Article sélectionné par MyaMya lors de la semaine de rédaction en chef
Entre 1933 et 1945, tout le monde le sait, l’Allemagne a Ă©tĂ© dirigĂ©e par Adolf Hitler. Pendant ce temps, s’est dĂ©roulĂ©e la Seconde Guerre Mondiale, et, quoi qu’en disent certaines personnes nĂ©gationnistes, la « solution finale ». 6 000 000 de juifs, sans compter les Tziganes, les apatrides, les communistes, les homosexuels et les opposants de tout bord…
Après la tragĂ©die de la Seconde Guerre Mondiale, Adolf Hitler est devenu une personne taboue, diabolisĂ©e. Durant une cinquantaine d’annĂ©es, l’iconographie de cette guerre s’est essentiellement centrĂ©e sur les rĂ©sistants, les soldats, voire les Juifs et les camps… Et en Allemagne, il n’est pas permis de faire une seule mention Ă cette pĂ©riode très sombre de leur histoire…
 Il faut attendre 2005 pour voir deux films allemands coup sur coup sur la personnalitĂ© d’Adolf Hitler :
 - La Chute, d’Olivier Hirschbiegel (2005) qui a pour point de vue de montrer la chute du FĂĽhrer, soit les derniers jours avant le 30 avril 1945, date de son suicide. Donc très sombre.
 - Mein Führer de Dany Levi (2008) est son pendant contraire. Et il a été diffusé jeudi 23 avril sur Arte. Décidément, jeudi soir, soirée films très bien. Faites comme moi, regardez Arte !
 Mein FĂĽhrer prĂ©sente les coulisses du pouvoir, mais de manière très absurde. En 1944, le FĂĽhrer est en pleine dĂ©pression : Il est en train de perdre la guerre contre les AlliĂ©s et l’Allemagne est en ruines. Joseph Goebbels, son ministre de la Propagande, se souvient d’Adolf GrĂĽnbaum, vieux prof de théâtre juif internĂ© Ă Sachenhausen. Hitler doit faire un discours le 1er janvier 1945. Le rĂ´le de GrĂĽnbaum est donc de faire reprendre confiance au FĂĽhrer pour se prĂ©senter en public. Se noue alors entre les deux hommes une amitiĂ© sans prĂ©cĂ©dent, tandis que Goebbels et ses sbires perdent peu Ă peu le contrĂ´le sur Hitler…
 Ce qui fait polĂ©mique, c’est le 27e degrĂ© avec lequel Dany Levi, cinĂ©aste Suisse, traite Hitler. Lors de la remise en forme d’Hitler par GrĂĽnbaum, on le voit pathĂ©tique, risible et peu crĂ©dible dans le rĂ´le qu’est le sien. Ce qui fait la force du personnage d’Adolf GrĂĽnbaum, c’est sa bontĂ© d’âme qui dĂ©sarçonne Hitler au point de le tourner en ridicule son pire ennemi.
 On peut voir dans ce film certaines rĂ©fĂ©rences au cĂ©lèbre Dictateur de Charlie Chaplin. Ne serait-ce que la scène finale, la scène du discours. GrĂĽnbaum ouvre la fenetre, sa femme l’appelle Adolf, Adolf ! Et toute la foule – des centaines de milliers de personnes – le confondant avec le FĂĽhrer, signent tous Heil, Hitler devant GrĂĽnbaum… Et Hitler Ă©tant aphone, c’est GrĂĽnbaum qui fait le discours, qui devient bien Ă©videmment absurde…
 Mais Dany Levi pose une question : Est-ce qu’en Allemagne, en 2008, on peut rire d’Hitler ? Et lĂ est la polĂ©mique. Car Dany Levi est juif. Et il a fait son film avec des Allemands. DĂ©jĂ que La Chute avait provoquĂ© un profond malaise en Allemagne… C’est le premier film allemand qui parle du FĂĽhrer, et ce soixante ans après les faits… Et pourtant, le IIIe Reich est encore, Ă l’heure actuelle, tabou en Allemagne. Pour y avoir sĂ©journĂ© plusieurs fois, ceux qui ont la nostalgie de cette Ă©poque sont mis au ban. Il est donc difficile de crĂ©er une iconographie du IIIe Reich en Allemagne. Si en plus, on en rigole…
 Et pourtant, je suis persuadĂ©e que ce film est salutaire pour l’Allemagne. Une nation qui sait rire des pĂ©riodes les plus sombres de son histoire est une nation en bonne santĂ©. Certes, les blagues qui en dĂ©couleront paraĂ®tront de très mauvais goĂ»t. Mais la dĂ©rision qui en ressort permet de ne plus considĂ©rer cette pĂ©riode comme taboue.
