Non seulement un véritable manuel du « sexe pour les nuls », ce bouquin avance plusieurs théories sur le sexe et le plaisir sexuel. Le pilier du bouquin, c’est évidemment le fait que l’auteur différencie la jouissance de l’orgasme, en donnant non seulement une définition d’orgasme plus pertinente que celle que l’on trouve dans les manuels, mais aussi une définition de jouissance toute nouvelle et non pas moins pertinente. Donc voilà , c’est vrai, en période de disette comme c’est le cas pour la pauvre Moi-qui-pue-que-personne-veut-approcher-bordel-de-merde-ce-que-je-dois-être-moche, un bouquin sur le sexe, ça donne envie de faire le sexe. Avec tout ce qui bouge. Ou tout ce qui ne bouge pas. Eloignez les objets de forme contendante s’il vous plaît, ou je sens que je vais faillir.
Mais en dehors du fait que je sois grave en manque sa race de sa mère en string de guerre, j’ai quand même été assez étonnée de trouver certaines affirmations dans ce bouquin que je trouvais évidentes mais qui n’avaient pas l’air de l’être finalement, vu qu’un auteur soit obligé d’écrire tout un bouquin à ce propos.
Bon, accrochez-vois parce qu’on a pas fini: dans ce livre on trouve une mine d’information sur le plaisir sexuel féminin en particulier (j’ai trouvé que l’auteur parlait finalement assez peu du plaisir masculin, dommage, à certains moments je me serai moins ennuyée), et surtout on y voit un presque manichéisme clitoris-vagin qui fait peur aux hommes: Piquard a souligné plus d’une fois le fait que la femme (à part certaines exceptions dont il parle aussi) soit plus en clin a avoir un orgasme par stimulation clitoridienne que par pénétration vaginale.
…
Non mais sérieux, les mecs, on est vraiment obligé de vous le rappeler? Et après sondage, j’ai cru voir que oui, on est obligé. C’est dingue quand même, les mecs sont tellement obsédés par le fait que ce soit eux qui nous donnent du plaisir avec leur pénis (ouais je sais, j’utilise le mot pénis, pour moi « bite », c’est presque toujours associée à « molle », donc vous utiliserez le mot que vous voulez), qu’au final ils en oublient la stimulation clitoridienne, qui est le facteur déclencheur PRINCIPAL de l’orgasme féminin (vous pouvez toujours essayer de nous pénétrer pendant des heures, pas de stimulation clitoridienne rime souvent avec simulation qui s’entend jusqu’à Vienne). Vous avez un mal fou à vous mettre dans la tête que non, désolé, mais en général on a pas besoin de votre pénis pour avoir un orgasme. J’ai même un ex, que l’on appellera Connard Premier, qui se vexait quand je me stimulais le clitoris pendant l’acte sexuel. Il prenait ça pour un refus de ma part qu’il me donne du plaisir, alors que c’était juste que c’est bien souvent pour moi le seul moyen d’arriver a l’orgasme! Alors désolée, Connard Premier, t’auras beau me retourner dans tous les sens, mais sexe sans titiller le clito = Moi qui monte pas aux rideaux!
Et bien sûr, alors là les mecs je vous entend crier d’ici : « mais oui mais non les filles vous êtes pas faciles à satisfaire, et puis vous êtes toutes différentes et blablabla et même que moi j’ai déjà donné un orgasme vaginal a une fille la semaine dernière et qu’elle a adoré ça d’abord et qu’on va recommencer ça le mois prochain parce que là elle est pas dispo ».
Moui. Ce qui m’amène au vrai sujet du livre, la différenciation de l’orgasme avec la jouissance. L’orgasme je m’attarde pas dessus, mais la jouissance, ça monsieur Piquard, bravo, chapeau très très bas d’avoir trouvé ça. La jouissance c’est le plaisir (ou les vagues de plaisir) qu’on éprouve avant l’orgasme pour l’homme, et avant et après l’orgasme pour la femme. C’est la jouissance qui nourrit la relation sexuelle, qui la rend satisfaisante sans résoudre le désir sexuel pour autant mais en rendant moins mécanique la notion d’orgasme. Quand j’ai lu cette définition, j’ai eu une sorte d’illumination: et si une bonne partie des femmes qui disaient avoir déjà eu un orgasme vaginal n’avaient en fait seulement eu qu’un pic de jouissance? Et si c’était à cause de cet orgasme vaginal exceptionnel et particulier que les hommes s’évertuaient à ne pas s’occuper de notre clitoris?
J’ai même entendu des mecs refuser en bloc le parallèle gland/clitoris, comme si ces deux organes étaient totalement différents alors qu’à l’état de foetus un corps pas encore sexué développera juste ce même organe différemment qu’il soit un garçon ou une fille! Je ne dis pas que les mecs ont juste un gros clitoris qui pend entre les jambes (on va essayer de pas froisser les susceptibilités hein), mais il serait temps, messieurs, de considérer le clitoris comme un organe du plaisir féminin a part entière, qui donne le plus souvent plus de plaisir que la pénétration vaginale! Pourquoi refuser de faire ce parallèle alors qu’il est bien présent?! Nous ne refusons pas en bloc que vous nous donniez de la jouissance et des orgasmes avec votre pénis, puisqu’il arrive que la pénétration avec l’ajout d’une stimulation clitoridienne facilite la montée vers l’orgasme, alors laissez nous avoir des orgasmes avec notre clitoris comme on vous laisse avoir les vôtres avec votre gland!
Donc que la messe soit dite ici et maintenant: le clitoris est le gland de la femme, je répète, le clitoris est le gland de la femme, ne l’oubliez pas messieurs et mesdames et passez une bonne partie de jambes en l’air avec ce bouquin très instructif et qui donne envie de mettre en pratique… Grrrr, roaaar, j’vais me chercher un mec moi, j’reviens.
posté le 04/03/2009 | 3573 vues | aucun commentaire | une personne a aimé
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