Ladies Room - Le quotidien des filles a la page

25. mai 2012

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xena

Se shooter pour vivre ou vivre pour se shooter ?

Article sélectionné par La poupée russe lors de sa semaine de rédaction en chef

Dans la vie, il y a plusieurs catégories de personnes : celles qui aiment la dope pour triper et celles qui aiment la dope pour vivre.

62171904_db2d005dbc.jpgJ’appartiens Ă  la deuxième catĂ©gorie, je fais partie de ces gens qui se shootent pour affronter certaines Ă©preuves de la vie, oui il m’est arrivĂ© de me shooter pour vivre. Ou plutĂ´t pour pouvoir vivre plus sereinement.

A l’ heure oĂą les maladies rĂ©gressent grâce Ă  notre chère mĂ©decine, on note toutefois que les maladies mentales (troubles anxieux, dĂ©pressions et autres…) sont dĂ©crites comme le mal du siècle avec bien sur trop de prescription des mĂ©decins Ă  la clĂ©.

Personnellement, j’ai jamais essayĂ© la drogue, ça ne m’intĂ©resse pas de fumer des spliffs pour planer. C’est pas du tout mon kiff de m’injecter de la drogue par intraveineuse ou de sniffer de la poudre. Ok, j’aime bien picoler comme tout le monde, je l’avoue.

Mais, le problème rĂ©side dans le fait que j’ai toujours eu un tempĂ©rament anxieux, va savoir pourquoi. Et qu’il y a des moments dans ma vie oĂą je me suis sentie Ă  20 000 lieues sous les mer. J’avais l’impression d’ĂŞtre une merde voire une sous-merde. Ce qui m’a conduit Ă  des Ă©pisodes insomniaques, des crises d’hystĂ©rie avec hurlements, syncopes, pleurs et compagnie.

A 15 ans, je ne dormais que 2 heures par nuit. Puis, j’ai Ă©tĂ© voir des mĂ©decins qui m’ont dit de me relaxer et de penser Ă  autre chose. Oui, j’Ă©tais hypersensible pas de quoi en faire une montagne. Le problème c’est que ça c’est facile Ă  dire mais concrètement Ă  15 ans et mĂŞme maintenant c’est dur de prendre sur soi pour Ă©viter les troubles anxieux. Et puis les anxiolytiques ont fait leur apparition. Et ça, ça vous facilite la vie vous pouvez pas savoir, vous passez votre temps shootĂ© c’est le pied.

Demain, j’ai un oral, hop un anxiolytique, après-demain j’ai une Ă©valuation, allez hop anxiolytique, tiens en ce moment je suis stressĂ©e, hop un Lexomil, j’arrive pas Ă  dormir en ce moment allez hop un coup d’Atarax et ça repart. Putain, mĂŞme quand je fais mes courses j’ai la peur au ventre, allez on va se prendre un remontant, faudrait pas que le stress foute notre vie en l’air.

Ouais, mais tout ça c’est pas moi, je ne suis pas une larve sans Ă©motions, sans vie qui ne ressent rien, ni peine ni joie. Les mĂ©dicaments ça vous vide, il n’y a plus rien après ni Ă©motions ni quoi que ce soit. On est juste une loque. Il est vrai que parfois dans la vie il y a des coups durs, c’est bien d’avoir un remontant. Le souci c’est qu’après le remontant devient automatique et que sans sa boite d’Atarax on fait plus rien. A l’ heure actuelle, j’ai compris que je prĂ©fĂ©rais ĂŞtre la Xena stressĂ©e, angoissĂ©e, me mettre dans des situations qui provoquent le stress, pour apprendre Ă  le gĂ©rer et pas faire de l’Ă©vitement par les mĂ©docs.

Ces derniers temps, j’ai eu pas mal d’emmerdes et j’ai touchĂ© le fond, toujours de la mĂŞme manière, crises de panique, crise de nerfs, troubles digestifs, cauchemars. Je ne supportais plus rien : les remarques des gens sur mon antipathie (mĂŞme de mes proches), les nanas avec des gosses parce que je m’en veux Ă  mort d’avoir fait une IVG, les ex qui me rappellent juste pour niquer.

Et mĂŞme tout mon passĂ© a Ă©tĂ© remis en question. J’ai Ă©tĂ© voir des psychologues qui vous laissent blablater pendant des heures sans dire quoique ce soit. Et enfin, rĂ©cemment je me suis dit qu’après tout ça faisait partie des alĂ©as de la vie et qu’Ă  la moindre contrariĂ©tĂ© il fallait pas sauter sur sa boite de tranquillisants.

