My Space

À Riad et à tous les beaux gosses…

Ce vendredi 12 juin, je voulais me promener à la bibliothèque François-Mitterrand. Oups, ladite bibliothèque ferme à 19h et il est 19h25. Que faire ? Me balader seule sur les berges de la Seine ? Me saoûler comme un trou ? Revenir au foyer et me désespérer ? Que nenni.

Je me dirige donc vers le Mk2 et je commande une place pour Les Beaux gosses, premier film de Riad Sattouf. Outre le battage médiatique fait autour du film lors du festival de Cannes, j’avais envie de voir ce film, moi, la fan de La vie secrète des jeunes dans Charlie Hebdo et de Pascal Brutal dans Fluide Glacial. J’ai même acheté le numéro des Inrocks  avec Riad dessus, c’est dire…

Le pitch (à l’abricot) ? Hervé (Vincent Lacoste), ado de 14 ans, vit seule avec sa mère dépressive (Noémie Lvovski) et  partage avec Camel (Anthony Sonigo) les errances de l’adolescence : physique ingrat, questionnements sur les rapports avec les filles, envie de coucher… Il accumule les rateaux jusqu’à ce que Aurore (Émilie Trémoillères), jeune fille de bonne famille, lui fasse des avances. Ils sortent ensemble, et Camel, fan de films X, le pousse à coucher avec…

Premier point positif : l’endroit où il a été tourné. En bonne Bretonne chauvine, et pour y avoir vécu quatre années, je ne pouvais que reconnaître la tour de Bourg-L’Evesque, la Place du Parlement, le lycée Anatole-Le Braz, le STAR, les quais de la Vilaine et même le centre commercial Géant de Saint-Grégoire. En gros, quelle émotion de voir que le film a été tourné à Rennes, une des villes d’adoption de Riad Sattouf. Il a bien fait : je pense qu’en ayant été tourné dans un contexte parisien, le film aurait perdu cette saveur qui le rend universel.

Deuxième point positif : Riad Sattouf fait une chronique drôle, mais véridique de la fin du collège pour un garçon. Si on avait dû faire un biopic sur les années collège de mon cousin (aujourd’hui âgé de 22 ans), je pense qu’on n’aurait pas fait plus fidèle à la réalité. D’ailleurs, ma première réaction a été de téléphoner à ma cousine pour lui dire d’aller le voir.

Cela ne m’étonne guère. Entre le Manuel du puceau et La vie secrète des jeunes, l’observation de l’adolescence est une constante chez Riad Sattouf, grand ado de 31 ans. Il sait, dans ses bandes dessinées, croquer les petites scènes de la vie quotidienne de ces grands torturés : dans les concerts, à la terrasse des cafés, au bahut, dans les chambres décorées de posters… Mais sans pour autant tomber dans la caricature, comme le ferait par exemple Claire Brétécher avec son Agrippine.

Et l’on retrouve cette même observation avec humour dans Les Beaux gosses. Riad Sattouf a pris soin, dans son casting, de ne pas prendre d’ados professionnels pour jouer ses personnages principaux, et de prendre des acteurs très inspirés pour jouer des adultes, souvent relégués au second plan (Noémie Lvovsky, Emmanuelle Devos à contre-emploi et même Valeria Golino en actrice X, pour aller jusqu’au bout de son image fantasmagorique…). Même si – en voyant la tête de ces Beaux gosses sur l’affiche – on crie à la caricature de l’adolescence, il n’en est finalement pas grand-chose.

Bref, plus que LOL (de Lisa Azuelos) que je n’ai pas envie de voir, Les Beaux gosses est un vrai avatar de ce que l’on peut qualifier de teen movie. Bien moins caricatural – et salace – que certaines comédies américaines sur le sujet, le film plaira aux adolescents qui ont trouvé des situations à leur mesure (Comment se comporter dans la chambre d’une fille ? Comment éviter de payer un café ?), aux jeunes adultes comme moi qui se souviendront, amusés, de ce temps qui n’est pas si lointain, et aux parents d’ados qui, eux aussi, trouveront certaines situations familières (notamment quand Hervé envoie chier sa maman le matin en se brossant les dents…).

Les Beaux gosses : enfin La Boum du côté des garçons…

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