Une femme c’est à peu près ça finalement. Beaucoup de racines et une énorme envie de voler.
Parfois elle s’engonce un peu dans les ronces et se prend les pieds dans l’arbre. La demoiselle prend alors le teint un peu terreux et la mine triste. Elle regarde le ciel et se dit qu’elle n’arrivera jamais à grimper. Elle demandera alors de l’aide : des amies pour lui faire la courte échelle, des oiseaux (volages évidemment) pour s’évader.
A peine hissée, et sans même prendre le temps de profiter de la vue, elle sera tentée de scier la branche sur laquelle elle s’est péniblement réfugiée. On appelle ça la culpabilité. On appelle cela le passé, la tradition, la culture, l’éducation. La femme c’est la Terre, c’est Gaya. C’est une impératrice chinoise qui vit dans le Palais de la Tranquillité Terrestre et qui y meurt d’ennui. Elle enviera le mâle, le ciel, le vent. Libre par définition, insaisissable souvent…
Une femme veut aussi des ailes pour voler. Quand elle veut. Uniquement quand elle veut. Avoir le droit de choisir, de changer de branche. Les plans de De Vinci en livre de chevet, elle se construit sa machine à voler. Elle est méticuleuse. Ça lui prendra des années. Une fois armée, équipée, elle choisira encore longtemps le bon moment pour se lancer. Ça y est, elle prend de la hauteur, du recul mais ne s’éloigne jamais de l’arbre, du nid qu’elle a forgé. Elle y croit. Elle fonce tête baissée. Le vent est porteur. Elle plane. Elle oublie, se prend parfois pour Icare et se retrouve direct à la case départ. Brulée mais tant pis. Prête à recommencer.
Une femme finalement c’est un animal étrange, un feu follet qui navigue entre deux sphères. Les pieds sur terre, la tête dans les nuages, tiraillée entre ses désirs. Super cliché mais tellement vrai. Regardez bien autour de vous. Vous les voyez ? De loin on dirait des gosses sur un trampoline géant. L’une en haut, l’autre en bas. Tiens celle-ci flotte, aïe, l’autre est retombée lourdement. Une vie entre deux. En apesanteur parfois, sur les montagnes russes tout le temps.
Pas étonnant que les hommes aient du mal à les suivre. Il faut synchroniser !
Les femmes ne sont pas fragiles. Elles ont simplement mal au cœur. Un mal des transports permanent. Le mal de l’air. Le mal de l’ère.
posté le 06/05/2009 | 179 vues | 6 commentaires | tags: aile liberté envie desir enfant femme | une personne a aimé
Très poĂ©tique ton texte. Les clichĂ©s sont basĂ©s sur une certaine part de vĂ©ritĂ©. Ton texte est Ă la fois lĂ©ger et poignant, proche et distant, toujours entre rĂŞve et rĂ©alite. Après tout peut mieux parler des femme qu’une femme. au moins tu sais de quoi tu parles.
Je me reconnais bien aussi, touours prĂŞte Ă y croire, après ĂŞtre tombĂ©e, brĂ»lĂ©e, naĂŻve chaperon, mais pas fragile, c’est sĂ»r. On devine bien sĂ»r des blessures chez toi, mais aussi l’envie de se contruire Ă chaque fois un peu plus. On s’enrichit des coups, aussi, faut bien un bon cĂ´tĂ© au mal, aux mâles…
La première phrase annonce une métaphore intéressante.
Après: ouahhh! (0_0) …. Je suis bluffĂ©e! ET c’est vrai qu’on a l’impression de s’y reconnaitre.
Gros merci les filles. Ce texte lĂ me touche particulièrement. On m’a demandĂ© plusieurs fois si c’Ă©tait le blues qui l’avait motivĂ©. Non, au contraire. C’est un peu comme regarder un album photo, y’a des bons souvenirs, des très bons, d’autres moins, mais la page est dĂ©jĂ tournĂ©e.
L’important c’est de continuer Ă tourner les page ! ;-)
Ben voilĂ … je continue de te lire, de te dĂ©couvrir et rien ne s’arrĂŞte : j’aime !!!!!!!!!!
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Très beau texte fait de jolies images. je l’aime beaucoup.Je me reconnais très bien dans les 2 premiers paragraphes;