musique

Je suis folk…

Article sélectionné par BritBrit pendant la semaine de rédaction en chef

Comme vous le savez, à l’origine de ma composition était la guitare. J’aime cet instrument depuis que je suis tombée amoureuse d’un garçon au lycée. Depuis dix ans, je suis donc devenue une guitariste non pas exceptionnelle, mais je sais jouer quelques morceaux, ce qui est quand même bien agréable quand on voyage comme moi.

Et puis j’ai découvert deux styles musicaux tout à fait en adéquation avec la guitare : le rock et le folk
. Enfin, surtout le folk, puisque c’est sur ce style musical que s’oriente instinctivement mes compositions… J’aime cette manière d’exprimer qui est née d’une part de la population américaine de ces années 1930, celle flouée par la crise de 1929. Beaucoup n’avaient que leur guitare pour pleurer, et c’est devenu une musique non-violente, mais pleine de désillusions… Cette musique prend aussi source auprès des immigrés d’Europe vers les States, notamment les Irlandais. Bref, le folk est la musique populaire par excellence, puisque partie intégrante du folklore américain (d’où son nom, finalement).

Voici donc un petit aperçu de cette source d’inspiration qu’est la mienne:

  • Je suis folk…Les Américains

- Bob Dylan, Mr Tambourine Man (Car c’est finalement lui qui a popularisé au monde entier la musique folk dans les années 1960. S’il n’y avait pas eu Dylan, je pense que le folk serait réduit à être un truc de bouzeux ricains, comme l’est aujourd’hui malheureusement la country… De plus, la mère de ma meilleure amie, qui est aussi la meilleure amie de ma mère, de sa jeunesse dans les laboratoires de Manille où elle faisait ses études, sortait sa guitare et jouait du Dylan. Aujourd’hui, elle est toute excitée de le voir en concert, même si ça fait dix ans qu’il est à moitié mort…)
- Joan Baez, We shall overcome (Pendant féminin de Bob Dylan dans les années 1960, c’est en découvrant cette chilo-irlandaise que je me suis dit que le folk était fait pour moi. Passer autant d’émotions avec une simple guitare fait toute la force de ce style musical. Et c’est ainsi qu’elle a pu devenir une vraie passionaria pacifiste en pleine guerre du Viêt-Nam…)
- Neil Young, Lotta love (Dylan commençant à vivre sur ses lauriers dans les années 1970, la relève vient de Neil Young, qui pousse le folk encore plus loin dans la description de l’Amérique profonde. Encore aujourd’hui, il est une référence pour plein de folkeux, mais aussi des rockeurs décomplexés de lâcher les riffs violents…)
- Tracy Chapman, Talkin’ bout a revolution (Le folk endormi dans les années 1980 retrouve sa source avec cette dame que je prenais dans un premier temps pour un homme… Ben oui, ça arrive, mais elle avait vraiment l’air d’un mec dans les années 1980. Mais encore aujourd’hui, quand j’entends cette chanson, j’en ai les tripes lessivées… Cette intensité…)
- Ben Harper, Sexual healing (Celui par qui vient la relève dans les années 1990. Il rajoute un peu de soul dans la folk, ce qui fait un métissage intéressant se rapprochant du reggae, comme nous le verrons tout à l’heure avec les Africains… Et puis cette reprise du grand Marvin est quand même bien plus chaude que l’originale, qui était déjà bien brûlante…)
- Jack Johnson, Sitting, waiting, wishing (Il fait partie de cette nouvelle génération de mecs trop cool qui surfent et font des trips le soir sur la plage. Gros background écolo dans ses paroles, se rapprochant de fait des Australiens…)
- Charlie Winston, Hobo (C’est lui qui m’a poussée à écrire ce papier, ode à la musique folk. Il est bon que les States aient encore ce genre d’artistes qui valorisent de la sorte leur musique la plus populaire. C’est ma sensation de ce début d’année 2009…)

  • Je suis folk…Les Canadiens

Continuons en Amérique du Nord, avec trois petits artistes canadiens. Car oui, le Canada est aussi connu pour ses chanteurs folks, et pas seulement pour ses chanteurs à voix brise-noix. Petite sélection.

- Alanis Morissette, Mary Jane (Quand est sorti en 1995 Jagged Little Pill, j’avais 12 ans et ce fut un choc. Depuis, je ne suis pas toujours d’accord avec ses choix artistiques, mais je pense que cet album fait partie des meilleurs albums que je n’ai jamais entendu. Et la réédition acoustique de 2005 reste un bonheur…)
- Feist, The park (Après avoir tâté du punk et d’y avoir perdu sa voix, Leslie Feist se met au folk, moins destructeur pour sa nouvelle voix de chaton malade. Et Dieu sait si ça lui va bien… Et puis ces petits bruits d’oiseaux en background, rien de meilleur…)
- Xavier Rudd, Energy song (Ce Canadien d’origine australienne est d’un cool qui décontenance les bien-pensants, et c’est pour cela que je l’aime. C’est un mec du genre à enregistrer ses albums dans la forêt et à laisser les respirations dans les remasterisations de ses pistes, pour faire ressentir à l’auditeur les vibrations et les inspirations de sa musique…)

