Article sélectionné par La poupée russe lors de sa semaine de rédaction en chef
Film récompensé huit fois aux Oscars ce n’est pas la le problème. Les huit Oscars sont mérités. Mais la violence de la réalité demeure bouleversante voire gênante. Le plus choquant reste le contraste entre le plateau du ” Qui veut gagner des millions?” indien et le monde violent, meurtrier des bidonvilles de Munbai. A chaque question posée correspond en gros une partie de la vie de ce jeune garçon qui en partant de rien a tout gagné. Ce film retrace le parcours de deux frères à travers la misère des bas- fonds de Mumbai.
On voit à quel point les pauvres sont considérés comme des vermines, des gens pauvres qui ne peuvent a priori pas avoir de culture. La culture ne s’acquiert pas seulement à l’école mais dans la vie qu’il mène. Jamal ( le candidat au jeu ) n’a pas la prétention d’avoir de la culture, de maîtriser parfaitement les repères culturels indiens. Il est tout simplement naturel, humble, simple, sincère. Mais cette sincérité ne semble pas suffire pour qu’il soit un candidat comme les autres. Son milieu d’origine le rend suspect d’une victoire non méritée. Injustement il est arrêté soi-disant pour tricherie mais il n’en est rien. Ainsi un gamin des bidonvilles ne peut-il pas gagner un jeu de divertissement Pour eux non. Il n’est pas possible qu’il ait gagné normalement. Son milieu social l’exclut. Le monde est injuste, l’Inde est injuste avec ses laissés pour compte. Elle les fustige, les violente, cherche à cacher la misère par le glamour de Bollywood.
Ici il n’en est rien. La misère saute aux yeux, la violence agresse et met mal à l’aise. On y voit comment sont traités les pauvres, ce qu’ils doivent faire pour survivre. Même si on en a une vague idée des images dures parfois insoutenables nous montre une réalité qu’on semble avoir oubliée.
Quand on pense à l’Inde, on pense au développement ininterrompu que connaît ce pays depuis quelques années. Cette croissance excessive accroît les inégalités. Les pauvres restent pauvres. Certaines images brutales révèlent aussi les divisions raciales et sociales de l’Inde. Mais surtout dans ces quartiers oubliés règnent la violence, la mort, les trafics en tout genre mais surtout la misère qui en découle. Malgré le destin hors-normes de Jamal qui devient un héros en devenant milliardaire, ce film ne doit pas être réduit à cette idée. Survivre pour vivre une vie décente, lutter contre la mort, s’en sortir : ce film est une leçon de vie où l’espoir existe malgré la cruauté de la vie. A côté nos tracas quotidiens ne sont rien.
Le fait que Danny Boyle ait choisi des acteurs du cru a permis au film d’être d’une réalité cruelle. On a donc l’impression que le film est aussi fort qu’une réalité si loin de nous. Cette distance m’a beaucoup troublée. Même si quelques scènes sont plus légères, ce film reste lourd. Même si quelques scènes peuvent nous faire sourire voire rire ce ne sont que de rares scènes. Eh puis ce n’est pas un vrai rire mais un rire qui permet de se détendre devant une atmosphère tendue.
La seule note de légèreté se trouve dans la dernière scène lorsque Jamal retrouve enfin celle qu’il aime, Latika. Ce n’est qu’à la toute fin du film qu’ils peuvent vivre leur histoire d’amour sans contraintes. Un peu de douceur de Bollywood dans un monde de brutes.
Ce film fait réfléchir comme le ferait Blood Diamond, Lord of Violence ou History of Violence dans des catégories différentes. Il ne me reste plus qu’ à lire le livre pour le comparer au livre pour voir si l’adaptation est fidèle ou non. Si vous voulez le voir il faut avoir le cÅ“ur bien accroché. Sensibles s’abstenir. Le mieux c’est d’en parler juste après et de ne pas le voir tard le soir. Histoire que ce bon film ne vous empêche pas de dormir.
posté le 07/03/2009 | 895 vues | 2 commentaires | tags: slumdog millionnaire Oscars inde jess cinoche film
oui eaxctement. D’ailleurs lorsqu’ils sont retourner en Inde ils ont été acclamé par tous les habitants du bidonvilles dont ils sont originaires.
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