Jeudi, un ami que je ne vois pas beaucoup, m’appelle et me propose de profiter du long week-end pour faire un truc ensemble. “Ok, je n’ai rien de prĂ©vu alors ce que tu veux”, je rĂ©ponds bĂŞtement, plutĂ´t contente de le voir. “On va en boĂ®te samedi soir, j’ai envie de danser” dit-il. Gni. PrĂ©cisons que, depuis que je suis assez grande pour dire stop aux plans galère, je ne vais plus JA-MAIS en boĂ®te. J’ai horreur de ça. Ça condense Ă peu près tout ce qu’il peut y avoir de pĂ©nible dans la vie parisienne. Je dis : “euh non, attends, euh”. Il dit “tu m’as dit ce que je veux”. Et m…
Vendredi, j’ai espĂ©rĂ© en secret qu’il m’appelle pour me dire qu’il avait changĂ© d’avis. Ensuite, j’ai envisagĂ© de me briser une jambe en tentant une chute dans l’escalator du H&M. Un SMS : “on se retrouve lĂ -bas vers minuit”. Il y tient. Et re m… J’ai dĂ©cidĂ© de positiver. Allez, c’est l’occasion de faire la belle, de faire pĂ©ter le gloss-qui-brille-plus-que-la-boule-Ă -facettes et l’eye liner de la mort. Et l’idĂ©e de se dĂ©fouler en dansant est pas mal aussi. Je me suis concoctĂ©e une nuit digne de mes 17 ans : dĂ©but de soirĂ©e je regarde Resident Evil Extinction et après je prends un taxi (je n’ai plus 17 ans non plus pour me taper le tout en RER).
Jusqu’Ă Resident Evil et le taxi, c’Ă©tait pas mal.
J’arrive, il n’est pas lĂ . Vu que je suis toujours souvent en retard, je ne le prends pas mal. Du moins pas pendant les premières 30 min. A 40 min, j’Ă©tais en train de chercher une borne de taxis sur mon portable. A 45 min, il arrive, comme s’il sortait d’un Ă©pisode de Miami Vice. Le clichĂ© ! C’est pas vrai, mais qu’est-ce qu’il lui arrive ? A 50 min, j’attends toujours des excuses ou au moins une explication mais lui, il est en train de me dire qu’il connaĂ®t je-ne-sais-pas-qui et qu’on va rentrer facile.
Moi, je suis la fille qui attend poliment. J’ai horreur de passer devant les gens. Les coupe-file, c’est pas mon truc. Mais lĂ pour le coup, j’avoue qu’ĂŞtre sĂ»re de rentrer vite fait, bien fait, ouf, soulagĂ©e. Parce qu’Ă Paris, on n’est jamais loin d’une humiliation et que pendant 45 secondes, j’ai eu un vrai doute sur mon look.
On rentre. Vestiaire obligatoire, 6 euros. Je cherche un coin oĂą m’asseoir, impossible. Je ne me sens pas de me mettre Ă danser direct alors je me replis vers le bar. Prix minimum 10 euros pour un coca. Ok, j’ai quand mĂŞme envie d’un petit alcool. Ding ! 18 euros X 2. Je paye les consos, il a payĂ© l’entrĂ©e, enfin la sienne.
Et je me retourne pour regarder la piste. Et je trouve ça grotesque ces filles qui essaient de danser comme BeyoncĂ© ou Christina Aguilera, ces mecs qui se prennent pour Craig David ou Jutin Timberlake. Et ce ne sont mĂŞme pas des ados. La soirĂ©e menace d’ĂŞtre longue. Alors, je me dis autant y aller Ă fond, sinon c’est fichu.
Hop, je le prends par la main, on va sur la piste et je bouge mon boule. Au bout d’un moment, le plaisir de danser l’emporte. On se sourit, on fait les andouilles. Il avait raison, c’Ă©tait une bonne idĂ©e finalement. Je vais m’asseoir. Mine de rien, c’est fatigant. Il veut rester, je lui dis “mais reste, je reviens”. Je sirote mon verre en le regardant de loin. J’espère qu’on aura le temps de discuter un peu. Je me demande s’ il n’y a pas un bar pas loin pour un after.
Je ne sais pas bien d’oĂą elle est sortie mais tout Ă coup, elle Ă©tait lĂ . La caricature de la pĂ©tasse. A tournoyer autour de lui. Comment vous dĂ©crire sa façon de danser ? Mariah Carey dans ses pires moments, quand elle confond danser et se frotter. Apparemment, elle en faisait trop, il vient s’asseoir. “Y’a des meufs…”, il dit. Instinct primaire, je l’avoue, j’ai l’impression idiote d’avoir gagnĂ©.
On y retourne. On danse tranquillement, les vieux gestes nous reviennent. Un passage que j’aime vraiment bien, qui me rappelle plein de trucs, je danse toute seule, je l’oublie un peu. Mais quoi, allez, ça a durĂ© 35 secondes. Eh ben 35 secondes, c’est le temps qu’il a fallu Ă cette fille pour se mettre entre nous. La sournoise. La fille qui joue la fille sympa. Genre, non, non, je me suis retrouvĂ©e lĂ par un mouvement de foule c’est tout. D’accord, mais alors tu peux te pousser maintenant. Non, non, il n’y a plus de place. Et habilement, petit Ă petit, elle l’accapare.
Je vais m’asseoir parce que ça me prend la tĂŞte. Je ne vois pas pourquoi elle est agressive avec moi (car oui, je considère que tenter de m’exclure de ma propre soirĂ©e est une agression) alors qu’il n’y a pas de raison. A. est mon ami. Je les regarde danser ou plutĂ´t, je la regarde dĂ©ployer sa stratĂ©gie de sĂ©duction. Je trouve ça pathĂ©tique.
