Depuis notre plus tendre enfance, Ă©levĂ©es aux « il Ă©tait une fois » et aux films de Walt Disney, on attend la venue d’un beau prince charmant sur son fier destrier blanc (pourquoi toujours blanc d’ailleurs ? ).
C’est de cette façon que naît cette notion d’idéal masculin. L’image d’un homme grand, aux vêtements bien coupés, aux cheveux propres et au sourire ultra brite. Le prince charmant est doux, aimant, attentionné. Lorsqu’il délivre la princesse de son profond sommeil (du lexomil ?), il lui fait un baiser du bout des lèvres, pas franchement l’air passionné.
Peut-être que le prince ne suit que la dictée du conteur, qu’elle ne lui plaît pas des masses la princesse et qu’il aurait préféré culbuter la méchante sorcière au pied d’un chêne centenaire. Mais la passion n’est pas permise au prince charmant et l’on apprend dès lors que, à son image, nous devrons vraisemblablement nous faire une raison et se contenter d’insipides histoires d’amour.
L’histoire se poursuit avec la plus fidèle d’entre toutes : Barbie.
Barbie portée aux nues et vendues aux fillettes comme l’incarnation de la femme émancipée. Alors d’accord, elle a un boulot de rêve et une magnifique voiture (la mienne était avocate et roulait en bolide rouge décapotable). Mais Barbie refuse de grandir ; elle préfère essayer de nous faire gober que Skipper est bien sa petite sœur et s’évertue à nous faire croire vaille que vaille à une relation forcément platonique avec un Ken au slip intégré.
Alors non seulement Barbie offre une vision biaisée de la femme à de jeunes pré-pubères, mais de plus celle-ci participe à l’illusion des fillettes quant à leur devenir. Nos mères qui pourtant, en ont connu, continuent à nous élever dans un énorme édredon de guimauve. Nous laissant croire à l’amour absolu, celui que l’on découvre un beau jour et qui rime avec toujours.
Pourquoi dès lors bercer la chair de sa chair d’illusions, alors que l’on a soit même été piétinée, trahie, désintégrée de se rendre à l’évidence que le beau prince charmant sur son fier destrier ne pointera jamais, Ô grand jamais le bout de son épée.
A l’attendre comme le messie, on laisse inexorablement passer des charmants garçons qui auraient peut-être su nous rendre heureuse et ainsi éviter de finir seule dans un vieil appartement miteux, dévorée par un fidèle berger allemand et dont les pompiers ne retrouveront le corps que quinze jours plus tard, alertés pas des voisins dérangés pas l’odeur pestilentielle.
posté le 13/05/2009 | 1937 vues | 12 commentaires | tags: barbie disney prince charmant conte cliché enfant
“peut-ĂŞtre (…) qu’il aurait prĂ©fĂ©rĂ© culbuter la mĂ©chante sorcière au pied d’un chĂŞne centenaire” XD
Je suis tout Ă fait d’accord avec ton texte, en plus c’est bien Ă©crit (mĂŞme si la fin n’est pas très ragoĂ»tante XD). D’ailleurs quand je garde des petites filles, les contes de fĂ©es en lecture du soir sont proscrites.
tout Ă fait d’accord avec ton texte, très bien Ă©crit d’ailleurs. J’en ai laissĂ© passer des charmants garçons pour me lancer dans les bras d’un grand mĂ©chant loup qui avait pris l’apparence d’un beau prince, un peu pareil Ă la mère-grand dans le petit chaperon rouge! Mais je n’espère tout de mĂŞme pas finir comme le cadavre de ta conclusion!!!
@gimme shoes merci pour l’info, je n’y avait pas forcemment pensĂ©. Aucunes de tes copines ni toi n’avait jamais esperĂ© voir entrer dans dans votre vie un mec intelligent, beau, drĂ´le, dotĂ© de sex appeal et d’une aura gigantesque etc…. alors tu as de la chance …ou pas !
@Mielpops merci, pourtant ça develloppe l’immaginaire, mais je suis curieuse de savoir ce que tu leurs racontes.
@smile merci, mais ne t’inquietes pas on a toutes grandit, on aspire plus aux mĂŞmes choses et NON on ne finira pas comme ça .
On joue au poker ^^!
Des contes oui, mais pas ceux qui se terminent par “ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants…”blabla… Les contes africains et asiatiques sont pas mal, avec aussi de belles histoires d’amour.
naaan mais je veux dire, forcĂ©ment que tu prĂ©fères avoir un mec beau, intelligent et charismatique au lieu de moche et con. Mais au final ce qui dĂ©cide c’est plus le “truc” qui fait que tu as envie de coucher avec ET de passer du temps avec lui. C’est pas une question de prince, juste de respect pour soi-mĂŞme. Et d’hormones. Tout le monde a envoyĂ© plein de mecs charmants en sachant qu’ils Ă©taient charmants, mais selon moi ce n’est pas parce qu’ils ne l’Ă©taient pas assez, plutĂ´t parce que quand ça veut pas, ça veut pas.
