Je l’ai rencontré par hasard. En fait, non, j’aime à penser qu’il s’agit d’un rendez-vous. Il parait fou de penser que je puisse avoir rendez-vous avec un livre mais j’ai une tendresse toute particulière pour une citation de Paul Eluard : « il n’y a pas de hasard, il n’y a que des rendez-vous ». D’autant que rien ne m’avait poussée à l’achat de ce livre et que les raisons de mon acquisition restent encore obscures. J’avais, donc, rendez-vous avec un livre sans le savoir.
Dès les premières pages, ce fut un choc. Le choc de découvrir des choses sur moi, sur les femmes. Évidemment avec son titre je me doutais que le sujet du livre était les femmes, en revanche, j’étais loin de penser que j’étais aussi ignare (le mot est faible) sur l’histoire des femmes, sur leurs luttes et sur leurs souffrances.
Aussi lors de ma première lecture d’« Ainsi soit-elle » de Benoîte Groult, je fus sidérée. J’ai eu l’impression d’être transportée dans une autre dimension. Comment en ce début de XXIème siècle, peut-on ignorer l’histoire du féminisme, l’histoire des Femmes, ainsi que la réalité de leurs souffrances dans certaines parties du monde.
A vingt ans, j’apprenais que ma grand-mère, dans sa jeunesse, n’avait pu ni travailler ni profiter de son salaire sans l’autorisation de son père ou de son mari, que l’on pratique encore l’excision et l’infibulation avec la bénédiction de nombreuses religions -et d’ONG-, que l’égalité des hommes et des femmes que je considérais comme normale était en réalité une bataille toujours d’actualité (polémique sur les quotas). Après cette lecture, dure parfois, mais surtout émouvante et très instructive, j’ai pris conscience d’une certaine réalité qui ne coïncidait pas avec celle que j’avais avant.
Chaque fois que je relis ce livre, je retrouve les mêmes émotions : l’indignation, l’incompréhension mais surtout un certain soulagement. Le soulagement que de tels livres existent pour que l’on n’oublie pas le chemin parcouru et celui qu’il reste à parcourir pour qu’enfin, tous les êtres humains soient égaux.
C’est plus qu’un livre culte, pour moi, c’est un livre important, essentiel. Je l’offrirai, un jour, à mes enfants pour qu’eux non plus n’oublient pas :
«Le fĂ©minisme n’a jamais tuĂ© personne - le machisme tue tous les jours»
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posté le 28/04/2009 | 743 vues | 2 commentaires | tags: combat de femmes benoite groult misogynie feminisme littérature bouquin
je n’ai pas encore lu, c’est ajoute a ma liste maintenant. MERCI:)
ne pas oublie d’oĂą nous venons, c’est vrai.
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Benoîte Groult est une femme formidable.
“On a oubliĂ© le manque Ă ĂŞtre que cela pouvait reprĂ©senter de venir au monde sans aucun droit civique ni juridique et de grandir sans modèle prestigieux fĂ©minin dans l’histoire, confinĂ© Ă quatre ou cinq figures peu motivantes, on l’avouera, la Sainte Vierge, Jeanne d’Arc ou la Belle au bois dormant.”
C’est extrait de “La Touche Etoile”, oĂą j’ai Ă©galement trouvĂ© cette phrase très juste et qui rĂ©sonne comme un principe de vie :
” Et il faut se l’arracher, le bon temps, parce que personne ne va venir nous l’apporter sur un plateau.”