Je vais chercher un autre verre. Je gesticule, je gesticule mais apparemment, je suis transparente. Un garçon me demande super gentiment ce que je veux et le dit au barman. Merci. Je lui parle deux minutes. Il veut me parler toute la soirĂ©e. Il se tient trop près de moi. Ça m’Ă©nerve. J’ai peur qu’il m’invite Ă danser, hop, je file comme un crabe. Je vais de nouveau m’asseoir, Ă cĂ´tĂ© d’une fille raide dĂ©foncĂ©e qu’un mec est en train de tripoter.
Et lĂ , je me souviens pourquoi je n’aime pas aller en boĂ®te. Si tu es cĂ©libataire, les mecs t’envisagent comme une s…. , si tu es en couple, tu passes ton temps Ă surveiller ton mec. Et la danse dans tout ça ? Un prĂ©texte. Et puis c’est vite pathĂ©tique je trouve. Regarde lĂ l’autre lĂ -bas qui essaie dĂ©sespĂ©rĂ©ment de sĂ©duire A. On dirait la danse d’une mante religieuse. Beurk.
A. justement vient me voir. “Je vais y aller. Tu vois quoi…”, en jetant un regard par dessus son Ă©paule. Il veut partir avec la mante. Nan, je vois pas. Ou plutĂ´t je vois que je vais me dĂ©brouiller toute seule pour rentrer. Il m’embrasse et disparaĂ®t avant que j’ai eu le temps de dire quoi que ce soit. C’est toujours lĂ que tes amis se conduisent comme des brutes.
Je rĂ©cupère mon manteau auprès de la porte de prison qui tient le vestiaire. Dehors, il fait bon. J’aime ĂŞtre dehors la nuit dans Paris. J’apprĂ©cie ce moment. Je dĂ©cide de marcher un peu. Mes chaussures me ramènent Ă la rĂ©alitĂ©. Je lève la main, coup de bol. Dans le taxi qui me ramène chez moi, je me dis que non, les boĂ®tes c’est pas mon truc. Je ne suis pas prĂŞte Ă voir Ă quel point nos vies sont connes…
posté le 10/05/2009 | 1218 vues | 12 commentaires | tags: samedi soir clubbing amis sortie drague paris
Petit conseil : ne JAMAIS sortir en boĂ®te avec un homme (sauf si c’est votre chĂ©wi). PrĂ©fĂ©rer la bande de gonzesses qu’on agrĂ©mente si besoin est d’un ou deux bons danseurs… J’ai fait ça pendant des annĂ©es, et je me suis toujours Ă©clatĂ©e en boĂ®te. Il faut dire aussi que j’ai derrière moi 20 ans de danse et un sens du rythme assez pĂ©chu ^^
C’est vraiment qu’un enfoirĂ©, c’est dĂ©jĂ le truc qui se fait pas quand tu vas en boite avec un pote mais alors avec une copine, surtout si c’est lui qui en plus te demandes de sortir (seul exception, si le mot d’ordre est “ce soir on sort Ă deux pour chasser”).
@Loou et Bakeneko : c’est amusant votre rĂ©action parce que je n’avais pas du tout perçu le truc comme ça. j’Ă©tais plus prĂ©occupĂ©e par l’ambiance en gĂ©nĂ©ral que par lui. Mais en fait hein maintenant, ok, je suis en colère après lui
@Storia Giovanna : je retiens l’idĂ©e. c’est vrai que les rares fois oĂą je me suis vraiment Ă©clatĂ©e, c’Ă©taient des soirĂ©es girls only. Enfin girls dans le mĂŞme mood parce que sinon ça peut partir dans tous les sens
Le goujeat!!! Moi les boites c’est rare, et je suis plutĂ´t comme Storia. la prochaine fois que je sors en boĂ®te Ă Paris, viens avec nous!^^ En plus on a un chauffeur!
argh les boites parisienne c’est trop la loose :/, music de merde, mentalitĂ© de merde, et niveau tarif, c’est un braquage.
mĂŞme pour danser c’Ă©tait pas le top.
il parrait que pour danser le djoon fait de trés bonnes soirées.
Moi je prĂ©fère aller dans les boĂ®tes de salsa ou dans les soirĂ©es foro… C’est plus rigolo
c’est sur payĂ© un coca 10 euros je trouve ça abusĂ©. Puis ton copain il a abusĂ© d’abors il arrive très en retrad( normalement c’est un privilège fĂ©minin mdr) puis après il te laisse en rade comme ça pour partir avec la première pĂ©tasse qui se prĂ©sente pas cool ton copain il aurait pu te ramener et profiter de ta soirĂ©e après; C’est vrai que danser la salsa c’est sympa en plus ça change un peu.
d’un autre cĂ´tĂ© ce qui importe le plus quand tu pars en boite c’est avec qui, je me rappel avoir passĂ© des soirĂ©es mĂ©morable dans des boites de merde mais avec les bonnes personnes
@bakaneko : effectivement. Combien de boĂ®tes pourries j’ai Ă©cumĂ©es, mais on se fendait la gueule…
Depuis, j’ai eu en ligne ce jeune gentleman, il a passĂ© une soirĂ©e toute pourrie. VoilĂ Ă Ă … ;-) … les dieux des filles-laissĂ©es-en-rade ont fait leur job. Tous vos commentaires m’ont donnĂ© envie de refaire une tentative mais avec des amiEs.
jess@ : je crois qu’Ă Paris, tout est surpayĂ©…
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