J’ai eu droit, tout au long de mes brèves annĂ©es Ă divers prĂ©jugĂ©s du genre “c’est sur que si tu t’habilles comme ça, tu auras ton bac”. Traduction : ” t’as des seins donc pas de cerveau. Autre style de clichĂ© : “T’es du sud ? Mais t’as pas d’accent” (celui lĂ se passe de commentaires). Mais ces dernières annĂ©es, j’ai hĂ©ritĂ© d’un nouveau nom de code auprès de mes amis. Je suis dĂ©sormais “la bouseuse”, en rĂ©fĂ©rence Ă mes Ă©tudes en agronomie. Avec les remarques qui vont avec.
Ça a le mĂ©rite de me faire bien rire. Alors oui, je le clame haut et fort, je suis une bouseuse ! Et j’en suis fière. Alors oui quand je pars sur le terrain rencontrer les gens ou faire des visites, je ne me mets pas un beau tailleur mais des bottes en plastique et un jean et lorsque je reviens, parfois, j’ai l’odeur tenace. Il faut dire que les prĂ©jugĂ©s sur le milieu sont nombreux tellement les gens sont dĂ©connectĂ©s du milieu agricole. Beaucoup ont l’image du paysan bourru parlant le patois, qui pollue.
Bah l’agriculture ça pue et ça pollue, tous au bio ! Seulement voilĂ : la rĂ©alitĂ© est lĂ©gèrement plus compliquĂ©e parce qu’au passage tout le monde ne peut pas acheter du bio et qu’il faut bien nourrir son monde. On oublie bien souvent de dire que l’agriculture peut aussi ĂŞtre raisonnĂ©e. Mais bon je ne m’attarderai pas sur ce long dĂ©bat parce que moi, je prĂ©fère parler des rencontres humaines, de toute cette richesse ignorĂ©e.
J’ai rencontrĂ© quelques agriculteurs, pris le cafĂ© avec eux, j’ai mĂŞme passĂ© 6 semaines chez l’un d’entre eux. Mais j’ai surtout Ă©coutĂ©. Parce que personne ne les Ă©coute plus vraiment dans le fond, alors qu’ils ont vraiment envie de discuter. Je ne dis pas qu’ils sont tous comme ça, certains sont fermĂ©s, ont refusĂ© de me prendre en stage parce que j’Ă©tais une fille mais bon. C’est partout pareil.
Ces hommes et ces femmes ont la chance d’avoir une passion et d’y consacrer leur vie. Certains gagnent tout juste le smic et ne changeraient de travail pour rien au monde. C’est ce que j’aime avec ces gens, ce sont des passionnĂ©s. Une partie des dĂ©connectĂ©s que nous sommes devenus trouveraient ça chiant de les entendre parler de leurs vaches, de leurs projets, mais moi j’adore les Ă©couter. Ils ont soif d’Ă©change, mais les gens ont dans la tĂŞte des souvenirs de la vache folle, pensent pesticides, pollution aux nitrates. Ils nous nourrissent tous les jours, n’ont pas de vacances pour la majoritĂ© et en Ă©change ne demandent qu’un peu d’estime.
Alors moi la bouse, j’y saute Ă pieds joints!
posté le 07/05/2009 | 117 vues | 3 commentaires | tags: préjugé bouse agronomie élevage agriculture paysan agriculteur vache campagne cliché
idem, je fais des Ă©tudes pour ĂŞtre ingĂ©nieur agronome, donc lĂ , la bouse j’y suis en plein dedans et en Irlande de surcroit (d’ailleurs les vaches et les moutons irlandais sont plus mignons que les français, oui physiquement ils se ressemblent pas du tout) et j’adore la nature je suis heureuse quand je suis dans un champs ou dans un enclos avec des animaux. C’est une de mes raisons de vivre et le travail Ă la ferme c’est tellement intĂ©ressant, donc je compatis avec toi, d’autre part, je partage le mĂŞme avis que toi quand au bio !
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