Humeurs

Mon mentor, mon guide, mon idole : mon manager (épisode 1)

On est toujours en train de se plaindre de son manager. Et pourtant ce n’est pas un métier facile. Cela demande du doigté, de la psychologie et une attention de chaque instant. On ne se rend pas compte de toute l’énergie déployée pour notre bien-être…

Mon mentor, mon guide, mon idole : mon manager (épisode 1)Mon manager me rend belle.
J’ai beaucoup de chance, mon manager surveille mon poids. Pour m’aider dans ma lutte quotidienne, il m’a suggéré (le manager intelligent sait qu’il ne doit jamais imposer… Il a suivi une formation, mon manager est bien entrainé) de manger à 12h45 précise. Devant ma peur de mourir d’inanition, il m’a assurée que c’est le mieux pour assimiler les calories. Et c’est en grand professionnel de la nutrition qu’il surveille donc mes horaires. C’est ça être à l’écoute des besoins de ses collaborateurs.

Mon manager suit aussi de près mes transformations capillaires dignes d’Eva Evangelista, mon look, mon maquillage et la hauteur de mes talons. Depuis que je le connais et pour lui faire plaisir, je porte toujours des wonderbra ou des jupes quand il m’exhibe, enfin pardon, m’accompagne chez un client. J’aime voir cet éclair de fierté dans ses yeux quand il se retourne vers moi pour faire défiler le power point. J’ai un peu honte toutefois de ne pas être une élève toujours appliquée et de m’obstiner à porter des fringues que j’aime.

Mon manager favorise les échanges interculturels que certains mal intentionnés appelleraient « traite des blanches ».
Parce qu’il est hyper fière des progrès accomplis, il n’hésite jamais à me proposer des séminaires, à 2-3-4, avec des gens très bien, trèèèèèès intelligents, trèèèèès riches aussi. J’ai même le choix du sujet. Rien de compromettant donc, même si pour plus de praticité, il vaut mieux que je réserve ma soirée. J’avoue, j’avoue, je sais que je le déçois : je ne suis pas carriériste et malgré toute cette bonne volonté je me suis toujours défilée.

Mon manager pense toujours à mon avenir.
Qu’est-ce qu’il est sympa mon manager. Toujours à s’inquiéter, savoir si je vais faire carrière. Il est toujours prolixe de bons conseils sur les gens à fréquenter par exemple, pour booster mon image. Il fait le tri pour moi des mauvaises fréquentations : les « pas cadres » ou les cadres pas managers, les cadres managers mais moins managers que moi, les « qui vont se faire virer », voire pire les syndiqués, ou toutes ces personnes avec qui il vaudrait mieux que je ne sois pas vue… (bref mes cop’s quoi).

Bon et puis comme on n’est pas toujours d’accord et qu’il est fin psychologue, il voit bien que parfois j’aimerai être ailleurs, alors il fait une alerte sur cadremploi, rien que pour moi. Il m’envoie des offres de boulot, me tiens informée des gens qui partent, me dit que, quand même, ce serait tellement enrichissant pour moi d’aller voir ailleurs. Mon manager, il fait passer le bonheur des autres avant le sien… Et ça c’est beau.

Mon manager manage aussi ma vie perso .
Un vrai coach de vie mon manager. Il a peur que je m’ennuie, que je souffre. Il est super inquiet quand il apprend que j’ai un nouvel amant, des fois que ce dernier (salaud va !) ne me brise le cœur et ne m’oblige à rester clouée au lit, paquets de kleenex étalés sur l’oreiller. D’ailleurs quand ça arrive, il me fait toujours livrer mon PC, pour que je puisse me changer les idées. Quel amour de manager…

Il veille aussi à ce que je sois toujours occupée. Il me dit que j’ai le droit de travailler chez moi tous les soirs, mais seulement jusqu’à 23h. Il me connait si bien, il sait qu’avec moins de 8 heures de sommeil, je vais être toute chiffonnée.
Il inonde aussi mon planning de soirées obligatoires super sympas, organisées par ma boite, et qui n’ont rien à voir ni avec mon boulot ni avec mes contacts. Dès fois, je n’ose pas dire que je m’y ennuie, c’est vrai je ne voudrais pas paraitre ingrate et tant pis si ça me coute un œil en baby-sitter. C’était tellement gentil de penser à moi…

Alors c’est vrai, j’en ai changé, souvent, j’en ai fatigué plus d’un, j’en ai regretté (heu non aucun en fait), mais il faut bien le reconnaitre : le manager est surtout victime de sa mauvaise réputation. Dire que certains même sont accusés de harcèlement…

2 Responses to “Mon mentor, mon guide, mon idole : mon manager (épisode 1)”

  • il est à encadrer ton texte!!! Bravo
    conseil à ton manager: attention le trop d’attentions peut entraîner des tensions ou encore mieux de la “détention”!!!!!! En même temps, il pourrait enfin se reposer après tant de sévices rendus , oups!!, après tant de services rendus, je voulais dire!!!!!

  • @ Smile : Joliiiiii !

    Tu as raison il faut réagir !
    Si mon manager était un insecte je serais l’épingle qui le transperce
    Si mon manager était un rat, je serais la petite boite en carton emoisonnée qui traine sous son bureau
    Si mon manager était banquier je serais son Jerôme Kerviel

    ah que de fantasme pour moi qui pour l’instant ne suis que le caillou dans sa chaussure ;-)

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