Après avoir eu une discussion avec un proche qui m’a dit que je me malmenais totalement, et que ces troubles n’Ă©taient que le fruit de ce que je faisais, qu’en somme c’Ă©tait un signal d’alarme de mon corps. Cette discussion m’a fait rĂ©flĂ©chir, après tout, tout le monde a dĂ©jĂ  eu des passages Ă  vide qui sont parfois lĂ  pour nous faire rĂ©flĂ©chir.

Donc, j’ai dĂ©cidĂ© en mon âme et conscience de substituer mes tranquillisants par des gĂ©lules d’aubĂ©pine (pour ceux (celles) que ça intĂ©resse, c’est 100 % vĂ©gĂ©tal et chez Arkopharma) parce qu’on peut pas arrĂŞter les mĂ©dicaments sans rien prendre (risque de crises de manque, ouais comme les camĂ©s ! Ça fait froid dans le dos quand les mĂ©decins vous disent ça). Et d’autre part de considĂ©rer mon stress comme quelque chose de positif, dans une moindre mesure, parce que s’il n’avait pas Ă©tĂ© lĂ  peut-ĂŞtre que je n’aurais pas Ă©tĂ© aussi loin dans mes Ă©tudes, peut-ĂŞtre que je serais passĂ©e Ă  cĂ´tĂ© de beaucoup de choses.

(cc) timsamoff

 

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Les anxiolytiques c’est comme tout le reste, bon si consommĂ© avec modĂ©ration.

Et puis il en faut des tripes pour admettre que ça va mal et que c’est comme ça et qu’il va falloir prendre une grande bouffĂ©e d’air et rĂ©ussir Ă  surmonter toutes les merdes aux quelles on est confrontĂ© dans sa vie de tous les jours.


Si tu peux le faire, c’est gĂ©nial. Moi, franchement, je ne suis sĂ»re de rien quant Ă  ma capacitĂ© Ă  gĂ©rer les choses. Les pensĂ©es nĂ©gatives. J’aimerais bien mais j’ai du chemin. Certes, ça fait avancer les passages Ă  vide. Mais quand ça dure on ne sait plus quoi penser…


 

Je pense Anorak qu’il faut jamais commencer Ă  en prendre, je sais que dans certains cas extrĂŞmes ça peut aider mais pour les gens anxieux comme moi ça n’aide pas parce qu’ aussitĂ´t t’arrĂŞte de prendre tes mĂ©dicaments aussitĂ´t ça revient et il faut traiter le problème dans le fond et non dans la forme. La sophrologie peut aider je pense et moi mes crises d’angoisses se font plus rares parce que je sais comment les gĂ©rer. J’inspire, je bloque ma respiration pendant 5 secondes, j’expire pendant 7 secondes … tout ça c’est des techniques sophrologiques qu’on m’a apprises.


 

Je trouve ça comme mĂŞme choquant qu’un mĂ©decin rescrive des anxiolitique Ă  une fille de 15 ans. Il exite comme mĂŞme des mĂ©thodes alternatives qui peuvent Ă©viter d’en arriver lĂ . Et puis je pense que comprendre la source du stress c’est dĂ©jĂ  destresser en partie. Et c’est vrai que la sophrologie aide beaucoup dans ce genre de cas. Malheureusement, on informe très peu les gens et on prĂ©fère leur refiler une ordonnance.


 

Bien sĂ»r que la prise de mĂ©docs c’est choquant, surtout quand on a 15-20 ans et qu’apparemment Ă  cet âge-lĂ  le cerveau n’est pas “fini”.


Mais quand progressivement l’anxiĂ©tĂ© s’installe pour devenir quotidienne, tu ne peux plus RIEN faire (conduire, promener ton chien, aller au cinĂ©ma, acheter du pain, faire une soirĂ©e entre potes, tout ça c’est l’enfer.)


Oui j’ai ce problème et je suis passĂ©e par les anxiolytiques & antidĂ©presseurs. Y a un temps d’adaptation tout de mĂŞme assez difficile mais après … wahou bonheur ! Tellement bonheur que j’ai pris peur de ce bien-ĂŞtre artificiel, de cette chimie magique. Et puis rendre visite Ă  monsieur le psy m’agaçait. Alors j’ai tout arrĂŞtĂ©. Bam. Et ça allait bien. J’ai pu travailler, reprendre mes Ă©tudes, faire un super voyage …


Mais il est revenu, ce mal-ĂŞtre permanent. Avec les crises d’angoisses et pire, l’angoisse de la crise d’angoisse. Le stress c’est un putain de cercle vicieux. C’est l’effet boule de neige par excellence. Et ça mine le moral aussi. Parce que c’est difficile d’en parler. Je ne peux pas m’empĂŞcher d’avoir honte et d’essayer de le cacher.


