Samedi soir, vers 17h30, je n’avais rien Ă faire. En effet, je passais pour une fois un vrai week-end en cĂ©libataire, sans famille et sans mec. En gĂ©nĂ©ral, ça fait du bien de temps en temps de s’accorder ce genre de coupure. En effet, c’est en gĂ©nĂ©ral quand on se retrouve seul(e) pour une courte durĂ©e qu’on fait les choses qui nous intĂ©ressent le plus.
Donc samedi soir, alors qu’il faisait une chaleur de plomb sur Paris, je me suis dirigĂ©e vers Beaubourg. Depuis le temps que je me disais qu’il fallait que je fasse un tour au centre Georges Pompidou, moi qui pourtant exècre l’art comtemporain, au grand dĂ©sarroi de mes employeurs. Mais encore une fois, ce n’est pas pour voir des oeuvres de Kandinsky, ni pour voir la rĂ©trospective Lars von Trier…
Non, si je vais Ă Beaubourg ce samedi 13 juin, c’est pour assister Ă la confĂ©rence-concert Britney Remix. Personnellement, je ne suis pas vraiment fan de ce que fait BritBrit artistiquement, mais j’avoue que l’idĂ©e de faire une Ă©tude sociologique de l’appropriation des pratiques culturelles par les masses par le biais d’Internet (notamment) en prenant pour sujet d’Ă©tude une chanteuse pop mondialement connue a quand mĂŞme titillĂ© ma curiositĂ©. En vĂ©ritĂ©, cette confĂ©rence a Ă©tĂ© programmĂ©e pour faire Ă©tat du lancement de Poli, un magazine sur les politiques de l’image dont le premier numĂ©ro sortira le 12 septembre 2009. J’arrive vers 18h, et dĂ©jĂ presque plus de places. D’autres arriveront après moi.
C’est donc devant un auditoire de plus de 300 personnes rĂ©parties dans deux salles que se dĂ©roule dans un premier temps une confĂ©rence sur la politique du remix et les nouveaux enjeux de l’industrie musicale prodiguĂ©e par Laurence Allard, maĂ®tresse de confĂ©rences en sciences de la communication Ă l’universitĂ© de Lille III. Elle nous explique, en gros, qu’en dix ans, le consommateur moyen des produits de l’industrie musicale est dĂ©sormais devenu promoteur, producteur et mĂŞme crĂ©ateur, particulièrement par le biais de l’Internet. Cet Ă©tat de fait Ă©tant encore fluctuant dans le cadre du Code de la PropriĂ©tĂ© Intellectuel (CPI), les industries du disque et, de manière gĂ©nĂ©rale, les politiques autour de la culture tendent Ă criminaliser ce genre de comportement (remember HADOPI…).
Le propos est très intĂ©ressant, nonobstant une confĂ©rencière Ă l’accent anglais assez douteux et une prĂ©sentation PowerPoint brouillonne. RĂ©sultat, j’ai vraiment l’impression de me retrouver dans un amphi de fac, jusqu’Ă ce qu’elle nous prĂ©sente les illustrations de son propos. Deux illustrations ont marquĂ© les esprits :
- Les tribulations de Chris Crocker et de son dĂ©sormais culte Leave Britney alone ! De la rĂ©ponse gonflĂ©e de Perez Hilton jusqu’au mash-up de fans de de Daft Punk, cette performance, en prenant pour appui Britney Spears, a permis un Ă©lan de crĂ©ation….
- La prĂ©sentations des diffĂ©rentes parodies de Womanizer, et surtout celle de la performeuse Choum avec Vibromasseur. L’occasion pour l’auditoire de rire de plus belle avec Laurence Allard.
Après cette petite conférence, est venue un concert. Les rédacteurs en chefs de Poli ont invité cinq artistes à reprendre ou à remixer cinq tubes de BritBrit :
- ComitĂ© central reprend ainsi I’m a slave for U au pipeau et Ă la boĂ®te Ă rythme. C’est, ma foi, extrĂŞmement expĂ©rimental, tant au niveau de l’arrangement que de la voix du chanteur…
- Viande PĂ©trole poursuit avec Gimme more. J’avoue que, lorsque j’ai vu dĂ©barquer cet Ă©nergumène avec ses leggings, ses escarpins taille 45 et surtout sa cape luminescente, je me suis dit qu’il n’avait mĂŞme pas besoin de chanter, il avait dĂ©jĂ crĂ©e son effet. Pourtant, sur le plan vocal, c’est très plaisant, un peu indus, comme du Grace Jones en plus masculin encore.
- La maman et la putain, un joli petit couple, nous interprète Womanizer. Une guitare Ă la Loran des BĂ©rurier Noir et une chanteuse Ă la Blondie. Pour moi, une reprise très rĂ©ussie…
- This is Pop enchaĂ®ne avec Toxic. Je revois encore DĂ©dĂ© Manoukian dire Ă Guadalupe, lors des Ă©preuves du théâtre de la NS 2009 : Mais qu’est-ce qu’ils ont, ces jeunes, Ă se rĂ©approprier de la sorte les chansons, sans respecter la mĂ©lodie ? Et bien c’est exactement ce que je pense de cette prestation qui me dĂ©route quelque peu.
- Enfin, L’homme Puma, deux ados boutonneux Ă la Housse de Racket Ă leurs dĂ©buts, finissent avec un remix très personnel de Lace & Leather. En tout cas, eux, ils s’Ă©clatent. Mais on sent que, si la technique est lĂ , ce n’est pas le cas de la maturitĂ©…
Bref, cette petite confĂ©rence m’a confortĂ©e dans une idĂ©e de la culture universelle et non Ă©litiste.
*Petite référence à Pierre Bourdieu et à son fameux essai La sociologie est un sport de combat.
posté le 16/06/2009 | 466 vues | 2 commentaires | une personne a aimé
Je t’avouerai que je ne sais pas… Va vĂ©rifier sur le Net…
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