A la lecture du courriel d’une amie en mission humanitaire en HaĂŻti pour 3 mois, j’ai eu le dĂ©sir de partager ces quelques pensĂ©es… qui Ă©videmment n´engagent que moi.
J´ai senti en parcourant ce message sa frustration et sa tristesse de ne pas se sentir « sur le terrain » (une des expressions favorites des travailleurs humanitaires). Elle avait le sentiment que de son bureau, elle ne ferait jamais avancer les choses, que son rôle dans l´équipe n´avait que peu d´intérêt, qu´elle ne serait pas celle qui sauverait des vies ou changerait des existences.
Je remarque depuis que je travaille dans ce secteur, que de nombreuses personnes (qu’elles ne partent qu’une seule fois ou fassent « carrière ») ont ce regret, celui de n´être qu’un pion sur l’Ă©chiquier. Justement, voilĂ oĂą rĂ©side la rĂ©ussite d´un projet et la satisfaction (parfois souvent la survie) des bĂ©nĂ©ficiaires, dans cette capacitĂ© qu’ont les diffĂ©rents acteurs Ă travailler ensemble, Ă former cette chaĂ®ne humaine, Ă unir leurs compĂ©tences. Je m´explique.
Un chirurgien, aussi doué soit-il, ne pourra pas opérer si le logisticien ne l´a pas approvisionné en matériel médical. Un centre de santé ne pourra fonctionner si la responsable RH ne procède ni au recrutement, ni au suivi du personnel. Le projet n´existera pas si le coordinateur financier n´est pas là pour contrôler, suivre et planifier les budgets.
J’aurais envie de dire Ă tous ceux qui pensent que sauver des vies, c´est permettre Ă un cĹ“ur de battre, d´imaginer un instant ce mĂ©decin tout seul dans la brousse sans matĂ©riel, sans mĂ©dicaments… en fait non ne l´imaginez pas, car ce mĂ©decin tout seul ne serait jamais parti.
(cc) gruntzooki
posté le 08/03/2009 | 615 vues | 1 commentaire | tags: ONG humanitaire engagement solidarité
NB : Avant de commenter, rendez-vous sur la charte des commentaires
Vous devez vous identifier pour pouvoir laisser un commentaire.

Des filles et des talents Troisième jour de rédac' chef pour Laurie et encore une sélection de textes aussi inspirés et émouvants les uns que les autres.
Some kind of unreal music #17 : Nécrologies Petit retour sur les carrières de deux figures emblématique de la musique.
Doc BBC #18 : Boenbotte, un ami qui nous veut du bien… Docteur Britbrit Chérie remonte les bretelles d'une Lady et vole à la rescousse de Boenbotte !
Je me dois de vous prévenir : alors je vous préviens, perdre l’un de ses meilleurs amis n’est pas une sinécure, si un jour on vous en donne l’opportunité, refusez immédiatement et faites de votre possible pour éviter toute...
« On ne badine pas avec l'Amour » d'Alfred de Musset. Alors voilà . Je vais vous parler du XIXème siècle. D’une pièce de théâtre qui commence comme une gentille bluette et qui finit en tragédie. On était pourtant...
Depuis plusieurs jours je m’installe à une terrasse et je regarde une grand-mère avec sa petite-fille… La grand-mère doit avoir la cinquantaine, elle semble jeune et dynamique, elle admire sa petite-fille qui doit avoir entre six...
La fille est debout devant le miroir, elle est en culotte, les cheveux en bataille, le dos un peu voûté, l'air misérable. Elle doit avoir dans les 25 ans, et voilà dix minutes que debout devant...
« J’ai parfois envie de vous dire tant de choses. » Mais par où commencer ? Là est la question. « Est-ce que je vous parle de la pluie et du beau temps ? Du dernier navet vu au cinéma ? Peut-être pourrais-je commencer par vous parler…
Depuis quelques temps, je me laisse aller sur le plan alimentaire. J’ai bien conscience que faire des apéros en grignotant des tas de cochonneries trois fois par semaine (minimum...) n’est...
Tu as raison mais bien sĂ»r quand on est postĂ© derrière un bureau et qu’on fournit fatalement un service public ou privĂ©, on se sent certainement moins impliquĂ© qu’une personne qui fait de l’humanitaire! tout est dans le symbole…et si certains se sentent obligĂ©s de partir, ou de quitter leur travail, ou de faire quelque chose matĂ©riellement pour changer les choses, c’est toujours plus gratifiant qu’ĂŞtre le simple exĂ©cutant d’une longue chaĂ®ne dont on a du mal Ă percevoir le bout. Et pas toujours cohĂ©rent avec une logique altruiste et dĂ©sintĂ©ressĂ©e.