musique

I wanna fluck with Arthur H…

Lundi 23 mars 2009. Une date à marquer d’une pierre blanche dans ma mémoire. Pas parce que sept jours après, j’ai fêté mes 26 ans en Irlande. Mais ce lundi 23 mars 2009 est une grande première pour moi.

I wanna fluck with Arthur H…Oui, c’est mon premier concert dans une salle mythique, l’Olympia. Et pour mon premier concert mythique, je suis allée voir un artiste mythique : Arthur H. Je remercie encore l’homme de ma vie, mon Tiny, pour m’avoir permis de partager ce moment doux-dingue…

19h15, heure théorique du rendez-vous. Tiny est censé être parti à 18h de Vélizy. Or, à 19h, il n’a toujours pas quitté cette fameuse ville… Il arrive à 19h45 devant la salle, très en colère… Je lui ai acheté un sandwich pour qu’il tienne le coup, le pauvre chéri…

20h, nous entrons dans l’Olympia. Première partie : Coeur de Pirate, une petite Québécoise en piano-voix… Sympathique pour calmer mon homme de son stress post-embouteillage. Je le tiens comme tous les hommes de la salle tiennent leur femme, avec tendresse et regard protecteur. J’ai beau ne mesurer que 2 cm de plus que lui, je me sens toujours de le protéger…

21h : enfin, c’est lui… Et c’est parti pour deux heures de show, entre délirium, moments planants et featurings bien sentis (Yaël Naïm, sa petite soeur Izia et Mathias Malzieu…). C’est un régal…

Personnellement, je connaissais partiellement Arthur H. Je savais qu’il avait – comme beaucoup de chanteurs français à textes dont la plupart des chansons n’est diffusée que sur France Inter – la réputation de chanteur intello. Autant des mecs comme Bénabar se sont bien adaptés au grand public, autant Arthur, à l’image de Vincent Delerm, n’avait tendance qu’à attirer les bobos ou les étudiantes en lettres de la Sorbonne.

À vrai dire, je trouvais ça dommage. Car longtemps, le problème de Arthur H a été une ascendance très lourde (vous comprendrez pourquoi plus tard), mais aussi un public réduit aux seuls lecteurs de Télérama. Ce n’est pas facile, effectivement… Malgré tout, bon an mal an, il arrivait à se faire une place dans la chanson française, à l’image de son illustre papa.

Et puis est arrivé l’Homme du monde  et le désormais culte I wanna dance with Madonna (ouh ouh !). Et là, invitations quasi toutes les semaines sur Taratata, Victoire de la musique… Mais que s’est-il passé ?

Oui, Arthur, que s’est-il passé, nom de Dieu ? Ceci est la première question qui nous mènera à une enquête approfondie de la personnalité d’Arthur H….

1 – Mais qui est cet homme à la tête de chou ?
Avec ce que j’ai dit précédemment, vous savez donc que le père de monsieur Arthur H est connu. Mais non, il a beau avoir une tête de chou, avec des oreilles très décollées, Arthur n’est pas le fils de Serge Gainsbourg, malgré une ressemblance quand même frappante. Non. Arthur H(igelin), né le 27 mars 1966 à Paris, est donc le fils de Jacques H. Voui, le même qui squatte régulièrement la scène des Francofolies de la Rochelle et qui a signé le cultissime “Tombé du ciel”.
Mais comme monsieur n’a pas beaucoup vu papa pendant son enfance, il a des rapports un peu compliqués. C’est pourquoi, dès l’âge de 24 ans, en 1990, il fait ses premières armes assez jazzy avec un album éponyme. Suit l’expérience Bachibouzouk band  et un passif un peu underground. Il se fait connaître d’un plus large public avec “Négresse blanche ” (2003). C’est justement avec cet album que j’ai appris à le connaître. Depuis sa Victoire de la musique en 2009, il est enfin reconnaissable par tout le monde…

2 – Papa chanteur, maman artiste (Nicole Courtois)… Mais ils sont tous comme ça dans la famille d’Arthur H ?
Faut croire… Parce qu’il y a aussi ses petites demi-soeurs qui s’y mettent. Maya Barsony, aux sonorités ragga et pop, et Izia H, la petite dernière un peu rock, font parler d’elles depuis un petit moment déjà. Sacrée famille recomposée…

3 – Réglons la question tout de suite : Arthur est-il le fils de son père ?
Si Jacques a une voix quelque peu éraillée par l’abus de divers trucs, la voix rauque est la signature vocale d’Arthur depuis le début de sa carrière. Papa a un univers très conventionnel pour un chanteur à textes, c’est-à-dire qu’il ne va pas s’évertuer à se trouver un style musical pour habiller ses chansons. Tandis que Fiston a tout de suite voulu se démarquer en choisissant le groove et le jazz pour habiller son timbre qui excite mes oreilles et me donne des papillons dans le string… Sinon, la filiation se fait par le rapport au texte. La signature des chanteurs qui durent…

4 - Si je l’aime, est-ce que Arthur H m’aime aussi ?
Arthur H est en effet un distributeur d’amour pour son public. L’amour et ses dérivés sont effectivement au cœur de ses textes. S’il chante la femme et les sentiments qu’il éprouve pour elle, il chante aussi le manque d’affection parentale avec beaucoup d’émotions dans sa voix. Le pauvre chou, on a toutes envie de régler son complexe d’œdipe et de lui dire qu’il mérite toute l’attention de son papa autrement qu’en l’écrasant au Top 50…

