Voulez-vous savoir pourquoi la dĂ©route du parti socialiste aux europĂ©ennes ? Je m’en vais vous l’expliquer très simplement… enfin, je vais vous l’expliquer.
Hier, ça ne vous aura pas Ă©chappĂ©, c’Ă©tait la fĂŞte des mères, pas des maires, non, des mamans. Il y avait aussi des Ă©lections, qui n’intĂ©ressèrent pas grand monde. On me demanda Ă certaines occasions pour qui j’allais voter. Ma rĂ©ponse, comme Ă l’accoutumĂ©e, Ă©tait simple et claire : pour ma famille, je ne varie pas, je nous suis fidèle.
J’entendis ce matin, sur ma radio prĂ©fĂ©rĂ©e, FIP… que Barack Obama, et sa famille Ă lui, se promenaient près de chez moi, ils visitaient le Centre Georges Pompidou ; le quartier Beaubourg Ă©tait donc bouclĂ©. Puis, Ă 14h dĂ©jĂ il Ă©tait reparti Ă Washington… Pas marrante la vie de chef d’Etat, me suis-je dit, moi j’avais Ă peine eu le temps de me rĂ©veiller et de vaguement faire un peu de mĂ©nage…
Puis, tranquillement je m’en allais voter… aux europĂ©ennes (je le rappelle pour les distraits). ArrivĂ©e face aux listes nombreuses (tiens, ça me rappelle la prĂ©sidentielle de 2002… me dis-je), je cherchai en plus des quelques bulletins piochĂ©s pour faire dĂ©contractĂ©e… la liste pour laquelle je voulais voter. Euh… ils sont oĂą ? Une fois, deux fois… pas trouvĂ©s… Je m’adresse au jeune-homme de faction :
“Dites, les socialistes, ils sont oĂą ?
- Ah, vous n’ĂŞtes pas la première Ă le demander, on a du mal Ă les trouver, ils sont tout au bout, ils ne sont plus en rose, ils sont en noir.
- Ah…”
Sortant de lĂ , je voulus jeter les bulletins inutiles (pris seulement pour la forme, pour faire dĂ©mocratique…), et lĂ … surprise, je compris que Barack m’avait prĂ©cĂ©dĂ©e… Plus aucune poubelle (pourtant dĂ©jĂ anti-terroriste la poubelle, faite d’un sac plastique transparent accrochĂ© par un Ă©lastique) n’Ă©tait accessible. On les avait toutes ratiboisĂ©es, seul le socle avec son Ă©lastique avait subsistĂ©, plus de sac oĂą jeter mes papiers.
Pas grave, je me dirigeais vers le fleuriste… j’avais une commission Ă faire de la part de mon neveu : acheter une plante pour la dĂ©poser sur la tombe de sa maman. Je choisis un beau rosier, le fleuriste l’enrubanna de papier kraft, sortant de lĂ , je croisais un beau jeune-homme, tout noir, qui me voyant s’exclama :
- Comme c’est gentil, de penser Ă mon anniversaire.
- Non, c’est pour la fĂŞte des mères. Si tu veux, tu fais un enfant et le 21 juin c’est pour toi les fleurs…
Il sourit.
Plus loin, en route vers le Père Lachaise, juste avant le mĂ©tro, un autre homme, moins jeune, plus rose (très rose lui… je l’identifiais comme… SDF… vas savoir pourquoi), me salua :
- Mais c’est un sapin de NoĂ«l !
- Non, c’est un rosier…
- Ah, c’est pour la fĂŞte des mères… Elle en a de la chance celle-lĂ .
- Oui, elle est sous-terre, elle est morte.
Il me regarda, me prit dans ses bras et m’embrassa.
Le voilĂ ton rosier, ma douce. Tu vois. Je suis en noir… pour toi, et je te porte des roses, elles sont belles et roses pour te plaire.
J’espère que vous avez compris pourquoi Nadal a perdu, et pourquoi le parti socialiste n’est plus le parti de la rose…
“Il a foutu le camp, le temps du lilas,
Le temps de la rose offerte,
Le temps des serments d’amour,
Le temps des toujours, toujours.
Il m’a plantĂ©e lĂ , sans me laisser d’adresse.
Il est parti, adieu Berthe.
Si tu le vois, ramène-le moi,
Le joli temps du lilas.
On en sourit du coin de l’Ĺ“il
Mais on en rĂŞve, du grand amour.
Je l’ai connu, j’en porte le deuil.
Ça ne peut durer toujours.
Je l’ai valsĂ© au grand soleil,
La valse qui vous fait la peau douce.
Je l’ai croquĂ©, le fruit vermeil,
A belle dents, Ă belle bouche.”
(Barbara)
(cc) [ Zenat El3ain ]™
posté le 07/06/2009 | 834 vues | 3 commentaires | tags: parti socialiste fête des mères roses obama | une personne a aimé
Vous aurez remarquĂ© que la seule gagnante de cette dĂ©route fut SĂ©golène Royal… Attendons encore un peu pour que certains chez les siens se rendent compte qu’elle n’est pas la “cruche” si volontiers dĂ©criĂ©e par les machos et machottes… de tout poil.
Merci pour vos gentils commentaires. J’ai effectivement vĂ©cu ce jour de la fĂŞte des mères de façon assez magique, comme si quelque chose voulait m’accompagner et me dire le merveilleux de la vie.
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Le parti socialiste renaitra - t-il de ses cendres tel est la question q’on se pose après la dĂ©route; Ton texte est très touchant rempli de sensibilite et de rencontres Ă©tonnantes. Très joli texte.