Enfin tout ça pour dire que cet article et ces commentaires m’ont fait rĂ©agir parce que cette semaine, j’essaye la sophrologie ! En espĂ©rant que ce soit efficace. En tout cas vos commentaires vont dans ce sens, c’est encourageant.


 

@octave : je suis entièrement d’accord avec toi mais malheureusement les mĂ©decins sont pas des psy alors Ă  part te filer des cachets et te donner l’adresser d’un collègue psy ils peuvent pas faire grand chose. Mais, il est vrai que aucun mĂ©decin ne m’a parlĂ© de la sophrologie et des mĂ©decines alternatives (homĂ©opathie, acupuncture …) et je trouve ça dommage.

@arual : c’est EXACTEMENT ça, le cercle vicieux tu angoisse de l’angoisse et ta vie entière devient une Ă©preuve. Mais depuis que je me suis faite Ă  l’idĂ©e que j’Ă©tais une angoissĂ©e et que j’assume que je fais des crises, dans ma tĂŞte ça va mieux. Justement, il faut pas avoir honte. J’ai demandĂ© Ă  bcp de personnes autour de moi si elles avaient dĂ©jĂ  fait des crises d’angoisse et honnĂŞtement c’est super frĂ©quent surtout chez les femmes. Demande autour de toi et tu vas dĂ©dramatiser. Y parait que les TCC (thĂ©rapies comportementales et cognitives), c’est extra et ça guĂ©ri Ă  presque 100%.


 

En tout cas merci Xena de ce témoignage.


C’est vrai qu’on entend peu parler des alternatives aux mĂ©dicaments. Que ce soit pour les troubles psychiatriques que pour des maux plus bĂ©nins.


“Les antibiotiques, c’est pas automatiques.” Tellement relou mais tellement vrai. ( Et d’ailleurs pas que les antibiotiques. Aussi les anti-douleurs et anti-je ne sais quoi …!)


 

“Y parait que les TCC (thĂ©rapies comportementales et cognitives), c’est extra et ça guĂ©ri Ă  presque 100%.” Il n’y a pas de mĂ©thode miracle et la guĂ©rison Ă  100% n’existe pas.

Disons que les TTC sont rĂ©servĂ©es Ă  des personnes qui n’ont des problèmes que ponctuels, puisqu’il s’agit uniquement d’agir sur le comportement, c’est Ă  dire “comment” et non sur le “pourquoi”. certaines personnes auront besoin de creuser plus profonds pour affronter des souvenirs difficiles.

Mais en effet, l’anxiĂ©tĂ© est une maladie de femmes, qu’il faut “intĂ©grer” dans sa manière d’ĂŞtre, plus sensible, plus empathique, moins hermĂ©tique aux autres…


 

Salut Xena !

Je viens de lire ton post et je me suis pas mal retrouvĂ©e…

Je suis hypersensible depuis toujours et diagnostiquĂ©e “anxieuse chronique” depuis l’âge de 17 ans, âge auxquels j’ai pris mes premiers petits cachets.

Et j’en prends toujours, parce que comme tu le dis, ça facilite la vie. Surtout quand c’est la seule solution pour mener une vie normale, parce que sans ça, il y a des pĂ©riodes oĂą je ne pourrais mĂŞme pas sortir de chez moi.

Le pire c’est que l’angoisse permanente ça ne se guĂ©rit pas, il n’y a rien Ă  faire, c’est comme ça. Il faut simplement apprendre Ă  mieux la gĂ©rer. Pour l’instant je ne suis capable de le faire qu’avec des mĂ©dicaments mais peut-ĂŞtre qu’un jour, je pourrais m’en passer…

Mais si je n’y arrive jamais, ce n’est pas grave ! Ce ne sont jamais que des anxiolytiques…Autrement dit rien comparĂ© Ă  la trithĂ©rapie des sĂ©ropositifs, par exemple. Eux ont une vraie maladie, la mienne est juste dans ma tĂŞte !


 

Bleue et Violette, ce n’est pas parce que c’est dans nos tĂŞtes que ce n’est pas une “vraie maladie” comme tu l’as Ă©crit.


Ok, comparĂ© au sida, c’est pas mortel.


Mais quand même, ça reste une MALADIE.


