La fête, en Bretagne, c’est presque inscrit dans les gènes de chaque enfant qui naît sur son sol. Outre les interminables beuveries au bistrot, où chaque réjouissance quotidienne se termine avec 4g/l (d’où la fameuse expression prendre les routes à 4g quand on veut éviter les barrages de flics en roulant en rase campagne), le nombre de festoù noz et de boîtes de nuits (parfois folkloriques, au point qu’on y vient en tracteur), sans compter les soirées privées dans les fermes isolées, témoignent de la propension des Bretons à faire la fête.
Oui, les Bretons ont la réputation de picoler comme des trous, mais au vu de certaines soirées où je faisais partie de l’organisation, je ne peux que confirmer ces dires. Dans ce cas, la famille toute entière s’implique soit pour faire la police, soit pour faire le taxi. Des fois, on en rigole, mais il arrive quelquefois que ce soit plus tragique ou plus glauque.
Les fêtes de village sont évidemment très importantes en Bretagne. Pas comme en Allemagne, où dans le même week-end, des Kirmes sont organisées à 10 kms de distance, avec tout ce que cela comporte de Musikverein, Tanz-Abend ou autres Frühshoppen (demandez à Giovanna pour la signification de ces termes barbares…). C’est une occasion comme une autre de se retrouver autour d’un repas et de plusieurs bouteilles. Même si on s’y ennuie fortement lorsqu’on n’appartient pas à la communauté…
Pour moi, la fête, c’est particulier. Nous avons pris l’habitude dans la famille pour chaque fête que nous organisons :
- de nous déguiser
- d’écrire un sketch ou des chansons
En témoigne une fête de famille ce week-end. Comme nous n’avions pas pu nous concerter pour écrire quelque chose, nous avons décidé juste avant d’y aller de se déguiser n’importe comment. Le deal était que ma mère devait faire croire à la maîtresse de maison que nous ne venions pas. Nous attendions, cachés dans la campagne. Ma mère nous a dit de venir quand la maîtresse de maison serait prête à virer les autres invités (on était quand même une cinquantaine ). Quand nous avons débarqué, nous avons fait un effet bÅ“uf. Et la première chose que nous avons faite a été de rassurer notre pauvre hôtesse qui était à deux doigts de piquer une crise de nerfs. Je suis sûre qu’on en reparlera encore dans 5 ans…
Chez nous, chaque occasion est bonne aussi pour chanter et danser. À chaque fois que je vais quelque part, j’emmène ma guitare pour assurer une bonne soirée. On sort les carnets de chants (même décrépis et ringards – surtout, même !), je me mets à la gratte, et on passe une soirée comme ça. Nous faisons la même chose avec des CD, avec options Yvette Horner, musique eighties et chorégraphies à la con. Même si on a honte, c’est l’occasion de s’éclater sans peur du lendemain…
Alors pour cette petite journée dédiée à la fête, je me suis imaginée DJ de mes soirées préférées, avec sept thématiques :
La famille
Comme je l’expliquais, mes fêtes les plus mémorables se sont déroulées en famille. D’habitude, c’est mon oncle fan des eighties ou mon cousin fan d’Indochine (ce qui revient au même) qui assure les platines. Cette fois-ci, je fais des spéciales dédicaces :
- À toute la famille : Kid Cudi, Day’n'Nite (Je ne comprends même pas qu’on n’ait pas encore trouvé une occasion de faire une choré à la Kamel Ouali dessus pour faire danser même mémé et son arthrite.)
- À mes cousines : Helmut Fritz, Ça m’énerve (Assez superficiel pour mes cousines qui sortent en boîte et qui écoutent Radio FG)
- À ma soeur : Katy Perry, I kissed a girl (N’y voyez pas de message graveleux, mais ma sÅ“ur adore tout ce qui est électro-pop girly. Et quoi de plus girly en ce début d’année 2009 que la brave Katy…)
- À mon cousin : Beastie Boys, 14th St. Break (Oui, mon cousin, pote du DJ Martin Libertin, fan de break beat et de son très très pointu, me sort parfois des références un peu improbables. Mais c’est très rafraîchissant.)
- À ma grand-mère : Yvette Horner, Le dénicheur (Mais juste parce qu’elle l’a réclamée toute la soirée, et que du haut de ses 82 ans, faut pas la lui faire…)
Les amis catholiques
 N’en déplaise à certains laïcards, oui, les cathos font aussi la fête. Certes, nos références semblent datées, mais cela ne nous empêche nullement de nous fendre la gueule jusque… allez… 23h30.
- Santa Esmeralda, Don’t let me be misunderstood (Pour le côté exotique dans une boum, après la séance karaoké…)
- Jive Bunny, That’s what I like (Pour danser le rock. Il faut savoir que le rock est une institution dans les soirées que je fréquentais étudiante, et que je faisais tapisserie parce que je ne savais pas le danser…)
- Dschinghis Khan, Moskau (Il semble que l’on ait trouvé ça un soir où on a abusé du punch – et on le tosse, notre punch. Le summum de la ringardise avec le Tra la la de Günther, mais qu’est-ce qu’on a pu rigoler lorsque je jouais le morceau à la messe…)
- Jean-Jacques Goldman, Quand la musique est bonne (Attention, on touche à l’élite des soirées cathos – oui, je sais, Goldman dans les soirées cathos, ça fait bizarre : les soirées CGE, Chrétiens Grandes Écoles. C’est-à -dire non seulement cathos, mais limite aristo en plus)
- Debout, resplendis (Un cantique pour faire la fête à la fin de la messe… Oui, on réussit à faire des messes festives !)