 J’estime qu’il faut parler des guerres et des crises mondiales, mĂŞme sur le ton de l’humour noir. Car taire ce qu’il s’est passĂ©, par exemple, sous le rĂ©gime de Vichy en France est Ă mon sens plus destructeur de la civilisation que de provoquer sur le mĂŞme ton que les Sales blagues de Vuillemin. Prenons encore l’exemple de Charlie Hebdo : certains dessins sont limites, mais au moins, cela donne Ă rĂ©flĂ©chir, se documenter et mieux comprendre certaines situations.
 Ma conclusion serait qu’il est encore trop tĂ´t pour l’Allemagne de rigoler d’Hitler, mais ne pas en parler, mĂŞme sur le ton comique, revient presque Ă nier l’existence de ces horreurs. Le gĂ©nĂ©rique de fin de Mein FĂĽhrer est Ă ce sens Ă©difiant. Il y a un micro-trottoir avec la question Qui Ă©tait Hitler ? avec des Allemands de toutes gĂ©nĂ©rations. Et plus les sondĂ©s sont jeunes, moins ils connaissent Adolf Hitler. Mein FĂĽhrer arrive donc Ă temps.
posté le 23/04/2009 | 1020 vues | 14 commentaires | tags: adolf hitler reich fuhrer la chute charlie chaplin dany levi grünbaum Juif allemagne guerre histoire Culture
Je n’ai pas vu ce film, mais je trouve qu’on peut rire de tout Ă partir du moment oĂą on a assez de recul (je vois mal un film drĂ´le sur le 11 septembre pour le moment) et du moment qu’on ne tombe pas dans la vulgaritĂ©.
Pour Hitler, je trouve ça vraiment effrayants que les plus jeunes ne sachent pas qui il Ă©tait, mais ça ne m’Ă©tonne pas dans la mesure oĂą on essaye de ne pas parler de ce qu’il s’est passĂ©.
Pourtant connaĂ®tre l’histoire c’est Ă©viter de refaire les erreurs du passĂ©.
merci de faire cet article!
je l’avais vu Ă sa sortie lors de vacances en Allemagne, avec une amie allemande. eh bien il y a des passages oĂą toute la salle (moyenne d’âge 30 ans je dirais) et mon amie explosaient de rire pendant que moi, la Française, j’Ă©tais hyper choquĂ©e.
