[ndlr : article sélectionné par Mamzelle durant la semaine de rédaction en chef]
Moi, je suis une adepte des chaussures, une Shoe addict, et ce, mĂŞme si ma collection de chaussures n’Ă©gale pas celle de Carry Bradshaw… Je les adore, je ne peux pas expliquer pourquoi (mais je suppose que les psy ont sans doute une - bonne ? - explication). Est-ce que c’est leurs formes si Ă©lĂ©gantes ? Leurs couleurs ? Leurs talons ? Le fait qu’avec elles, j’ai l’impression de me transformer selon la paire que j’adopte ?
Toujours est-il que j’en suis dingue… Sans ĂŞtre fĂ©tichiste, enfin… Et comme on dit « trouver chaussure Ă son pied », je me suis mise Ă la recherche de l’homme idĂ©al. Mais je me suis aperçue que ma vision « mono-amour » de la relation ne cadrait pas vraiment avec ma conception de ma relation aux chaussures… Je ne pourrais jamais me contenter d’une seule paire, alors qu’un homme, je ne peux pas, je ne veux pas (ben oui, Ă©tonnant, non ? La faute aux contes de fĂ©es, sans doute) en avoir plusieurs en mĂŞme temps.
Donc, mon addiction aux chaussures est plus comparable à mon addiction à mes copines ; comme les chaussures, il y en a plusieurs qui me vont… Comme les chaussures, je ne pourrais pas m’en passer (enfin, pas de certaines, heureusement !) elles sont indispensables, mais pas toutes en même temps ! Les copines, comme les chaussures, vous sortent du mauvais pas… ou vous enlisent… Certaines vous font avancer, d’autres sentent mauvais et vous font mal aux pieds, et alors, il faut savoir les mettre de côté.
Sans elles, une certitude : je ne serais pas tout Ă fait moi, je ne serais pas femme, pas forte, pas finie. Bien sĂ»r, j’ai des copains, mais ce n’est pas pareil, ils ne sauront jamais comme une femme s’adapter Ă mon cerveau de femme, deviner mes pensĂ©es de femmes, pleurer sur mes frustrations toute fĂ©minines. Mars ne sera jamais VĂ©nus, mĂŞme si je me sens très proche de certains de mes amis virils…
Les chaussures, comme les copines, j’en ai de diffĂ©rentes sortes ; pour commencer, ces ballerines noires, toutes sages, toute simples, mais alors… Quelles finitions soignĂ©es, de la vraie qualitĂ©, elles sont juste comme il faut ; prĂ©cieuses, en cuir patinĂ©, elles sont classes, je les emmène partout avec moi, parce qu’elles seront toujours lĂ pour me soulager lorsque j’aurai les orteils meurtris, ça fait un sacrĂ© bout de temps qu’elles m’accompagnent dans mes galères, mĂŞme si je les ai parfois laissĂ©es, rangĂ©es sagement dans mon placard. Elles tiennent admirablement le coup. Elles me ressemblent un peu, elles durent en dĂ©pit des coups durs. Et avec elles, je me sens Ă l’aise partout. Elles m’emmènent sur tous les terrains, et ne dĂ©parent aucune tenue.
Il y a aussi ces chaussures que je me suis achetĂ©e dernièrement, hyper Ă la mode, vernies, rouges, Ă talons, et Ă©videmment : je les adore, je les porte assez souvent, et elles vont presque avec tout. Elles sont rutilantes, attirantes, toutes les autres filles se demandent oĂą je les ai trouvĂ©es (secret !), parce qu’elles voudraient bien avoir les mĂŞmes. Très actuelles, je pense que je vais cependant les garder longtemps, car on en rencontre pas souvent, des chaussures comme celles-lĂ . Elles sont chouettes, mĂŞme si elles ont leur faille et qu’elles s’abĂ®ment quand on les porte trop souvent ! On a l’impression qu’elles sont inusables, mais il faut ĂŞtre vigilante et leur passer une Ă©ponge sur le cuir, de temps en temps, sinon, le vernis se ternit et elles sont toute tristes.