Les filles de Paname
Depuis que je vis dans mon logis, je connais certaines filles qui font des fêtes assez sympa. En témoigne le nouvel an 2009 que j’ai passé chez l’une d’entre elles. Très exotique…
- Magic System, Zouglou dance (Comme cette demoiselle a passé pas mal de temps en Afrique, elle est plutôt fan de coupé-décalé.)
- Mokobé feat. Patson, C’est dans la joie (Idem.)
- Harry Belafonte, Jump in the line (Petit délire personnel au logis, qui me rappelle certaines soirées salsa organisées dans la cave)
- Gilbert Montagné, On va s’aimer (Séance de karaoké d’anthologie à 4h du matin, ce 1er janvier 2009…)
- Bézu, À la queue leu leu (En même temps, c’est un inconditionnel de la fête, même si tout le monde en a honte. Ma meilleure chenille, c’est justement ce 1er janvier où nous sommes sortis de l’appartement, dans ce village de l’Eure-et-Loir, à 2h, et on a hurlé comme des dingues pendant 15 minutes…)
Les amis rockeurs
Cela me rappelle le temps de la faculté d’histoire. Outre les références à Brel, Brassens et Klaus Nomi (cherchez l’erreur), je traînais avec une bande de copains rockeurs. Et cela donnait des soirées métal, avec plein de bières dedans…
- System of a Down, Chop Suey ! (Petite mise en bouche pour assurer l’ambiance dans les champs de vache…)
- The Clash, London Calling (À l’image d’un de nos profs qui enseignait en option l’Angleterre du XXe siècle, nous étions fan de rock anglais, et l’un de nos films de références étaient Quadriphonia…)
- Nirvana, Tourette’s (Pour appuyer nos théories sur le nihilisme nitzschéen… Car nous étions avant tout des intellectuels, même jeunes, et même avec des Kro à la main…)
- The Ramones, Blitzkrieg pop (Nous ne crachions pas non plus sur le punk potache new-yorkais…)
- The Stooges, I wanna be your dog (Un truc bien allumé pour la fin de soirée d’un rockeur en fac d’histoire…)
Tiny
Car oui, un jour, j’aimerais organiser des fêtes pour et avec l’homme de ma life. Mais lui, en matière de chouille, il a des goûts particuliers.
- Gene Vincent, Be bop a lula (Car pour lui, le rock, c’était mieux dans les années 1950 et 1960. Et grâce à lui, je sais enfin danser le rock, cf plus haut)
- Glenn Miller, In the mood (Car c’est malheureusement le seul morceau de jazz dansable en soirée)
- Tito Puente, Oye como va (Car il est aussi un salserito qui avait son spot de drague à la Pachanga, rue Vandamme, 14e arrondissement, avant de me rencontrer…)
- The Virgins, Rich girls (NOTRE chanson sur Ouï FM pour éviter de m’endormir quand il conduit…)
- La Casa, Go go go (Là , Deezer chie. J’aurais voulu vous mettre La lune, du même groupe. Assez sympa en chill out de fin de soirée…)
Ma gueule
 Parce qu’il faut parfois aussi être égoïste dans une fête, et que j’envisage la vie comme une fête éternelle, voici mon top five pour me mettre en joie…
- Merzhin, L’hacienda (Pour les avoir vus plusieurs fois en concert, dont une en tant que membre de l’organisation, je peux vous assurer de la festivité de ce groupe en voyant parfois 15.000 personnes sauter comme des fous sur cette chanson…)
- James Brown, Sex machine (Tout de suite… La réputation… Juste que j’apprécie de danser sur cette chanson ^^)
- The Chemical Brothers, Hey boy hey girl (LA chanson des fêtes que je faisais en famille et avec les amis pendant quelques années, avec courses de chaises en prime…)
- The Gossip, Listen up ! (Parce que Beth Ditto a contribué à me décomplexer. Et surtout parce que c’est de la p*** de musique pour la fête…)
- Madness, One step beyond (Court, mais efficace. Une vraie soupape d’échappement quand la fête est molle…)
Tous ceux qui sont nés en 1983
Car l’année de ma naissance est par définition festive, je voulais faire une spéciale dédicace dancefloor à tous mes conscrits…
- David Bowie, Let’s dance (Pour moi, LE meilleur morceau de Bowie, car il exhorte à quelque chose de joyeux…)
- Michael Jackson, Billie Jean (Parce qu’avant d’être reconnu pédophile, Jacko, c’était quand même le King of Pop et du dancefloor…)
- Madonna, Holiday (P***, se dire que notre vie correspond à la carrière de Madonna, ça ne nous rajeunit pas… Et elle non plus, d’ailleurs…)
- Eurythmics, Sweet dreams (Oui, en même temps, pour célébrer ma naissance, je ne mets que les gros gros trucs sur le dancefloor. Sinon, on va encore croire que 1983 est une année ringarde…)
- Kadjagoogoo, Too shy (Je retire ce que je viens de dire… Mais en même temps, même en 1983, il y avait des casseroles, et c’est dans les tubes du grenier qu’on fait parfois les meilleures fêtes…)
& Let’s party !
posté le 02/06/2009 | 573 vues | aucun commentaire | tags: party fête soirée chanson musique
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