 

salut Xena, je viens de lire ton texte special Q et comme j’etais connecte j’en profite pour mettre un com’. je vais surement me faire jeter de nouveau mais tant pis.

j’ai de mon cote passe pas mal de temps chez des psys et pris pas mal de saletes Prozac, xanax , noctamide et d’autres dont j’ai oublie le nom).

parlant de xanax rien de tel que cette salete pour empecher le drapeau de se dresser fierement :s

A mon avis il faut d’abord arriver a cerner ce qui te tracsse et si c’est un bon psy son role sera de t’amener a cracher le morceau et mettre le doigt sur le ou les problemes. Pendant le processus les cachous seront une aide precieuse mais devront a mes etre progressivement abandonnes.

En effet si tu en as besoin quotidiennement apres avoir determine l’origine de tes maux c’est comme essayer de guerrir une plaie causee par une echarde sans oter le corps etranger ou bien mettre du fond de teint pour camoufler un cocquard: ca sert a rien.

Tu as deja rencontree storia et je pense que pour une fois elle sera du meme avis que moi sur ce sujet.

Un rapprochement spirituel avec Dieu te ferait le plus grand bien. ok je sors!!! enfin pas tout de suite.

Je ne parles pas la des abus sexuels des pretres et du bling-bling que l’on appelle religion mais bien de la presence reconfortante de Dieu en soit.

C’est vrai que c’est acontre courant de la mode. Pour faire bien de nos jours il faut etre athe(e) mais lorsque je lis la grosse majorite des articles de ce site je constate un mal vivre omni present. Entre les gens deprimes pour telle ou telle raison et les divagations sur les differentes appelations des plans cul (fling, sex friend etc…) on sent le mal-etre.

pour ce qui est de ton IVG nous en avons deja longuement discute. pour ce qui est de ton jules qui part, revient etc… je pense que tu es suffisament forte pour tirer un trait dessus une bonne fois. Nous avons tous deux que tu n’auras pas de difficultes pour te trouver un autre mec.(tes ecrits le prouvent et nous savons tous deux que tu es physiquement desirable).

Bref je te souhaite de trouver une voix qui te permette de te debarrasser de ces medocs pour de bon


 

@arual : merci

@ drunna: je t’ai laissĂ© un commentaire sur ton tĂ©moignage

@ BeV : dis donc ça fait longtemps qu’on t’avais pas vu ici miss, ça fait plaisir. perso, les mĂ©docs je trouve que c’est pas gĂ©nial comme je le disais plus haut, ça soigne le problème dans le forme mais pas dans la fond. je pense qu’il faut te forcer Ă  te mettre dans des situations stressantes après on gère beaucoup mieux. Moi, c’est ce que je fais.

@frenchi : je suis dĂ©jĂ  croyante mais j’aime pas pratiquer la religion on en avait dĂ©jĂ  parler. Et non, il n’y a aucun mal ĂŞtre chez moi il ne faut pas confondre angoisse et dĂ©pression les mĂ©dicaments que tu prenaient sont des antidĂ©presseurs, moi je prend des anxiolytiques et ça n’a rien Ă  voir. Je suis angoissĂ©e point. Mais pas dĂ©pressive et ma vie sexuelle ne joue en rien et mon ex heureusement qu’il est lĂ  mĂŞme si je le dĂ©monte Ă  chaque fois, je suis heureuse qu’il soit dans ma vie il comprend mes problèmes et m’aide Ă  y voir plus clair il est pas facile Ă  vivre mais j’aime ses dĂ©fauts. Merci toutefois pour ton commentaire.


 

Je te comprends tout Ă  fait. Je suis insomniaque et l’ai toujours Ă©tĂ©. Pendant des annĂ©es, je voyais ça comme une malĂ©diction, un problème Ă  rĂ©gler Ă  tout prix Ă  coup de somnifères. Et puis, un jour, tout d’un coup, ça n’a plus marchĂ©, je pouvais prendre la triple dose, plus rien Ă  faire. Du coup, nuit blanches, crises d’angoisse, crises de larmes, etc. L’horreur. Mais au final, ça a Ă©tĂ© positif, j’ai Ă©tĂ© obligĂ© de voir les choses diffĂ©remment et j’ai commencĂ© Ă  considĂ©rer mon insomnie comme un trait de ma personnalitĂ© Ă  part entière, dont je ne pourrai jamais me dĂ©barrasser. Et au lieu de tenter de le gommer, je l’ai totalement assumĂ© et j’ai organisĂ© ma vie de façon Ă  ce que mon insomnie ne soit plus un problème, Ă  ce que ce soit mĂŞme un atout, comme une marque de fabrique. Eh ben depuis, le soulagement total. Je ne dors pas plus mais maintenant, c’est pas grave!


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