Jeudi dernier, j’ai dĂ©cidĂ© de voir, comme ça en passant, pour pas mourir bĂŞte, que j’allais jeter un oeil Ă True Blood, la dernière nĂ©e de Alan Ball, Ă qui on doit (juste) American beauty et Six feet under.Â
Je prĂ©cise juste en passant que je n’ai pas encore fait mon deuil de Friends, et que du coup j’ai quasiment arrĂŞtĂ© de suivre ce qui ce passait dans le monde merveilleux de la sĂ©rie TV le jour ou Ross, Monica, Chandler, Phoebe, Joey et Rachel ont rendu leurs clefs. Autant dire qu’a part quelques Ă©pisodes de How I met your mother et de Californication, j’étais complètement larguĂ©e. J’ai donc dĂ©cidĂ© qu’il Ă©tait temps que je me remette Ă la page. Etant donnĂ© que le pitch de Gossip girl me donne des hauts le coeur, j’ai choisi de m’orienter vers quelque chose de radicalement diffĂ©rent. Donc True Blood.Â
True Blood, c’est donc l’histoire d’un monde ou les vampires peuvent vivre en bonne intelligence avec les humains, depuis que des chercheurs japonais ont mis au point du sang de synthèse, le True Blood. Evidemment, accepter les vampires comme des Ă©gaux, surtout au fin fond de la Louisiane n’est pas chose facile. On a encore du mal Ă accepter les noirs et les gays, alors les morts vivants… Mais Sookie, la serveuse blonde au nom Ă coucher dehors qui lit dans les pensĂ©es des gens, elle, elle mouille sa culotte dès qu’elle voit un type avec des crocs. Alors forcĂ©ment, elle est Ă fond sur Bill, qui a fait la guerre de SĂ©cession et qui n’a pas rasĂ© ses pattes depuis.Â
Nous avons donc une blonde, un peu paumĂ©e, qui n’a pas inventĂ© le fil a couper l’eau tiède, et qui se laisse dĂ©border par un pouvoir qui la dĂ©passe, et un vampire complexe puisque censĂ© ĂŞtre mĂ©chant, mais gentil en fait, donc mĂ©lancolique, blanc comme un cul, qui doit avoir des crampes aux yeux parce qu’il ne peut regarder que par en dessous. Il souffre de sa condition de mĂ©chant mais gentil en fait. Ca m’a vaguement rappelé quelque chose.Â
Passé cette persistante impression de deyjah-viouw, on pourra apprécier les questions que pose Alan Bale avec ses gros sabots sur la peur de l’autre, et les difficultés qu’on peut avoir à se mélanger avec ceux qui sont différents de nous. Les noirs, les gays, les drogués, les gays-noirs-drogués et les vampires. On se demande aussi qui chasse qui. Les vampires, pleins de perversions, malgré leur jus de tomate made in japan, continuent de planter leurs crocs dans de jeunes chaudasses qui n’en redemandent pas toujours, sont des prédateurs rêvés, jusqu’à ce qu’on apprenne que le sang de vampire est une drogue, et que certains humains les traquent pour les vider. Qui chasse qui? On sait plus trop. Et qui baise qui? Ben tout le monde avec tout le monde. Et ils y vont pas avec le dos de la cuillère.
True Blood reste pleine de clichés, entre l’aura sexuelle des vampires et leur cruauté, les serveuses en micro-jupes qui font glingling quand on les secoue, l’américain profond qui ne pense qu’a boire des bières et à mater des pornos, et les noirs qui sont soit drogués soit adeptes du vaudou. Et la musique n’est même pas cool. Sauf si tu kiffes la country.  Et les effets spéciaux semblent avoir étés sponsorisés par Ketchoupi. Mais ça reste quand même une série à ne pas manquer. Déjà , le générique est de toute beauté. Ensuite, ça se passe au pays des cajuns, et voir tout ces américains prononcer des mots français en en faisant de la purée, ça n’est pas dénué de charme. Le vampire aux joues poilues non plus d’ailleurs, et si tu n’as pas les mêmes goûts que moi tu peux te rabattre sur Jason, le frère, Sam, le patron ou Sookie la blonde. Mais ce qui te scotche à ton écran, se sont la justesse des personnages. Ce sont des vrais gens. Ils sont faibles, faillibles, malheureux, perdus, et même carrément bêtes pour certains. Et ça sonne super juste. Ils on forcément un truc à cacher, un travers inavouable. Ils sont tous seuls, embourbés jusqu’au cou dans leurs marais. Ils ont de la celullite, les seins qui pendent, une trop grande passion pour la vodka ou pour leur propre reflet dans la glace. Tous essaient de surnager au milieu de cette mare de tares en rejetant la faute sur les autres. En fait, ils sont juste un peu comme nous quoi.
Et le jour ou ils seront capable de faire ça en France, juré, je me met à Plus belle la vie.
posté le 11/02/2009 | 234 vues | aucun commentaire | tags: vampires TV Culture
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