en France on aime bien dire que les Allemands ne se sont aps rĂ©conciliĂ©s avec leur passĂ©, qu’il culpabilisent encore, avec notre arrogance française qui se croit au-dessus, mais peut-ĂŞtre que les Allemands sont prĂŞts, finalement, pour de tels films…
@Dee Curl : Ça dĂ©pend vraiment oĂą tu vas, en Allemagne. Dans le village oĂą je vais, les personnes qui ont l’habitude de nous accueillir ont dit Ă ma maman Ă propos d’une personne qui Ă©tait très aimable et qui l’invitait Ă prendre un cafĂ© : « Vous savez, cet homme est bizarre, il ne faut pas aller chez lui. » Maman y va quand mĂŞme, tout se passe bien, jusqu’Ă ce qu’elle dĂ©couvre une pièce dans la maison oĂą il y avait tout un mausolĂ©e : portrait d’Hitler, uniforme SS…
Je peux te dire, DeeCurl, que les personnes qui ont vĂ©cu cette pĂ©riode, ainsi que leurs enfants, n’arrivent pas encore Ă rigoler sur cette pĂ©riode. Il faut attendre les enfants nĂ©s dans les annĂ©es 1970 pour trouver la population allemande qui prend du recul sur la Seconde Guerre Mondiale et le IIIe Reich. Un peu comme en France, finalement. Autant ma grand-mère maternelle, qui a vu la guerre de loin (mĂŞme si, tous les jours, elle voyait les Allemands frapper Ă sa porte et s’est offusquĂ©e devant les femmes tondues – elle avait 18 ans Ă l’Ă©poque), rigole quand elle voit « La vache et le prisonnier », « La grande vadrouille » ou « La traversĂ©e de Paris », autant ces films n’ont jamais fait rigoler mes grand-parents paternels. Mon grand-père a fui la Belgique Ă 19 ans, en 1940, et s’est tout de suite engagĂ© dans la rĂ©sistance en Picardie. Cela a toujours Ă©tĂ© un traumatisme, tellement qu’ils ne m’ont jamais parlĂ© de cette Ă©poque de leur vivant. Cela me dĂ©sole profondĂ©ment. D’ailleurs, mon grand-père en a terriblement voulu Ă mon père de s’engager pour l’amitiĂ© franco-allemande, mĂŞme 35 ans après la fin de la guerre. Ma grand-mère maternelle (la seule qui est vivante, dans le lot), mis Ă part qu’elle ne mettra jamais les pieds en Allemagne (mĂŞme si elle s’est plusieurs fois faite inviter par nos amis) et qu’elle n’ « accueillera jamais un boche chez elle », arrive quand mĂŞme Ă parler librement de cette Ă©poque.
Je n’ai pas encore vu ce film mais après avoir lu ton article, je crois que j’irai le voir dès que possible. Il me parait navrant et mĂŞme domageable que les plus jeunes gĂ©nĂ©rations oublient leur passĂ© (aussi tortueux fut Ă©tĂ©) car en voyant ce genre de film oĂą l’horreur est traitĂ© avec comique, ils risquent de ne voir en ce personnage que des traits “positifs”. Un parralèle avec l’histoire rĂ©el me semble nĂ©cessaire pour ne pas avoir une image faussĂ©e de la rĂ©alitĂ©.
la dĂ©rision, ici une certaine auto-dĂ©rision allemande est sans doute positif car c’est une façon de transcender son mal mais il faut savoir rĂ©ellement, quel mal (ici pas le moindre)!
très juste comme article , c’est vrai que lorque l’on parle de ça avec des allemands ils evitent le sujet non par mĂ©connaissance du sujet mais par peur d’ĂŞtre jugĂ©. Actuellement, je vis en colocation avec une danoise et ce we, elle et ses copines Ă©taient lĂ , on a justement aborder ce sujet et elles m’ont dit que mĂŞme pour elles c’Ă©tait difficile d’en parler Ă©tant donnĂ© que bcp de soldats danois se sont battus aux cĂ´tĂ© d’Hitler et qu’il y a culpabilisation mĂŞme pour la jeuness d’aujourdhui qui n’a rien Ă voir avec ce qu’il s’est passĂ©. Je pense que ce film doit ĂŞtre vu par tous parce que ce qui s’est passer Ă cette Ă©poque peu très bien se reproduire et toutes les nations sont concernĂ©es.