Il y a ensuite ma paire de chaussures la plus ancienne, un peu usĂ©e, mais bien confortable : des baskets avec des semelles aĂ©ro-compensĂ©es, Ă l’épreuve de l’eau et des sentiers. Dans les vrais coups durs, je peux toujours compter sur elles, mĂŞme si je ne les mets plus très souvent : il arrive qu’elle me fasse trop mal aux pieds ; c’est qu’ils sont devenus sensibles, mes pieds, avec le temps et ses Ă©preuves ; mais c’est sĂ»r, ces chaussures-lĂ , je ne pourrai jamais les jeter, je les regretterais trop, et davantage. Ceci dit, il y a des moments oĂą je ne les supporte vraiment plus : alors je les fourre au fond de mon placard, histoire de pouvoir les ressortir un jour en les regardant avec la mĂŞme Ă©motion que j’ai ressentie la première fois oĂą je les ai achetĂ©es. Mais lorsque je les mets, je m’aperçois que malgrĂ© leurs petits dĂ©fauts, elles sont inusables et que ce sont des valeurs sĂ»res.
Il y a aussi celles que je porte tous les jours pour travailler ; confortables, de très bonne qualité, et surtout, je sais que je peux compter sur leur indéfectible allure. Ce sont des sandales dans lesquelles je me sens à l’aise, j’ai les orteils au soleil, la cheville légère, je peux courir, sauter et trottiner avec dans les couloirs, et entre les tables des élèves plus ou moins appliqués. Je trouve qu’elles me vont bien, qu’elles sont franches, raisonnées et puis elles me soutiennent dans mes trajets quotidiens… Je les ai payées cher, j’ai eu du mal à m’y faire, mais je ne pourrai plus m’en passer.
Après, il y a les autres, celles que je mets de temps en temps, avec des tenues décontractées, et que je suis bien contentes d’avoir ; oui, je les apprécie aussi beaucoup. Elles sont légères et gaies, colorées comme un jour d’été. Parfois certaines se cassent, celles-là ne sont pas solides, et en général, je les oublie vite. Et puis, il y a celles qui ont des accidents, comme ce côté de chaussure que je n’ai jamais beaucoup porté, puisqu’il a été mordillé par le chiot, je l’ai beaucoup regrettée, mais que voulez-vous ? On oublie vite, si on ne les pas portées longtemps.
Oui, mes meilleures amies sont mes chaussures… Les chaussures sont comme les copines : elles sont les terminaisons d’une fille ; avec elles, on peut se conjuguer Ă tous les temps, Ă tous les modes, Ă toutes les modes ; tantĂ´t on pleurniche sur des souvenirs, on rĂŞve Ă l’avenir, on traverse les pires Ă©preuves, on devient belle, on a Ă©tĂ© sportive, on le redeviendra.
Les chaussures sont les amies d’une femme : elles lui allongent la silhouette, dans le cas des chaussures à talons, la soutiennent dans ses efforts comme les chaussures de sport ou les tennis ; elles sont le lien entre la femme et la terre : lorsqu’on a tendance à s’envoler sur un petit nuage, elles lui permettent de garder les pieds sur terre. Ce sont les armes d’une femme dans la jungle urbaine (un coup de talon aiguille, n’importe où, comme ça doit être douloureux !) et puis c’est un bon coup de pied aux fesses des mecs lourds, des idées tristes, des idées connes, aussi. Avoir différentes paires de chaussures permet de devenir plus avertie : avec une bonne paire de chaussures, tu iras loin ; ne la prends pas trop lourde, et tu iras le pied léger, etc. Assez, je deviens moralisatrice et ennuyeuse…
En gros, mon conseil, pour trouver les meilleurs chaussures ; prenez celles qui vous ressemblent. Et même face à celles qui vous semblent trop différentes au premier abord, vous pourriez être étonnée de vous sentir charmée et à l’aise… dans vos baskets… Vous trouverez toujours un truc en vous qui résonne au contact d’une bonne paire de chaussures. Les copines, elles, ne s’achètent pas, bien sûr, on les garde à force d’épreuves et de rires, d’expériences plus ou moins réussies, de temps et d’amour. Et j’ai mes chaussures préférées, celles qui auront toujours la priorité sur les autres. Je suis là pour les faire briller, les nettoyer, les confier à un formidable cordonnier…
Mais je ne suis pas fermĂ©e, mon placard Ă chaussures ne sera jamais trop grand. Les filles, excusez-moi pour la comparaison ; certaines pourront dire qu’elle est peu flatteuse ; mais si vous saviez combien j’adore les chaussures, je vous assure que vous apprĂ©cieriez. Moi-mĂŞme, je suis une bonne paire de pompes qui sait prendre toutes les couleurs et tous les chemins (enfin… Faut pas trop en demander !). Alors, essayez ! Et comme le dit Calo, Je ne suis riche que de mes… chaussures, c’est dit !
