrief avec ma copine, l’attachée de presse, qui était à filmer en coulisses et qui maintenant pointait dans le JDD distribué gratuitement si on parlait de son chéri (à savoir Simon). Elle tourne court, Exsonvaldes étant attendu dans un autre endroit.
  • J’ai fêté la musique à VincennesVient ensuite Lisa Ekdahl, la Suédoise à la voix en sucre. Après s’être illustrée dans le jazz, la demoiselle souhaite désormais faire dans la pop. Ma copine, l’ayant vu en coulisses, la trouve très timide, mais sympathique. La première remarque que je peux faire, c’est qu’elle sait s’entourer : un pianiste qui fait aussi trompettiste, un guitariste jazz très cool, et des percussions très jolies – ou comment détourner un bodhran. Bref, un petit bonheur, comme cette version anglaise de L’aurore.

Tiny n’arrivant toujours pas, je m’abreuve en l’attendant, car Thomas VDB, comique rocker (que j’ai surpris dans les coulisses à faire de l’air guitar sur du Exsonvaldes ^^) et animateur de ce festival, nous le répète sans arrêt. Bonne nouvelle, je retrouve les gobelets comme à la Fête de l’Huma, pour éviter de joncher le sol de cadavres. Mauvaise nouvelle, ils débouchent même les bouteilles d’eau qu’ils vendent.

  • J’ai fêté la musique à VincennesJe retourne sur le site pour voir Émily Loizeau. Je la prenais pour une de ces cinglées expérimentales à la Émilie Simon ou Claire Diterzi (que j’ai vu en concert – très bien !). En vérité, c’est une folkeuse à la voix blues qui me conquiert, bien que sa tête de peste ne me revienne pas. Elle m’éblouit avec des chansons comme Fais battre ton tambour, À l’autre bout du monde ou encore Sister. Jolie découverte, comme l’a été celle de Claire Diterzi pour moi.
  • J’ai fêté la musique à VincennesTiny arrive enfin pour le concert d’Anis, le crooner de Cergy-Pontoise. Je sers mon homme tendrement dans mes bras et j’apprécie. Lui, un peu moins. Anis se paye le luxe d’inclure le featuring d’Oxmo Puccino. Tiny de demander Et pourquoi le Black, il chante pas ? Mon chéri, Oxmo Puccino est un rappeur ^^. Bref, les grands tubes d’Anis résonnent (Rodéo Boulevard, José, Cergy…) et le chanteur fait ce qu’il peut pour mettre l’ambiance face à un public en mutation. Je regrette seulement qu’il n’ait pas chanté Intégration. À la fin du concert, Tiny me demande quel est l’abruti qu’ils ont embauché pour faire l’animation. Je lui explique la raison sociale de Thomas VDB….
  • J’ai fêté la musique à VincennesNous nous rapprochons de la scène pour écouter Anaïs. Et là, c’est l’hystérie. Toujours à câliner mon Mamour, je lui hurle Le premier amour dans les oreilles. Il m’avouera après qu’il aurait bien aimé écouté Anaïs… CQFD. Deuxième chanson – qui découle un peu de la première –, Christina, dont plusieurs filles sur la pelouse connaissent malheureusement la situation. Ma cousine aussi, c’est d’ailleurs SA chanson d’Anaïs depuis six mois. Je lui téléphone donc pour lui faire part. D’ailleurs, je lui fais part d’à peu près tout le concert, étant donné que j’ai découvert Anaïs avec son départ en Nouvelle-Calédonie. Bref, Anaïs chante ses plus grands tubes avec humour. Bon concert.
  • J’ai fêté la musique à VincennesN’aimant pas tellement Oxmo Puccino (je vous mets quand même sa cover de Ces gens-là de Brel), je profite avec Tiny pour me substanter. Quand je regarde le menu – hot-dog/frites arrosé de bière – je me dis que j’ai bien fait de coupler abdos-artichaud le midi. Devant nous, une bande de jeunes – 13/14 ans, cheveux gras, acné et ferraille –, dont certains ont déjà l’IPhone et qui laissent leurs détritus sur la pelouse. Sales gosses, va !
  • J’ai fêté la musique à VincennesNous revenons sur le plateau pour Sophie Hunger. Une Suisse-allemande totalement inconnue de mes services, que Thomas VDB présente comme une folkeuse, dans la lignée de Stefan Eicher. Vediamo, comme qui dirait. Et c’est une vraie rockeuse sensible que nous découvrons, Tiny et moi. Un son assez prenant, avec option trombone psychédélique. Bref, la bonne surprise de la soirée, et cet accent tellement particulier qu’ont Stefan Eicher, Roger Federer et ma patronne… Bref, du bonheur.
  • J’ai fêté la musique à VincennesPour clore les festivités, beaucoup ont attendu en vain Pete Doherty, qui, fidèle à lui-même, était trop en cure de désintox pour daigner saluer son public. À la place, Paolo Nutini. Ce petit bonhomme de 22 ans que je confonds le plus souvent avec James Morrisson a tout d’un Joe Cocker. Il partage avec les musiciens du Sud des States un vrai goût pour le jazz, avec ses compatriotes écossais Franz Ferdinand, Amy McDonald et Bloc Party le goût pour les mélodies pop et guillerettes et avec ses voisins anglais le goût de la défonce (en témoigne ses nombreuses libations au Muscadet et les commentaires de mes voisins de derrière – Il se tient vachement mieux qu’aux Solidays l’an dernier !), d’où cette voix. Malgré tout, le concert est très plaisant, nonobstant le parterre de pisseuses au premier rang et les Allemandes qui n’arrêtent pas de se prendre en photo. La dernière chanson – Jenny don’t be hasty – déclenche l’hystérie chez le public. Punaise, ça faisait deux ans que je cherchais la référence de cette chanson pop parfaite ! Donc je câline encore Tiny avec un sourire jusqu’aux oreilles.

 

Ce festival était aussi marqué par les covers sympathiques :

- My heart belongs to daddy, ou comment Lisa Ekdahl souhaite de manière sexy une joyeuse fête à tous les papas…

- Sweet dreams par Émily Loizeau, très jazz. Bref, la meilleure reprise du tube d’Eurythmics que j’aie entendue…

- I’ve got a woman par un Anis très inspiré musique du sud des States.

- Smell like teen spirit/Highway to Hell par une Anaïs survoltée, en préambule de son désormais culte Mon coeur, mon amour.

- Le vent nous portera par Sophie Hunger, qui nous demande avec son charmant accent un peu d’aide. Cette reprise m’a prise aux tripes…

- Take me out repris en préambule de Jenny don’t be hasty par un Paolo Nutini qui fait un joli clin d’œil à ses compatriotes.

Et que vive encore la musique…

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