D’autre part, je suis d’accord avec toi on surestime trop Hitler Ă mon gĂ´ut il faut pas oublier qu’en plus de Goebbels, il avait Rudolf Hoss et Hermann Goering (les numĂ©ros 3 et 2 d’Hitler) qui ont pris pas mal de dĂ©cisions aussi.
je viens de voir un autre film, assez courageux pour traiter cette question au 117e degrĂ©… (OSS 117 Ă Rio) : quand Ă la fin, OSS explique au nazi poursuivi par lui et une agent secrète d’IsraĂ«l que comme les juifs, les nazis pourront un jour trouver un pays oĂą on les laissera vivre en paix… tout ça sur fond de Christ rĂ©dempteur (il le lui dit pour le convaincre de ne pas se suicider, et pouvoir l’arrĂŞter pour l’emmener en IsraĂ«l). Le jour oĂą on pourra rire des nazis… en parallèle avec les juifs, ou, plus encore (et je crois que c’est une des composantes de l’humour juif), quand les Allemands riront des juifs riant des nazis… on aura un peu fait avancer le schmilblick, non ?
Chère Storia Giovanna je vois que votre mère utilise toujours le terme “boche” tout comme la mienne. vous ĂŞtes Picarde, moi aussi. La diffĂ©rence c’est que ma mère est nĂ©e en 1924 et la votre est certainement nĂ©e dans les annĂ©es 60. N’oubliez pas que notre rĂ©gion a Ă©tĂ© occupĂ©e pendant 4 ans en 14-18 et 4 ans et demi en 40-44. Cela laisse des traces dans les mĂ©moires et les physiques (voir la taille de la gĂ©nĂ©ration du babby-boom). Quand, après les accords Adenauer-De Gaulle de 1963, l’armĂ©e allemande revient au camp de Sissonne faire des manoeuvres, ma mère hurle que les “boches” sont de retour. Elle crachera mĂŞme devant des soldats allemands qui se promenaient en ville. Trouvant cela dĂ©plaçé elle me dit “mais tu vois pas qu’ils sont habillĂ©s pareils avec leurs bottes Ă clous, leur pantalon dans les bottes et la mĂŞme casquette” . Il est Ă©vident que moi je ne ris pas mĂŞme en regardant le “Dictateur” comme je n’ai pas ri en visionnant “La Chute”. Tout simplement parce que je suis imprĂ©gnĂ© d’Histoire.
Laissons aux Allemands rĂ©gler leur Histoire, nous, nous en avons assez avec la notre. Rappelez vous vos cours d’Histoire : rĂ©pressions d’HaĂŻphong 1945, de SĂ©tif 1944 ((200 EuropĂ©ens d’AlgĂ©rie tuĂ©s 80 000 morts AlgĂ©riens) Madagascar 1947 (500 EuropĂ©ens tuĂ©s 89 000 morts Malgaches). Nous aussi rions de certaines scènes (voir “La victoire en chantant” de J.J. Annaud).
@ concordia : Je ne parle pas de ma mère, mais de ma grand-mère maternelle, nĂ©e en 1927. Je ne suis pas Picarde, mais Bretonne vivant Ă Paris. Mais il est vrai que mon père, lui, est Picard d’origine belge. Je comprends que c’est un traumatisme. Ce que je reproche Ă mes grands-parents paternels, c’est de ne jamais avoir su Ă©vacuer le traumatisme, de ne jamais avoir parlĂ© de cette pĂ©riode. Comme l’Histoire est en lien avec l’histoire personnelle, je n’ai jamais pu comprendre ma famille paternelle qui, Ă cause notamment de l’invasion de la Belgique par l’Allemagne en 1914 et en 1940 (puisqu’elle a subi les deux fuites), s’est retrouvĂ©e ĂŞtre une famille de dĂ©racinĂ©s. Moi qui ai Ă©tĂ© Ă©levĂ©e par ma famille maternelle, bretonne, venant d’un mĂŞme village, dans le respect des lieux et des ancĂŞtres, ça a toujours Ă©tĂ© une incomprĂ©hension. MĂŞme le fait d’Ă©voquer la Belgique pour mon grand-père paternel (puisque lui y est nĂ©) Ă©tait quasiment tabou. Il parlait de sa famille, de ses cousins, mais jamais de son enfance. J’ai l’impression qu’il n’a pas eu de vie avant 1945. Je n’ai su qu’Ă sa mort qu’il Ă©tait entrĂ© dans la RĂ©sistance dès son arrivĂ©e en France, en 1940, Ă 19 ans.
