Humeurs

Rester femme tu devras !

Vous n’avez jamais remarqué ? Devenir une mère idéale ressemble étrangement à un entrainement de GI, à un parcours du combattant, à une initiation d’entrée dans une secte :

Rester femme tu devras !1- Pour être une mère parfaite la venue de ton enfant avec ferveur et acharnement tu prieras
2- Pour être une mère parfaite, attendre et galérer plusieurs mois tu devras
3- Pour être une mère parfaite des fringues régressives à col Claudine tu porteras
4- Pour être une mère parfaite, souffrir en souriant tu devras et l’accouchement à l’ancienne tu espèreras
5- Pour être une mère parfaite, te transformer en usine à lait tu kifferas

Et c’est bien tout le problème. Si l’on rate l’une des étapes essentielles du rituel, doit-on renoncer définitivement à tout espoir de ne pas finir fichée à la DASS ? Personnellement je n’ai pas connu l’ivresse du calcul des cycles, des câlins à heure fixe et de l’attente anxieuse avant chaque débarquement. Je me demande d’ailleurs si l’orgasme est plus intense les jours d’ovulation … Ou si les positions post-coïtales spécial fécondation ne cassent pas un peu l’ambiance. Pour ma part je n’ai pas refait le poirier depuis la classe de CP.

Non, c’est le hasard qui a fait son œuvre, tandis qu’inconsciente de mon état, je me suis crue terrassée chaque matin par la pire des gueules de bois… Et, si on en croit les livres, et parfois nos mères (elles ont réussi l’examen d’entrée dans la secte, elles !), c’était le point de départ de 9 mois de bonheur intense, radieuse et épanouie avec nos 25kg en trop, ravissante dans un petit sac à ventre informe H&M spécial grossesse, les pieds glissés dans des tongs (parce que nos bras n’atteignent plus nos chevilles)… Bref je ne sais pas d’où sort ce mythe de la reine des abeilles. J’avais personnellement plutôt le bourdon. Ah ah calembour digne d’un 5eme mois de grossesse, résultat direct de l’éradication des quelques millions de neurones qui faisaient de nous des femmes brillantes.

Squattée ! Voilà le mot qui convient le mieux. 9 mois de collocation incontournable où chacun essaie de ne pas perdre son espace vital. 9 mois à essayer de convaincre ses proches que non, devenir maman ne nous console pas de devenir informe et de souffrir de mille maux. Comme si avoir envie de parler de tout et de rien entre amies plutôt que de la taille et de la forme de notre ventre était inacceptable.

Et voilà comment avec quelques réflexes de survie assez simple on échoue au 5 premières épreuves de passage. Et cela n’ira pas en s’arrangeant en avouant un culte éternel à la sainte péridurale, au lait pasteurisé, aux baby-sitters, aux créateurs des plats préparés… Ou toute autre invention pouvant nous simplifier la vie, alléger notre tâche ou planquer nos cernes et nous faire basculer par là même occasion dans la catégorie des mères indignes.

Alors tant pis, et cela fait 7 ans et trois mois que je milite. Je l’avoue désormais bien volontiers : J’ai pris un abonnement à vie, une carte de membre du club pas si fermé des “Mamans Pas Parfaites”, celles qui assument haut et fort que leur vie de femme ne s’est pas arrêtée le jour ou elles ont fait pipi sur un bâtonnet bleu.

Et si parfois je prends les traits d’une mère juive ashkénaze (ahhh le fils à sa mère), je n’éprouve pas le besoin de m’étendre sur ses maladies infantiles, ni d’analyser publiquement ses exploits scatophiles. Je ne suis pas devenue exclusivement « la mère de », mais j’ai fait un pacte avec ma descendance. Je n’attends pas de lui qu’il soit parfait (en même temps, la vérité, il est beau mon fils), et lui promets en retour de rester celle que je suis : Amie de mes amies, maitresse de mes amants, chieuse parmi les chieuses, et accessoirement beaucoup plus têtue que lui…. Parfaitement imparfaite, donc.

Et à toutes celles qui comme moi auraient échoué aux examens de passage, je dis « Welcome on board Ladies » !

3 Responses to “Rester femme tu devras !”

  • “Squattée ! Voilà le mot qui convient le mieux” :)

  • Maman a même perdu du poids (oui oui) pendant ses grossesses. Et elle n’a pas abandonné sa vie de femme pour autant.

  • Amen! Je me retrouve aussi ici. Et à écouter untel : “Tu t’occupes trop de ton fils, sois plus femme, plus amie.”, une autre : “Tu ne t’en occupes pas assez”. Résultats : tu culpabilises, tu cogites, et puis, finalement , tu te dis que quoi que tu fasses, tu seras toujours la maman dont il y aura à redire. Tu feras des erreurs, tu feras de ton mieux, parce que tu l’élèves seule, et que tu l’aimes sans condition, mais que tu t’aimes aussi, et puis, que les commentaires de tout un chacun, en couple ou célibataire sans enfant, tu t’en tamponne le bourrichon, en fin de compte. Par ce que ce qui compte, justement, c’est que le petit et toi partagiez des moments de bonheur, au milieu des leçons de la vie. Devenir mère, c’est sûr, c’est dur, et pas (et même rarement) idyllique.
    Ce serait à refaire, je recommencerais quand même.

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