musique

I got the blues…

Vendredi soir dernier, Tiny Boy m’emmène dans un de ses lieux préférés de la capitale : le Centre Tchèque, rue Bonaparte (VIe arrondissment). C’est une pure cave dans le quartier de St-Germain-des Prés, comme il existe dans mes fantasmes d’amatrice de jazz. Évidemment, en amateur de Boris Vian, il ne pouvait qu’être enthousiasmé par ce quartier où il revient comme en pèlerinage. Il avait ses habitudes d’étudiant et de jeune professionnel, avant qu’il n’aille revivre à ses sources, à Fontainebleau.

I got the blues…Vous me direz : Ils y sont forcément allés voire du jazz. Et ben pas du tout. Nous sommes allés voir un concert de blues : le guitariste marseillais Chris Lancry, accompagné du pianiste ch’ti Luc Bertin et du bassiste titi Gilles Michel, s’est fait une joie d’animer une nouvelle soirée en amoureux (comme s’il jouait rien que pour nous – Giovanna, arrête ton char ^^).

Parlons de l’ambiance dans un premier temps. Beaucoup d’étudiants – le Centre tchèque est juste à côté de l’école des Beaux-Arts –, de jeunes Germanopratins qui se la pètent, genre je connais tout le monde dans la salle, normal, je suis un VIP…, de vieux Germanopratins embourgeoisés, et pas mal de Tchèques surtout. Ce qui est drôle, c’est que le bar du Centre tchèque est tenu par des étudiants natifs du pays, mais que c’est une petite fille qui fait office d’interprète quand certaines notions sont incomprises. À partir de 23h, il n’y a plus que des jeunes dans la cave, ce qui se ressent sur la qualité d’écoute de la musique.

Parlons maintenant du concert en lui-même. Chris Lancry, talentueux guitariste de blues, semble être physiquement le fils caché de Fernandel. Malgré tout, c’est un guitariste respecté dans le milieu – je veux bien croire –, puisque depuis les années 1970, il a quitté Marseille pour faire des tournées dans différentes salles parisiennes. Ayant bâti une certaine notoriété, il organise à l’heure actuelle des stages de guitare blues.

Mais le musicien qui m’a le plus marqué, c’est Gilles Michel, l’impassible bassiste qui a connu Mai 68 et bien plus encore. Tiny se demandait au début du concert s’il avait effectivement égaré son dentier à l’hospice…

Pour vous décrire physiquement Gilles Michel, on dirait Cliff Williams, le bassiste d’AC/DC, la permanente à la Joan van Ark dans Dynasty en moins. Impassible donc, il enchaîne les morceaux, laissant les applaudissements aux solos de ses compères. Tiens, il effectue un rictus : kifferait-il la vibe ? Non, c’est juste une mèche de cheveu qui l’énerve. Escroc, il va même jusqu’à faire croire qu’il a composé le morceau qu’il vient de chanter…

Luc Bertin, le pianiste jazzy-blues, enchaîne toute la soirée les improvisations les plus lyriques, jusqu’à ce qu’une âme charitable lui paie des bières. Et là, ce n’est plus les impros stylées, mais le n’importe quoi qu’il enchaîne. J’ai vécu cette agonie du pianiste avec bonheur avec Tiny, d’autant plus que le volume sonore des discussions des spectateurs permettait de ne pas trop souffrir des fausses notes.

Bref, pour ma première soirée dans une cave germanopratine, elle fut bien agréable. Petit endroit à suivre…

(cc) country boy shane

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>