Quand je dis qu’il faut savoir faire la paix avec son histoire, je sais que ce n’est pas Ă©vident, mais je sais Ă quel point cela peut ĂŞtre salutaire. Ă€ titre de comparaison, mon grand-père maternel Ă©tait miltaire de carrière. Je ne l’ai jamais connu valide. Mais il a eu Ă coeur de raconter Ă ma grand-mère et Ă ses enfants toute l’horreur qu’il a vu quand il est allĂ© faire la Guerre d’Indochine et la Guerre d’AlgĂ©rie. Et ma grand-mère maternelle me raconte tout cela. C’est d’ailleurs grâce Ă elle que j’ai fait des Ă©tudes d’histoire.
Il n’y a pas eu que la Picardie d’occupĂ©e. Il y a eu tout le nord de la France, dans un premier temps. La Bretagne n’Ă©tait pas en reste. Ce qui a traumatisĂ© ma grand-mère maternelle, c’Ă©tait de voir des SS de 12-13 ans (elle avait 12 ans quand la Guerre a commencĂ©) dĂ©terminĂ©s Ă tuer. Mais elle n’a jamais eu de pudeur Ă me raconter ce traumatisme.
Ce que je veux dire Ă travers mon article, concordia, c’est qu’Ă force de taire les traumatismes liĂ©s Ă l’Histoire, comme Ă l’histoire familiale, cela devient destructeur pour les gĂ©nĂ©rations futures. En tĂ©moigne aujourd’hui la mĂ©connaissance totale par les jeunes gĂ©nĂ©rations de certains gĂ©nocides nationaux, comme aujourd’hui au Cambodge, par exemple, alors que la fin du rĂ©gime de Pol Pot ne remonte qu’Ă 1994.
Il y a eu deux autres comĂ©dies sur Hitler. “To be or not be” de Ernst Lubitsch, sorti en 1942.. Une comĂ©die qui se passe Ă Varsovie, pendant l’annexion de la Pologne. On y suit une troupe d’acteurs qui monte une pièce sur la Gestapo.
Mais surtout, il y a “Les Producteurs” de Mel Brooks (qui par ailleurs joue dans le remake de To Be Or Not To Be”. Dans ce film, on suit un duo de producteurs qui dĂ©cident de monter un flop pour arnaquer les assurances. Pour ĂŞtre sur de rater, ils montent une comĂ©die musicale “Un Printemps pour Hitler”. Ou Ă©videmment, Hitler est tournĂ© en ridicule. C’est absolument gĂ©nial. Il fallait la folie de Mel Brooks pour arriver a faire un truc aussi drĂ´le sur Hitler.
Hormis ça, je ne pense pas qu’en France on soit prĂ©s Ă rire de certaines pĂ©riodes. J’ai grandi pas loin de Vichy, et ça fait pas trop rire. Sans aller jusqu’a Pol Pot et les gĂ©nocides, je suis pas sur qu’en France on soit capable de rire de certains passages douteux de notre passĂ©, comme les “camps de regroupements” et passage Ă la gĂ©gĂ©ne en AlgĂ©rie.
