Coeur

Un jour pour aimer, il faudra payer…

Article sélectionné par JelizaRose lors de la semaine de rédaction en chef

Quand j’avais 5 ans, tomber amoureuse c’était facile. Il était grand, s’appelait Papa et ne bronchait pas quand je me répandais sur lui.

Un jour pour aimer, il faudra payer…Quand j’avais 10 ans tomber amoureuse c’était hors de question. Ils jouaient aux billes me tiraient les nattes et surtout ne ressemblaient pas du tout au Ken qui semblait si bien combler la princesse aux grands pieds.

Quand j’avais 14 ans, tomber amoureuse c’était aléatoire et douloureux. Il s’appelait Arnaud, Mathieu, Olivier, Thomas, Jérôme… et le lendemain Edouard, Christophe, Romuald ou Raphaël. Ils n’appelaient jamais et ce malgré les heures d’incantations marmonnées devant le téléphone, et leurs copains passaient par mes copines pour savoir si je voulais aller à la boum mélanger nos appareils dentaires.

Quand j’avais 18 ans, tomber amoureuse c’était la classe ! On jouait dans la cour des grands, on avait des « relations sexuelles responsables et protégées » résumées humblement entre copines par un « ouais on l’a fait…je crois qu’il est amoureux» tandis que nos mâles paradaient dans leur Golf offerte par papa, Boys don’t cry à fond sur leur radio cassettes dernier cri.

Quand j’avais 25 ans, tomber amoureuse ça voulait dire projets… boulot, mariage, et pourquoi pas un bébé ? Nous les filles nous retrouvions en meutes pour traquer, dompter et asservir le mâle qui fuyait à grand renfort de bière son funeste destin.

Quand j’avais 30 ans, tomber amoureuse ça voulait dire vitesse. A peine un regard vers le passé, et déjà la tête dans un tourbillon. Back to the 90’s. Aimer dans l’urgence, aimer comme à 15 ans… l’acné en moins, la Gold en plus. Barbie guettait déjà sa première ride.

Tomber amoureuse à 35 ans et plus ? Hum je pourrai lancer un appel à témoin tiens… Je sais de source sûre que l’épopée ressemble à une vente à la criée ou au marché de Rungis. On vend on troque, satisfaite ou remboursée. On examine la marchandise sous tous les angles. Les mecs d’occasion soit, mais full options et pas question de réviser à la baisse le niveau d’exigence.

Pas question non plus de se faire passer pour une jeunette :
look de teenager attardée et cours de tecktonik au vestiaire !!! Capitalisons sur l’assurance de la trentaine, le fantasme de la femme indépendante, le mystère des vies passées… On est des femmes Barbara Gould, Shalimar, Ladies Room… et ça peut encore durer. Rappelons pour l’histoire que la blonde en plastique a fêté ses 50 ans et file toujours le parfait amour avec le blond décoloré.

Profitons Ladies, profitons… car un jour pour aimer il faudra payer…

(cc) -padawan-

5 Responses to “Un jour pour aimer, il faudra payer…”

  • Et bien en tant que célibataire de 35 ans, je reconnais que tu nous a bien retracé le parcours de combattant de la vie amoureuse.
    Seule depuis 2 ans, j’avoue que je suis plutôt défaitiste.
    Je pense qu’il est possible de re-tomber amoureux bien sur, mais tu ne recommences jamais vraiment à zéro, tu traines des casseroles derrière toi, tu es échaudé, enfin quand ça arrive, je ne vais pas dire que c’est un miracle mais presque…

  • Avatar de
    La Chieuse

    <je me suis connectée uniquement pour commenter ton article je dois te dire qu’il fichetrement bien fichu j’aime bien ton style le thème est trés trés bien comme je quoi je continue à être surprise sur LR merci pour ton article même si du coup je flipe un peu là vue que j’ai jamais un rond de coté alors si pour aimer faut raquer non non ch’uis pas d’accord là namého

  • Comme qui dirait, pour aimer, les hommes payent déjà. On la demande, oui ou non, l’égalité des sexes ? *Humour et joie de vivre*

  • @Storia : gros gros débat ;-)
    Pour le coeur oui ! C’est un peu comme s’être battues des années pour redorer l’image de ces femmes qu’on appelaient salope parce qu’elles s’alignaient sur les comportements masculins. On dirait que cela se calme un peu, même si nos drageuses font toujours peur aux mecs. Militons désormais pour l’images des femmes qui entretiennent un jeunot. Apres tout, un homme mur avec sa “nièce” de 20 piges, ça fait presque sourire. Une femme au bras d’un petit jeune ça déclenche les sarcasmes !
    Un pas en avant… deux pas en arrière !

    Pour tout le reste je lancerai un “NON” massif. Autant je suis pour lutter contre les injustices (mm boulot deux fois moins payée… arg) autant jouer les chiennes de garde pour avoir le même quotat de nana que de mecs dans l’armée… non.

  • J’adore ton texte!! Bravo
    très vrai!!

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