5 - Arthur H a-t-il déjà fait l’amour sur ses chansons ?
Ses poses lascives sur scène et sur la plupart des photos de lui laissent à penser que l’homme n’est pas dénué d’ego, ni de sensualité. S’il ne fait pas l’amour sur ses chansons, il le fait avec son public comme une mannequin avec l’objectif d’un photographe de mode pervers… Et puis il y a assez de personnes comme ça qui le font (enfin, je pense… Parce que certaines de ses chansons sont des appels au sexe…)…

6 – Qu’est-ce que sa Victoire de la musique a changé ?
Outre la notoriété qu’elle lui apporte, Arthur H a enfin pu faire avec “L’homme du monde” ce que Nagui appellerait un Katerine-out (par assimilation au coming-out, pour les buses du dernier rang). Autrement dit, c’est l’histoire d’un artiste réputé intellectuel et imbuvable qui a un coup de folie et qui se fait repérer du grand public. Le grand précurseur du genre, vous l’aurez compris, est Philippe Katerine, devenu vachement pop depuis Louxor (j’adôôôôôoôôôre !!!!). Vous rigolez, mais ce n’est pas évident de remplir l’Olympia rien qu’avec des chansons à réflexion…

7 – Est-ce que Arthur H est sain d’esprit ?
Quand un homme déclare : “La vie, c’est du camembert fondu, c’est de la soupe de groseille, ne l’oublions pas”, on est en droit de se poser la question sur sa santé mentale. Plus zélé qu’un Didier Wampas à qui il ne resterait que le slip, Arthur pogote en fin de concert avec son public et philosophe de manière… particulière. Aurait-il pris des substances illicites avant de se présenter en public ? Nul ne sait, mais Arthur est un personnage… Le but de tout artiste.

8 – Arthur H sait-il émouvoir ?
Il est manifeste qu’avec certaines de ses chansons, Arthur se met à nu mentalement. Ses mélodies hypnotiques enveloppent chaque personne de son public et l’emmènent au plus profond de lui-même. Comme une bulle de savon avec laquelle on explorerait le monde sauvage…

Deux pics d’émotions durant le concert :
- La reprise de “Lay Lady lay” du grand Bob Dylan avec la sublime Yaël Naïm. Je vous promets, j’ai dansé un slow avec Tiny. J’avais envie de concevoir un enfant dans l’instant avec lui…

- Actualité triste oblige : Arthur a repris avec la petite Izia une chanson du regretté Alain Bashung. Et ils ont repris MA chanson. Aux premiers accords de guitare, j’ai reconnu. Et je fonds en sanglots. Je suis tout de suite consolée par Tiny qui me prend dans ses bras. Et je peux vous dire que 6.000 personnes qui reprennent en choeur On m’a vu dans le Vercors sauter à l’élastique… (pour ceux qui n’ont pas reconnu, c’est bien évidemment “La nuit, je mens”…). Pfff…

9 – Mais qu’est-ce que c’est que flucker ?
Fluck
, mais pas fuck… C’est prendre l’autre dans ses bras, sentir la chaleur et la vie intérieure de l’autre et entrer avec lui dans une communion brillante avec lui… Donc ce n’est pas sexuel… Mais bien sûr, Arthur…

10 – Enfin, est-ce que Tiny est l’homme de ma vie ?
Là n’est pas la question. Mais si vous la posez… Mais bien sûr ! Comment peut-il être autrement d’un homme qui vous emmène à un concert aussi génial que celui de Arthur H à l’Olympia ?

Enfin, pour celles et ceux qui veulent en savoir plus sur Arthur H, voici ma petite playlist un peu sélective par album :

L’homme du monde (2008)

- Mon nom est Kévin B. (Chanson très sombre sur la déchéance sociale vue par les yeux d’un enfant…)

- Dancing with Madonna (Gros pétage de cable qui a résulté au Katerine-out…)

- Si tu m’aimes (Je t’aime aussi…)

- Cosmonaute père & fils (Comment ne pas faire l’analogie avec ses relations avec Papa ?)

- L’abondance (Version acoustique avec juste Arthur à la guitare, très épurée… À l’image de cette chanson, réflexion basique sur la société de consommation…)

- The Hypno-Techno-Gypsy-Queen (Moment très très très planant, ou quand Arthur ne renie pas sa source première de création, le jazz…)

Adieu Tristesse (2005)

- Adieu Tristesse (Arthur fait ainsi des chansons où sa voix devient comme le ressac d’un coup de rein pour l’oreille de la femme sensible que je suis… Oula! foutus papillons dans le string…)

- Est-ce que tu aimes ? (Feat. – M -. Voici les prémices du Katerine-out)

Négresse blanche (2002)

- Le jardin des délices (C’est avec cette chanson que je suis tombée amoureuse de Arthur. Je le répète, c’est rare, un homme avec cette sensualité-là… Et il ne l’a même pas chantée à l’Olympia… Ouin !)

- Bo Derek (Négresse blanche a la particularité de tourner autour du plaisir des sens, de tous les sens…)

Arthur H (1990)

- Cool jazz (Car c’est son inspiration première, le jazz et le free jazz… Comme il était un peu branleur étant jeune, Papa Jacques lui présente le contrebasse Brad Scott. C’est une révélation…)

- La lune (Chanson du premier album, mais dernière chanson du concert à l’Olympia. C’est particulier de chanter ses premières chansons en rappel… On s’aperçoit également qu’il développe dès le début de sa carrière des univers particuliers, avec des textes péchus…)

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One Response to “I wanna fluck with Arthur H…”

  • wouah !!! sublime article, si mon âge me permet de ne plus être aussi novice que toi (côté Olympia, l’amour d’Arthur, et la date d’anniversaire : hey ! qu’il soit joyeux tout au long de l’année, et bon séjour en Irlande !), le style et le panache te reviennent en mérite : bravo donc, et merci pour ton enthousiasme communicatif.

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