Pareil pour nos amis Belges, malgrĂ© leur humour, je ne suis pas sĂ»r que leur rappeller l’histoire de Leopold II et du Congo Belge provoque l’hilaritĂ© gĂ©nĂ©rale…
CrĂ©nom, j’ai oubliĂ© de copier le lien du passage en question dans Les Producteurs :
http://www.youtube.com/watch?v=WCUfkMkVbwo
@traulever : MĂŞme si cela ne traite pas directement de Vichy, je pense que la collaboration a Ă©tĂ© quand mĂŞme pas mal tournĂ©e en dĂ©rision avec « Papy fait de la rĂ©sistance » et « La traversĂ©e de Paris ». Je remarque qu’en France, le cinĂ©ma Ă©tait quand mĂŞme moins frileux sur la collaboration pendant la Guerre que directement après la Guerre. Ă€ ce titre, un film comme « Un hĂ©ros très discret » est sympathique dans le sens qu’on Ă©crit bien l’histoire dans le sens que l’on veut.
Mais l’important, finalement, n’est pas qu’on en rigole, mais surtout qu’on en parle. Il est vrai qu’on a attendu 35 ans avant de faire « DiĂŞn BiĂŞn Phu » et plus de quarante ans avant de faire « Mon Colonel » (film très dur sur la Guerre d’AlgĂ©rie). Bien sĂ»r, ce ne sont pas des films comiques, mais ce sont des films français qui ont le mĂ©rite de parler crĂ»ment des atrocitĂ©s de l’Histoire de la France contemporaine. En ce sens, ils sont aussi salvateurs.
J’entends bien qu’il est difficile de faire de l’humour avec des atrocitĂ©s. Mais le fait qu’un juif fasse une comĂ©die avec des Allemands sur Adolf Hitler est Ă souligner.
Ca fait bien longtemps que je n’ai rien postĂ© sur LR mais lĂ Storia, je me dois d’y laisser mon commentaire. Merci d’avoir Ă©crit cet article hyper intĂ©ressant.
Pour ceux qui ne me connaissent pas je suis allemande d’origine par ma maman et ai toute une moitiĂ© de famille lĂ bas.
Pour information, je n’ai jamais rĂ©ussi Ă aborder le sujet “2nde Guerre Mondiale” avec ma grand-mère, tout ce que j’ai su est que mon grand-père avait enterrĂ© la radio dans le jardin pour ne pas se la faire rĂ©quisitionner (et que la radio fonctionne encore, grand bien lui fasse !). Pour la grand-mère c’est comme une preuve symbolique qu’ils n’Ă©taient pas d’accord mais franchement… c’est bien maigre.
Toujours est-il que bien que n’en ayant pas parlĂ© avec elle et bien que ne vivant pas lĂ bas, bien qu’Ă©tant Ă moitiĂ© française et bien qu’en ayant de l’humour, mĂŞme moi je porte ce poids sur les Ă©paules. Encore dimanche dernier une blague dĂ©bile a Ă©tĂ© faite et très honnĂŞtement, mĂŞme si j’encaisse hyper bien les vannes faciles, celles-ci je ne les accepte pas, quelle que soit la personne qui me les balance. L’humour sur le III ème Reich est pour moi un mauvais humour. J’estime qu’on n’a pas le droit de rire de la honte d’un peuple.
Maintenant je comprends la position des réalisateurs, je vous donne juste mon resenti : peut-être peut-on rire de tout, en tous cas moi non.
@Iza-belle : Je ne saurais donc que te conseiller « Mein FĂĽhrer », car si ta grand-mère n’a pas pu te parler, tu sauras comprendre aussi son traumatisme.
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Ton article est très juste ! Je n’ai pas vu ce film pour tout dire, mais après avoir lu ce que tu en dis j’aimerais le voir. Pour en revenir au sujet d’Hitler et des allemands, il y a quelque chose qui me choque. Tu l’as dit toi-mĂŞme, plus les allemands interviewĂ©s au micro-trottoir sont jeunes, moins ils connaissent Hitler. Et je trouve ça dĂ©solant qu’une nation ne connaissent pas plus son Histoire. J’espère en tout cas que des films comme “Mein FĂĽhrer” permettront aux gens d’accepter leur passĂ© et de vivre avec.