La scène d’ouverture donne le ton du film : Daigo, qui met en bière son premier corps sous le regard bienveillant de son patron, et l’Ĺ“il embuĂ© de la famille, dĂ©couvre en faisant la toilette de la morte que le visage fĂ©minin appartient au corps d’un homme. Tout le film suit dans cette note burlesque au sein d’un dĂ©cor lĂ©gèrement tragique. Daigo se retrouve sans emploi suite Ă la dissolution de l’orchestre dans lequel il joue.
Il va alors habiter avec sa femme dans la maison de son enfance, que lui a lĂ©guĂ©e sa mère morte quelques annĂ©es auparavant. Il trouve, mais ne l’avoue pas, un travail dans une agence de voyages… Voyages qui s’avèrent ĂŞtre ceux vers l’au-delĂ . Au fur et Ă mesure de ses retrouvailles avec les lieux de son enfance, de son contact avec les morts, avec les familles de ces personnes dĂ©cĂ©dĂ©es, il retrouve des souvenirs, amers, de son père, parti avec une autre femme lorsqu’il Ă©tait enfant.
Les idĂ©es sont nombreuses dans ce film, et touchent Ă la mĂ©lancolie. Daigo règle de vieux comptes Ĺ“dipiens, et se bat aussi contre une sociĂ©tĂ© qui le considère comme impur, Ă ĂŞtre ainsi en contact avec la mort. Sa femme elle-mĂŞme a du mal Ă accepter son choix, elle qui le suit pourtant avec amour loin de Tokyo. Le lien que Daigo entretient avec son nouveau mĂ©tier, ses apprĂ©hensions, qu’il dĂ©passe, ses dĂ©couvertes sur les hommes et les femmes qui l’entourent, tout cela l’aide Ă se ressourcer et Ă se prĂ©parer pour l’Ă©preuve principale qu’il traverse : la destruction de l’image violemment assombrie de son père.
L’humour, moyennement revendiquĂ©, trop subtil peut-ĂŞtre, alourdit le propos plus qu’il ne le rend dĂ©licat. On profite alors simplement des descriptions de la mise en bière, rituel japonais. Le scĂ©nario ne rĂ©ussit pas Ă se hausser Ă la hauteur de ses prĂ©tentions. La route vers le but Ă atteindre est trop droite, les ressorts bien grossiers pour un si dĂ©chirant retour sur soi-mĂŞme. Les Ă©lĂ©ments s’imbriquent de manière trop visible, et, mĂŞme si certains arrivent progressivement, sans explication d’abord, mais de manière naturelle, pour rĂ©apparaĂ®tre ensuite, et ĂŞtre expliquĂ©s, le spectateur sent les choses arriver, et pressent le dĂ©nouement rĂ©conciliateur.
L’image reste jolie, douce, lente comme un film asiatique. Mais en deux heures de film, la contemplation ne suffit pas Ă faire oublier les ficelles trop visibles de l’action.
Departures
de Yojiro Takita
avec Masahiro Motoki, Tsutomu Yamazaki, Ryoko Hirosue,…
sortie française: 03 juin 2009
posté le 18/06/2009 | 444 vues | aucun commentaire | tags: departures yojiro takita critique cinoche film cinéma
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