posté le 21/05/2009 | 4665 vues | 9 commentaires | tags: paire Les Amies métaphore placard chaussures | une personne a aimé
Tu sais, Smile, que je ne cherche pas Ă collectionner les chaussures, je suis assez difficile, ce qui fait que je n’en acquiers pas très souvent, mais lorsque j’ai le coup de coeur, je me rĂ©flĂ©chis pas, j’achète! Mais je suis surtout très contente des chaussures que j’ai en ce moment, elles me vont tout Ă fait, et, comme je le disais, elles demandent du temps et de l’entretien, parce que j’y tiens. En avoir trop ne serait pas possible (ou terriblement Ă©puisant). Et mes moments sans chaussure ? Toi, ça t’arrives, j’en suis sĂ»re, de marcher pieds nus, moi idem. lol On a toutes besoin de moments en solitaire (pas vrai?).
je crois qu’il ne me serait jamais venu Ă l’esprit de comparer mes tribus (oui chez moi ce sont les tribus) Ă mes trop nombreuses collections de shoes… mais tu es tellement dans le vrai !
On fait tellement de route ensemble ;-)
Très beau texte. Grâce Ă toi, je rĂ©alise enfin l’Ă©vidence de cette foule qui est Ă mes pieds…
Merci le filles, fais gaffe aux ampoules, DAF… et aux chevilles. Les miennes, je te raconte pas… lol
Très beau texte et bonne comparaison ! Ce n’est donc pas une coĂŻncidence si je n’ai que deux paires de chaussures et deux amies ?
Malheureusement pour moi, je me soucie très peu de mes chaussures, je n’en prends pas grand soin et en plus je prĂ©fère ĂŞtre pieds nus… Suis-je donc destinĂ©e Ă n’avoir pas ou peu d’amies ? Je veux pas finir seule :’(
Bon, je vais nettoyer mes chaussures.
Comment peut-on vivre avec seulement deux paires de chausures ? Je t’admire! Mais si elles te conviennent, qu’elles te suffisent et qu’elles sont solides, franchement, pourquoi pas ? Le but n’est pas comme certains sur Facebook d’en avoir le plus possible. c’est pas facile d’entretenir des relations de qualitĂ©, ça demande de la disponibilitĂ©. Si tu es bien comme ça, tant mieux…
Oui, de toutes façons je prĂ©fère entretenir celles que j’ai dĂ©jĂ plutĂ´t que d’en acheter des nouvelles (aussi parce que j’suis fauchĂ©e… mais ça faut pas l’dire)
Ben…Mes chaussures sont bien souvent responsables de mon dĂ©couvert… Hi hi… (euh, les vraies). J’ai parfois des sueurs froides Ă la fin du mois.
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quel beau texte! encore un de plus!!
Chaussures….ça rime avec amis sures!! jolie conclusion en tout cas.
Moi je n’ai pas autant de chaussures dans mon placard mais, une “chosse est sure”, celles que j’ai, me sont chères (pas aux pieds mais au coeur!) je te souhaite de trouver plein d’autres copines ou copains Ă ton pied car tu sais en prendre soin et les garder en bon Ă©tat malgrĂ© le poids des Ă©preuves de la vie!