[ndlr : article sélectionné par Mamzelle durant la semaine de rédaction en chef]
S’il y a bien un livre dans lequel je ne suis absolument pas entrĂ©e, c’est bien celui-lĂ . Je dirais mĂŞme que je suis passĂ©e complètement Ă cĂ´tĂ©.
Les mots sont beaux, croustillants. Je me suis rĂ©galĂ©e comme si je goĂ»tais chacun d’eux. Le titre “Une Gourmandise” prend alors tout son sens. L’ensemble est esthĂ©tique… VoilĂ , le mot est lâchĂ© : “esthĂ©tique”. Un peu comme “Teorema” de Pasolini. Tout le monde s’accorde Ă trouver ce rĂ©alisateur “esthĂ©tique”. Personne ne comprend rien Ă ses films mais on reste accrochĂ© Ă l’image.
Pour Barbery, c’est un peu la mĂŞme chose.
Je n’avais pas lu “L’ElĂ©gance du hĂ©risson”, mon avis n’Ă©tait donc pas “polluĂ©” par le phĂ©nomène littĂ©raire.
J’ai terminĂ© la dernière page hier et je suis pourtant bien incapable de vous en faire un rĂ©sumĂ©. J’ai lu de jolies choses mais je ne sais pas ce que j’ai lu.
Car la force de Barbery, c’est un peu celle de Gavalda : choisir des mots chauds, parfumĂ©s qui vous ramènent dans le monde de l’enfance. Lire du Barbery ou du Gavalda, c’est un peu comme retrouver sa madeleine de Proust.
A lire si vous avez envie de savourer, passez votre chemin si vous ĂŞtes Ă la recherche d’une vraie histoire.
C’est le plus grand critique culinaire du monde, le Pape de la gastronomie, le Messie des agapes somptueuses. Demain, il va mourir. Il le sait et il n’en a cure : aux portes de la mort, il est en quĂŞte d’une saveur qui lui trotte dans le cĹ“ur, une saveur d’enfance ou d’adolescence, un mets original et merveilleux dont il pressent qu’il vaut bien plus que tous ses festins de gourmet accompli. Alors il se souvient. Silencieusement, parfois frĂ©nĂ©tique-ment, il vogue au grĂ© des mĂ©andres de sa mĂ©moire gustative, il plonge dans les cocottes de son enfance, il en arpente les plages et les potagers, entre campagne et parfums, odeurs et saveurs, fragrances, fumets, gibiers, viandes, poissons et premiers alcools… Il se souvient - et il ne trouve pas. Pas encore.
Une Gourmandise de Muriel Barbery - Ed. Gallimard - 9,10 euros.
Prochaine lecture : “Testament Ă l’anglaise” de Jonathan Coe.Â
posté le 24/05/2009 | 456 vues | 1 commentaire | tags: teorema Pasolini Gavalda Barbery gourmandise littérature livre Culture
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