D’ailleurs pour rebondir sur ce que dit smile, on a souvent une tendance certaine Ă aller vers le grand mĂ©chant loup, dĂ©guisĂ© ou pas en prince (enfin jusqu’Ă ce qu’on en ait assez pâti). Donc soit on n’a rien compris aux contes de fĂ©es, soit le mythe du prince charmant qu’on rechercherait est complètement pipeau. A la rigueur ce qu’on recherche c’est la “passion” qui ne vient pas forcĂ©ment de la perfection de la cible (plutĂ´t le contraire). Je pense que ça tient plus d’un certain idĂ©alisme de la jeunesse qu’on perd un peu au fil des pains dans la tronche (c’est une image bien sĂ»r).
Enfin tout ça pour dire que je ne trouve pas vraiment choquant de chercher le mec dont on rĂŞve au dĂ©but de sa vie amoureuse plutĂ´t que de se caser avec le premier mec gentil et pas trop con qui passe. Comme tu te demandes un minimum ce que tu veux faire de ta vie, par exemple. Je crois vraiment que laisser passer des garçons charmants, c’est aussi savoir se rendre compte qu’ils ne sont pas pour nous et Ă©viter de perdre du temps. Quitte Ă apprendre Ă ĂŞtre moins sĂ©lective si le cĂ©libat nous fait trop souffrir.
et puis rho quand mĂŞme, t’abuses un peu de faire un article pour dĂ©monter le prince charmant et ensuite me dire que je rate peut-ĂŞtre quelque chose si je ne le cherche pas :)).
Entièrement d’accord sur les consĂ©quences destructrices du modèle passif “un jour mon prince viendra”.
Quant Ă moi, je n’Ă©tais pas particulièrement tendre avec mes Barbies. J’en avais une qui Ă©tait clocharde, mĂŞme “Barbie fromage” c’Ă©tait son nom. Et puis les autres avaient des enfants, n’en dĂ©plaise Ă Mattel. Elles couchaient toutes avec Ken, le jouet de ses dames, Ă qui ont demandait surtout de se mettre au lit, slip ou pas slip. Sinon, les barbies ont passĂ© un sale quart d’heure Ă l’adolescence, elles sont devenues Barbie Trash, et vas-y que je te lacère les jambes avec le cutter et que je te refais ta coupe ultra chevelure. Gnak Gnak, on va voir qui est la plus belle !
C’est un bon modèle dont il faut s’affranchir, comme de toutes les miss parfaites.
@smile Yes pour le poker!!! j’adore
@gimmeshoes en fait je suis tout Ă fait d’accord avec toi et rho je voulais juste dire non tu ne rates rien de ne pas le chercher mais juste que ce n’est peut ĂŞtre pas mal d’y croire un moment
D’ABORD LE POKER C’EST MOIII ! XD
@ didon: quelle cruautĂ©!! J’espère que tu ne croiseras jamais victoria machin-lĂ (la grande blonde qui ressemble Ă un travelo… le truc avec dechavanne…?), surtout pas si tu as un objet tranchant avec toi, mĂŞme un coupe-ongle! (mais si ça arrive, envoie une photo du rĂ©sultat pour voir)
Le loup au look de prince charmant, on connaĂ®t, pas vrai? D’autant qu’il essaie (pourtant) de toutes ses forces de ressembler Ă l’idĂ©al qu’on nous a mis en tĂŞte dès notre plus jeune âge. Moi, je lis aux enfants un conte Ă mettre entre toutes les petites mains : “La Princesse Finemouche”, un conte dĂ©tournĂ© (Chez Gallimard) et Ă se tordre de rire (Ă prendre bien sĂ»r au second degrĂ©), oĂą la princesse essaie de se dĂ©barasser de ses prĂ©tendants, pour mener son idĂ©al de vie. Mais j’adore aussi “Le monstre poilu”, de Pef, oĂą la grosse bĂŞte poilue du dĂ©but se transforme malgrĂ© lui un prince charmant grâce aux rĂ©pliques en rimes et tout en humour de la princesse qu’il voulait dĂ©vorer, les enfants adorent. Ben ils ne sont pas tous bĂŞtes et mĂ©chants, nos prĂ©tendants, poil aux dents!
@ lili-mai: merci pour les rĂ©fĂ©rences! C’est le genre d’histoire qui amuse les enfants mais qui sont aussi sympa pour le lecteur, enfin!
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Bon sinon moi j’aimerais bien savoir ce que c’est exactement une fille qui attend le prince charmant. Je dois dire que j’en ai jamais vu.