  • Je suis folk…Les Australiens

Xavier Rudd comme pour faire un trait d’union entre les folkeux canadiens (son pays d’adoption) et australiens (son pays d’origine)… En Australie, pays du surf et des bushmen, nombreux sont les mecs qui sortent les guitares et les accommodent d’instruments un peu weird, tels que le didjeridoo ou les sitars indiens… L’écologie et le retour à la nature restent une constante au niveau des textes, qu’ils écrivent la plupart du temps dans un état second…)

- John Butler Trio, Zebra
(La parfaite illustration du folk australien à l’heure actuelle, avec une certaine virtuosité à la guitare, et une voix très soul. Ajoutez à cela une conscience quasi-politique, mais vu l’état de son cerveau, ne pas trop lui en demander non plus…)
- Gabriella Cilmi, Sweet about me (Je suis folle de sa voix mi-jazz mi-enfantine, qui donne envie d’aller et de faire des papouilles. Elle est méga-cool, ce qui est l’avantage premier dans le folk. En effet, une mélodie folk se doit de ne pas prendre la tête…)

  • Je suis folk…Les Européens

Là, c’est Gabriella, Australienne d’origine italienne qui fait le pont. Car oui, la musique folk telle que nous l’entendons aujourd’hui tire ses racines de la musique populaire irlandaise, où la guitare se mêle aux uilean pipes, au violon et à l’accordéon.

- Mike Oldfied & Maggie Reilly, To France
(Pure illustration du retour au folk irlandais des années 1980 et précurseur de la mode afro-celte des années 1990, Mike Oldfield se cherche un peu partout, aussi bien dans le folk natal que dans l’électro – voire la BO de l’Exorciste…)
- Malicorne, La complainte du coupeur de bois (Chef de file du folk français des années 1970 et 1980, ce groupe mené par le Franco-libanais Gabriel Yacoub et sa femme Marie tire son répertoire de la chanson médiévale et baroque… J’ai longtemps cru que le groupe était d’origine bretonne, du fait de la multitude de folkeux bretons qui reprennent le répertoire traditionnel… Mais non, ce sont des purs Parisiens qui retournent aux sources…)
- Francis Cabrel, L’encre de tes yeux (Oui, je sais, c’est un cliché, mais citez-moi meilleur représentant du folk français depuis trente ans que Francis Cabrel, qui fait de la musique tellement folk et tellement terroir qu’on l’appela un temps La grand-mère à moustaches. On dit aussi que c’est le dernier troubadour français. Mais oui, les troubadours étaient folk ! )
- Yaël Naïm, Paris (Certes, elle est Israélienne, mais sa culture folk a été travaillée avec sa rencontre avec David Donatien… Elle a une certaine ressemblance avec Joan Baez, les textes engagés en moins…)

  • Je suis folk…Les Africains

Pour finir, voyons comment le folk, à travers la pratique du reggae – qui a vraiment été fédérateur pour la musique populaire des populations noires – a pu gagner l’Afrique. C’est notamment au Nigéria que cela se traduit, à travers une multitude d’artistes de qualité.

-
Amadou & Mariam, M’bifé (Non, mais sérieux, ils sont trop mimi, ce petit couple de Maliens beaux comme deux rossignols… Quand Amadou, guitariste de talent, rencontre Mariam, cela donne l’un des couples les plus créatifs et les plus ouverts de la scène folk africaine…)
- Ayo, Slow, slow (run, run) (Elle a de qui tenir : un père DJ Nigérian, une mère gitane, un compagnon jamaïcain et un fils qui, à 3 ans, arrive à tenir un rythme sur une batterie… Bref, cette fille est l’incarnation du folk au féminin en Afrique, et est amenée à faire se multiplier les filles qui empoignent la guitare…)
- Femi Kuti, Day by day (Fils de l’excellent Fela Kuti, Monsieur Afrobeat, décédé en 1996, Femi et son frère Sela sont aujourd’hui représentants d’une musique nigérianne très créative… Si Sela s’est tourné vers l’afrobeat et le jazz, Femi reprend les recettes du reggae et du folk pour une musique plus méditative…)
- Idir, Pourquoi cette pluie (J’apprécie le folklore kabyle, et notamment Idir, qui amène avec énormément de poésie en français et en kabyle des sujets graves que seule son expérience d’exilé lui suffit à faire comprendre…)

Vous l’aurez compris, ce qui importe, dans le folk, ce n’est pas la mélodie, qui est parfois minimaliste, bien que très belle, mais ce que l’on a à dire. Et cela reste pour moi le meilleur moyen d’expression à l’heure actuelle…

[deezer]http://www.deezer.com/#music/playlist/19982533/2140522[/deezer]

Tags : ,

2 Responses to “Je suis folk…”

  • Merci Storia pour cette selection. Je vote aussi pour Charlie Winston like a hobo dont je suis fan. l’album est top !

  • J’adore la plupart des artistes que tu as cité ici. Charlie Winston c’est vraiment pas mal.
    Mon préféré étant quand même John Butler dont je suis une fan inconditionnelle

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>